Cours analyse bilan et compte de résultat


Télécharger Cours analyse bilan et compte de résultat
11 étoiles sur 5 a partir de 1 votes.
Votez ce document:

Télécharger aussi :


                                        ANALYSE BILAN ET COMPTE DE RESULTAT

Le bilan fonctionnel : bilan simplifié  

Le bilan fonctionnel est un bilan dans lequel les ressources et les emplois sont classés par fonction (fonctions financement, investissement et exploitation). Le bilan fonctionnel se réalise à partir du bilan comptable avant répartition du résultat, (le résultat de l'exercice est donc inclus dans les capitaux propres).

Structure du tableau  

Actif 

Passif

Emplois stables

Ressources stables

Actif circulant d’exploitation

Dettes exploitation

Actif circulant hors exploitation

Dettes hors exploitation

Trésorerie active

Trésorerie passive

Détail des postes de l'actif  

            Les emplois stables comprennent :

-  les immobilisations incorporelles (brut),

-  les immobilisations corporelles (brut),

-  les immobilisations financières * (brut)

-  les charges à répartir,

-  les primes de remboursement des obligations 

L'actif circulant d'exploitation (ACE) comprend les postes directement liés à l'exploitation :

-  les stocks,

-  les avances et acomptes versés,

-  les créances clients,

-  les créances fiscales (sauf IS),

-  les charges constatées d'avance

L'actif circulant hors exploitation (ACHE) comprend les postes non directement        liés à l'exploitation :

-  créances diverses,

-  intérêts courus,

-  créances d'IR,

-  créances sur immobilisations

            La trésorerie active correspond aux disponibilités.

Détail des postes du passif  

            Les ressources durables comprennent :

-  les capitaux propres

-  les provisions pour risques et charges

-  les amortissements et provisions de l'actif

-  les dettes financières soldes créditeurs de banque portés en trésorerie

Les dettes d'exploitation comprennent les postes directement liés à           l'exploitation :

-  avances et acomptes reçus,

-  dettes fournisseurs,

-  dettes fiscales (sauf IS) et sociales,             - produits constatés d'avance

 Les dettes hors exploitation comprennent les postes non directement              liés à l'exploitation :             - dettes diverses,

-  intérêts courus,

-  dettes d'Impôt sur les sociétés             - dettes sur immobilisations

La trésorerie passive correspond aux concours bancaires courants et soldes créditeurs de banque.

L'équilibre financier d'une société peut être appréhendé à partir de son bilan. Celui-ci répertorie à l'actif ses différents investissements ou emplois et, au passif, les       ressources mobilières pour les financiers. Dans ce contexte, la trésorerie est la différence algébrique entre le fonds de :

                  roulement net global (FRNG) et le besoin (ou excédent) en                    fonds de roulement (BFR/EFR) de l'entreprise.

                  FRNG - BFR = Trésorerie

Le fonds de roulement net global  

Le fonds de roulement net global constitue une garantie de liquidité de l'entreprise. Plus il est important et plus l'équilibre financier semble assuré, les dettes à court terme étant susceptibles d'être honorées par la réalisation de l'actif circulant. Il peut être calculé selon différentes méthodes

à partir du haut de bilan

                        capitaux permanents - actif immobilisé

à partir du haut de bilan fonctionnel

                        ressources durables - emplois stables

à partir du bas de bilan

                        actif court terme - passif court terme

                  à partir du bas de bilan fonctionnel

                        (ACE brut + ACHE brut + AT) - (DE + DHE + PT)

ACE : actif circulant d’exploitation

ACHE : actif circulant hors exploitation

AT : trésorerie active

DE : dettes exploitation

DHE : dettes hors exploitation

PT : trésorerie passive

Certes, avoir un FRNG positif est une preuve de grande stabilité. Mais on peut se contenter d'avoir un équilibre moins stable, en engrangeant à la fin de chaque mois au moins de quoi faire face aux  échéances du mois suivant => La règle d'équilibre n'est pas d'avoir un FRNG positif, mais d'avoir un FRNG au moins égal à son BFR. 



Le besoin en fonds de roulement (BFR)  

Le besoin ou l'excédent en fonds de roulement ( BFR ou EFR ) proviennent des décalages dans le cycle "achat - production - vente", c'est à dire le cycle d'exploitation. Ces décalages sont alimentés par diverses contraintes d'ordre social et technique  supportées par l'entreprise. Par exemple, il est souvent nécessaire, dans l'industrie, d'avoir à supporter un certain niveau de stock de matière première et/ou de produits finis afin d'éviter les ruptures du processus de production et de commercialisation. Il est aussi souvent courant de voir les firmes s'aligner sur les usages sectoriels en matière de crédit client. Il s'agit là d'emplois, d'actifs d'exploitation dont le financement est coûteux. 

Mais parallèlement, le cycle d'exploitation peut générer des ressources comme le crédit fournisseur. On a donc :

à partir du bilan

                        BFR = ( Stocks + Créances clients) - (Dettes                          fournisseurs + Dettes sociales)

à partir du bilan fonctionnel

                        BFR = (ACE + ACHE) - (DE + DHE)

Soldes intermédiaires de gestion  

Dans le système développé de la liasse fiscale, le plan comptable  général prévoit le calcul de neuf soldes intermédiaires de gestion. Afin de rendre ces soldes comparables entre différentes entreprises,  la Centrale de bilans propose une analyse plus économique (pour certains auteurs, les SIG du PCG sont de nature trop juridique) par  certains retraitements, expliqués dans une deuxième partie (SIG CDB en fin de fiche).

Tableau des SIG préconisé par le Plan comptable général

                         Marge commerciale 

                         Production de l'exercice 

                         Valeur ajoutée (VA) 

                         Excédent brut d'exploitation (EBE) 

                         Résultat d'exploitation 

                         Résultat courant avant impôts 

                         Résultat exceptionnel 

                         Résultat de l'exercice 

                         +/- values sur cessions  

Marge commerciale 

Elle constitue un indicateur fondamental de l'activité des entreprises commerciales. Les calculs des taux de marges facilitent es comparaisons inter entreprises; Ils peuvent être calculés par branche d'activité, par produits et constituent d'excellents outils de gestion.

Taux de marge = marge commerciale x 100                   coût d'achat

Taux de marque =marge commerciale x 100                   prix de vente

                  = Vente de marchandises(707-7097)

                  - Coût d'achat des marchandises vendues- (607+6087±6037-6097)

Production de l'exercice  

Elle constitue un indicateur de gestion qui n'est pas homogène, car la production vendue est exprimée au prix de vente (généralement HT) alors que la production stockée et la production immobilisée sont évaluées au coût de production. Cependant, cet indicateur  mesure mieux que le chiffre d'affaire l'activité de l'entreprise.

                  = Production vendue(701 à 706 + 708 - 709)

                  ± Variation de la production stockée± (713)

                  + Production immobilisée+ (72)

Valeur ajoutée  

La valeur ajoutée mesure l'activité propre de l'entreprise et contribue à la formation du résultat. Elle exprime la création de valeur que l'entreprise apporte aux biens et services en provenance des tiers.

La valeur ajoutée est un indicateur de gestion très important, car c'est elle qui permet la rémunération des divers facteurs de production (Etat, personnel ). De plus, cet indicateur permet d'apprécier :

            · les structures et les méthodes d'exploitation de l'entreprise,             · l'efficacité des facteurs de production.

= Production de l'exercice+ Marge commerciale     

- Consommations de l'exercice en provenance des tiers - 

       (601+602+604+605+606-6091-6092-6093+6031+6032+61+62)

Le ratio (Valeur ajoutée / Production de l'exercice) donne une idée du degré intégration de l'entreprise. Plus il est élevé, plus l'entreprise est intégrée (si l'entreprise est fortement intégrée, elle fait peu appel à l'extérieur et , donc, les consommations en  provenance des tiers sont peu importantes.

Excédent brut d'exploitation (EBE)  

L'EBE est le SIG le plus significatif car il permet d'apprécier la  rentabilité de l’exploitation de l'entreprise avant :



            · les décisions relatives aux amortissements, aux provisions et aux résultats,         

            · l'influence des résultats financiers et exceptionnels,

    · l'incidence de l'impôt sur les bénéfices et de la participation des salariés aux       résultats de l'entreprise.

L'EBE permet donc d'utiles comparaisons avec les exercices précédents des performances industrielles et commerciales.

                  = Valeur ajoutée

                  + Subventions d'exploitation+ (74)

                  - Impôts, taxes et versements assimilés- (63)                   - Charges de personnel- (64)

Résultat d'exploitation  

Il permet d'apprécier les performances de l'entreprise indépendamment de sa politique

financière, d'investissement ou de distribution. Il facilite la comparaison des performances d'entreprises dont les politiques de financement sont différentes

                  = EBE

                  + Reprises sur amortissements et provisions d'exploitation+ (781) 

                  + Transferts de charges d'exploitation+ (791)

                  + autres produits de gestion courante+ (75)

-  Dotation aux amortissements et aux provisions d'exploitation- (681)

-  Autres charges de gestion courante- (65)

Résultat courant avant impôts  

La comparaison du résultat courant avant impôts avec le résultat d'exploitation met en évidence l'importance prise par la gestion financière dans la formation du résultat de l'entreprise.

                  = Résultat d'exploitation 

                 + produits financiers+ (76+786+796)

                  - Charges financières- (66+686)

                  ± Quotes-parts de résultat sur opérations faites en commun± 

                  (755-655)

Résultat exceptionnel  

                  = Produits exceptionnels(77+787+797)

                  - Charges exceptionnelles- (67+687)

Résultat de l'exercice  

Il ne reflète pas vraiment la capacité de l'entreprise à dégager des profits car il est souvent influencé par des facteurs à caractère exceptionnel ou extérieurs à l'exploitation. Il présente cependant un intérêt au niveau public car il représente le revenu qui revient aux associés.

 C'est à partir du résultat de l'exercice qu'est calculée la rentabilité des capitaux propres.

                  = Résultat courant avant impôts

                  ± Résultat exceptionnel± Résultat exceptionnel

-  Participation des salariés- (691)

-  Impôt sur les bénéfices- (695)

Plus values ou moins values sur cessions d'éléments d'actif  

                  = Produits des cessions d'éléments d'actif(775)

- Valeur comptable des éléments d'actif cédés- (675)

 Les SIG de la Centrale de bilans

 Les retraitements

Les subventions d'exploitation : versées en compensation du prix de vente sont analysées comme un complément au chiffre d'affaires et sont rajoutées à la 

marge brute d'exploitation pour calculer la valeur ajoutée CDB. Les autres subventions sont prises en compte pour calculer le résultat d'exploitation.

Les frais de sous-traitance de fabrication  enregistrés dans le compte 611 sont retirés de la production de l'exercice pour obtenir la production propre.

Redevances de crédit-bail et de locations financières (location financement) Pour être pertinente, la comparaison des SIG de plusieurs entreprises doit être basée sur des  soldes homogènes. Or, deux entreprises strictement identiques, mais dont l'une fait appel au crédit-bail alors que l'autre est propriétaire de tous ses actifs de production, auront des valeurs ajoutées PCG différentes. Afin d'éviter cette  anomalie, la Centrale de bilans traite les entreprises qui ont des biens en crédit-bail comme si elles avaient acquis ces biens par endettement.

On retranche donc les redevances de crédit-bail des consommations en provenance des tiers afin de les porter:

                  * en amortissement correspondant aux dotations qui auraient                    été pratiquées si l'entreprise avait été propriétaire du bien,                   * en charges d'intérêt pour le solde.

Personnel extérieur : ce poste est retranché des consommations en  provenance       des tiers et rattaché aux charges de personnel.

Les soldes selon la méthode CDB

Marge sur production propre: c'est l'excédent dégagé par les ventes de biens et services, produits par l'entreprise, sur les achats consommés de matières premières et d'approvisionnement.



Marge brute d'exploitation: c'est l'excédent dégagé par l'ensemble des ventes (marchandises + biens et services) sur l'ensemble des achats consommés.

Valeur    ajoutée                        CDB: ce sont les ressources obtenues au niveau de      

l'exploitation au sens strict avant déduction des charges de personnel, des impôts, taxes et versements assimilés.

Résultat brut d'exploitation: ce sont les ressources obtenues grâce à l'exploitation de l'entreprise ou encore le premier solde obtenu à l'issue du processus de production et de commercialisation de l'entreprise.

Revenus répartis: c'est la richesse totale produite au niveau de l'ensemble des activités de l'entreprise.

Résultat brut global: c'est la richesse dégagée dans le cadre de l'ensemble des activités de l'entreprise après déduction des charges de personnel, y compris personnel extérieur.

Résultat net global: rapporté au capital financier, il mesure la rentabilité économique nette. Il est calculé en retranchant les dotations aux amortissements du résultat brut global.

CAF: Elle se calcule à partir du résultat brut global et est égale à la CAF du PCG + la fraction des redevances de CB + amortissements.

La capacité d'autofinancement (CAF)  

La CAF, comme son nom l'indique, détermine les possibilités  d'autofinancement d'une entreprise. Elle est en effet partagée entre les actionnaires (par le biais des dividendes) et l'entreprise elle même, pour son financement (autofinancement). Plus elle est élevée  et plus les possibilités financières de l'entreprise sont grandes. 

La CAF va permettre à l'entreprise de financer ses investissements et de rembourser ses emprunts.

De plus, le ratio « Dettes financières / CAF » permet de déterminer la capacité de remboursement des dettes de l'entreprise. Les banques considèrent en général que ce ratio ne doit pas excéder 3 ou 4. Donc (CAF < 4 × Dettes financières) est un facteur favorable (mais non suffisant!!!) à l'obtention d'un emprunt. 

Calcul à partir de l'EBE  

                  = Excédent brut d'exploitation 

                        + Produits encaissée (ou à encaisser)                              Transferts de charges d'exploitation791

                            Autres produits de gestion courante75

                            Produits financiers76

                            Produits exceptionnels (hors cessions)77 (hors 775                              et 777)

                        - Charges décaissées (ou à décaisser)

                            Autres charges de gestion courante65

                            Charges financières66

                            Charges exceptionnelles (hors VNC)67 (hors 675)

                            Participation des salariés aux résultats691

                            Impôts sur les bénéfices695

Calcul à partir du résultat  

                  = Résultat de l'exercice

                  + Charges calculées (dotations)68

                  + Valeurs comptables des éléments d'actif cédés675

-  Produits calculés (provisions et quote-part des subventions                    virée)78 + 777

-  produits des cessions d'éléments d'actif775

CAF de la centrale des bilans  

Elle est égale à la CAF du PCG + la fraction des redevances de CB correspondant aux amortissements.



2799