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Cours d introduction au marketing digital : formes et ses enjeux


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Cours d’introduction aumarketing digital : formes et ses enjeux

Le marketing digital regroupe tous les outils interactifs digitaux pour promouvoir les produits et services dans le cadre de relations personnalisées et directes avec les consommateurs. Il concerne tous les points de contacts digitaux : Internet, Smartphones, tablettes…

Son développement est porté par les usages qui se modifient : multi écran et multi tâches ; la consommation de média se démultiplie et se complexifie aussi.

Il est donc temps de faire le point sur les formes du marketing digital et sur les modifications que l'évolution de celles-ci ont entrainée sur la manière de communiquer des marques.

La communication digitale couvre des objectifs de notoriété et d'image (branding) mais aussi de performance (vente et enrichissement de base de données). De nouveaux canaux s'imposent comme le search dans les moteurs de recherche (permettant un ciblage plus pertinent, une insertion dans le parcours client) et le display (publicité sous forme comme les bannières, pavé, etc..). Ces outils de communication permettent aux marques de générer de nouveaux contacts, d'être plus en affinité avec leur cible.

Au sein de ces nouvelles actions de communication digitale, les réseaux sociaux représentent la nouvelle priorité des directions marketing qui doivent apprendre à les connaître, à mieux les appréhender pour mieux les contrôler et les intégrer dans leurs dispositifs de communication.

Le marketing digital facilite et favorise la mise en place du marketing participatif, lequel amplifie les phénomènes de diffusion de l’information et contribue à transformer le bouche à oreille en marketing viral contrôlé plus ou moins par les marques.

Le marketing digital surpasse les autres formes de marketing sur le plan du ciblage en permettant de combiner de multiples critères de sélection des acheteurs potentiels.

D’ailleurs, les outils de ciblage utilisés sont souvent à la frontière de la légalité mais aussi tout simplement du respect de la vie privée des internautes.

Les outils du marketing digital grâce à leurs nouvelles formes sont plus performants, plus impliquant. Ils conduisent les annonceurs à être très attentifs au retour sur investissement (ROI) des sommes investies. Cette attitude ROIste est facilitée par le développement et la mise en place d’indicateurs de mesure.

La profession cherche à la fois à s’organiser pour mettre en place un langage commun d’indicateurs de performance et prendre aussi un peu de recul vis à vis des indicateurs disponibles pas toujours adaptés pour mesurer des résultats marketing de long terme ; et dans le même temps s’efforce de respecter la pertinence de chaque acteur qui repose sur l’exclusivité des outils utilisés.

Enfin une nouvelle typologie émerge : les annonceurs doivent donc apprendre à gérer le média qu’ils paient au travers de la publicité (paid media), celui qu’ils possèdent et maitrisent au travers de leur site Internet (owned media) et celui qu’ils gagnent par le seul effet de leurs actions et du bruit qu’elles génèrent sur la toile.

Pour Laurent Florès, le marketing digital procède de deux évolutions,

1°- le développement massif des usages liés à Internet (e-commerce, réseaux sociaux, ...) 2°- la généralisation de l’utilisation de nouveaux supports des technologies de l’information et de la communication qui se sophistiquent de façon continue (téléphonie mobile et Smartphones multifonctions, ordinateur portable et nomade, développement des lignes ADSL et de la 4G et à présent de la fibre optique).

La convergence de ces deux tendances a donc favorisé l’émergence du marketing digital. Il permet de faire la promotion des marques et produits auprès des consommateurs grâce à l’utilisation de l’ensemble des médias et des points de contacts digitaux.

Les recettes publicitaires sur Internet ont atteint 1,787 milliard d’euros en 2012 (environ 12 % des investissements) soit une hausse de 6,2 % par rapport à 2011 assurée par la croissance des deux activités : les espaces publicitaires « classiques » (+5 % par rapport à 2011) et le « référencement payant » (+7 % par rapport à 2011).

Mais le marketing digital va au-delà du simple contact Internet et inclut les mobiles ou la télévision interactive.

Il peut donc se définir comme l’ensemble des outils interactifs digitaux au service des gens de marketing pour promouvoir des produits et services tout en cherchant à développer des relations plus directes et personnalisées avec les consommateurs.

Un contexte favorable lié au développement des offres et des usages : un consommateur multi écran et nomade.

Les français détiennent, selon l’IFOP, 3,4 terminaux en moyenne. Ils passent 27,7 heures par mois en ligne (vs 26,9 moyenne Europe), source comScore 2013. Ils se connectent à leurs terminaux pour s’informer sur l’actualité, puis consulter les réseaux sociaux et enfin lire leur messagerie instantanée.

Selon le CREDOC (étude Juin 2012), les individus en France sont à présent 88 % à détenir un téléphone mobile et 29 % un Smartphone qu’ils utilisent connectés à Internet. De plus, 78 % de la population est connectée à Internet via un ordinateur.



Les individus sont mobiles… même à domicile :

57 % des français détiennent un ordinateur portable (contre 21 % en 2007), 8 % une tablette (+4 points /2011) et 11 % une clef 3G ou une carte PCMCIA.

Ils sont 45 % à se connecter en dehors de leur domicile et au sein du logement 20 % de la population se connecte via les téléphones mobiles ou les tablettes.

L’usage multiple des différents écrans pousse d’ailleurs les annonceurs à expérimenter des dispositifs cross écrans (TV, tablette, Smartphone, ordinateur) afin de créer des effets rebond avec des campagnes interactives et engageantes.

Le temps passé devant les écrans (télévision, ordinateur, tablettes, téléphone) est en moyenne de 5 heures par jour soit 36 heures par semaine.

Selon l’IFOP, la profusion d’offre de communication (TV, TNT, sites web...) accélère la volatilité des publics et leurs exigences. De nouvelles façons de consommer les médias se développement : Le multi tasking (presse/TV, Radio/Internet, ...), la catch up TV (télévision à la demande sur Internet avec système de rediffusion appelé replay), les podcasts,...

Les réseaux sociaux participent à cette montée en puissance des usages du net : 23 millions de personnes en font partie (12 millions de plus en 3 ans) soit 42 % des personnes qui participent à un réseau social.

Les usagers eux-mêmes créent des contenus au travers de leurs blogs, de leurs actions au sein des réseaux sociaux. Il faut donc compter avec ces nouveaux contenus créés par l’utilisateur, l’UGC (user generated content) nouvelle source d’informations peut être un vecteur ou un relais du message de la marque, parfois non maîtrisé.

L’usage des différents médias numériques est tellement répandu qu’il est à présent possible de mener des analyses de type socio-style basées sur les usages professionnels et privés des internautes.

Ainsi, L’IFOP a établi des groupes d’usagers permettant de mettre en évidence des socio- styles.

Cependant, l’usage intensif de ces nouveaux modes de contact dématérialisés et ultra sophistiqués pose et exacerbe certaines réactions liées à la protection des données personnelles : 33 % des internautes estiment que celle-ci est insuffisante et 86 % des personnes voudraient interdire la transmission et la localisation de leur mobile ( 77 % en 2008).

C’est bien à l’aune de ces nouveaux usages qu’il est possible de comprendre les enjeux que recèle le marketing digital : à la fois canal de distribution et de communication, il réorganise les acteurs en présence en remettant le consommateur au cœur des stratégies de contact.

Il est donc temps de faire un état de la situation sur les différentes formes prises par ce marketing digital même s’il est vrai, cet aperçu devrait être mis à jour de manière permanente.

Enfin l’observation des actions digitales mises en place par les acteurs marketing fait bouger les frontières entre média et hors médias. Les outils murissent et se stabilisent et les pratiques au sein des médias sociaux et en terme de marketing viral peuvent à présent enrichir la palette des possibles pour les annonceurs en quête de communication intégrée.

Les formes du marketing digital

La mise en œuvre du marketing digital repose sur la démarche stratégique de communication :

-          Quels objectifs cherche-t-on à atteindre ? Se faire connaître ou pousser le consommateur à l’achat ?

-          Quels médias nous permettront de toucher notre cible ?

-          Quels formats mettront le plus en valeur notre offre ?

Les canaux de la communication sont-ils les mêmes dans sa forme digitale ? Les objectifs de la publicité sur le net sont les mêmes que la publicité traditionnelle : notoriété et image. Mais la convergence des possibilités de ciblage et des techniques d’analyse de comportement des internautes ont orienté la publicité digitale vers des objectifs plus opérationnels comme le trafic sur site et la vente.

On peut ainsi à l’instar de Catherine Viot dans son ouvrage de référence Le « e- marketing, à l’heure du web 2.0 » synthétiser les objectifs de la publicité selon deux axes majeurs : le branding et la performance.

Très clairement la communication digitale possède l’avantage indéniable de pouvoir regrouper tous les objectifs d’une communication : image, notoriété (branding) et actions vers les ventes (performance).

Selon l’observatoire de l’e-pub du SRI (syndicat des régies Internet) les différents canaux de communication progressent de façon importante, même si l’ensemble de la communication online connaît en 2012 une baisse de sa croissance (+5 % / 11 % en 2011)

Quand le médiaplanning des annonceurs intègre le web 2.0

Les nouveaux médias apparus avec le web 2.0 ont renouvelé l’offre sur le digital reléguant les supports d’origine comme les sites institutionnels à une place d’outils classiques.

La publicité digitale est-elle véritablement innovante ?



Le marketing digital ne cesse d’élargir la palette de son offre de communication au fur et à mesure de l’évolution des technologies. Le rich media qui propose des contenus toujours plus animés (sons, vidéos), toujours plus interactifs n’a cessé d’innover pour capter encore et toujours l’attention des internautes : des mini séries au placement de produit dans les jeux vidéos, les possibilités semblent infinies et ne sont limitées que par la technologie et l’intérêt que peut potentiellement y porter l’internaute.

Le choix des formats est guidé par leur niveau de créativité mais aussi par leur degré d’intrusion prévisible. Ces différents formats comparables aux espaces de pages dans la presse peuvent être le support d’expression comme la vidéo, messages simples, photos...

D’autres formats apparaissent comme par exemple ceux promotionnés par la régie de marketing digital Ad6 média : Slide in (pavé glissant apparaissant par le côté), le site Under (ouverture de page sous la page visitée en cours). Sans oublier l’Habillage de la HomePage pour sa dimension événementielle, l’intégration de la vidéo dans les intersticiels...

Quelles compétences pour la gestion des médias sociaux digitaux ?

Les médias sociaux peuvent se distinguer selon :

-          Les médias contrôlés par la marque : site web, blog crée par la marque ;

-          Les médias payés : partenariats et publicités ;

-          Les médias non contrôlés : marketing viral (voir plus loin) et bouche à oreille. Une entreprise se doit donc d’avoir un œil rivé en permanence sur tout ce qui de près ou de loin parle d’elle. Le community manager a pour mission de fédérer les internautes autour de la marque et de l’entreprise. Il veille aussi à faire respecter les règles éthiques dans les relations entre les consommateurs en ligne et avec la marque.

Il s’appuie sur les outils du web et gère des flux d’information descendante, ascendante et horizontale. Il peut aussi créer des contenus pour alimenter le réseau.

Le foisonnement des outils du marketing digital peut par leur complexité poser un problème de compétence au sein d’une entreprise à la fois pour les envisager dans le cadre d’une stratégie de communication et pour en contrôler les effets.

Ainsi comme le rappelle Laurent Flores et selon le Baromètre UDA marketing : même si le niveau d’expertise des annonceurs en matière de marketing digital progresse, seuls 45 % dentre eux (40 % en 2010) estiment avoir une bonne connaissance des outils à disposition.

Les avantages du marketing digital sont clairement reconnus par les directions marketing mais les freins majeurs à son développement reste organisationnels et managériaux :

-          Un manque d’équipes dédiées dans l’organisation (55 % en 2011 / 25 % 2010)

-          Un manque d’expertise et d’information quant à son efficacité (44 % en 2011 / 45

% en 2010)

Les médias sociaux omniprésents, mieux les connaître pour les intégrer dans la stratégie du marketing digital.

Comment ignorer l’impact des réseaux sociaux dans le marketing digital ?

Leur audience les rend incontournables : 23 millions de français connectés, la moitié quotidiennement, 4 milliards de téléchargement quotidiens sur Youtube et un foisonnement d’autres formes enrichissent tous les jours les modes d’expression de ce nouveau mode de relation sociale : Pinterest, Foursquare, Familyleaf,...

Kaplan et Heanlein (2010) les définissent comme « un groupe d’applications Internet qui se fondent sur l’idéologie et la technologie du web 2.0 et qui permettent la création et l’échange de contenu généré par les utilisateurs ».

Selon Thomas Stenger et Alexandre Coutant, ils se caractérisent suivant 6 axes :

  1. Reposent sur le principe d’expression et de participation de masse et conduit les internautes à produire l’essentiel du contenu (UGC),
  2. Facilitent la participation des internautes à l’aide d’outils très simples,
  3. Coût de participation quasi nul mais qui a un prix représenté par le traçage des données publiées,
  4. Proposent un contenu évolutif en permanent sous forme de témoignage, commentaires, appréciations, partage de documents,
  5. Sont le résultat de la rencontre de l’usage de la technologie et de stratégies économiques,
  6. Constituent le support de pratiques et de normes sociales très diverses.

Les marques doivent y voir clair au sein de ces médias : en effet plus les réseaux sociaux expriment leur vocation de manière claire, plus les annonceurs pourront y réaliser une communication en affinité avec l’univers des sites identifiés.

-     Une logique fonctionnaliste : le classement des sites selon les usages qui en sont faits.

Cette approche centrée sur les caractéristiques est à prendre en compte mais reste limitée et doit absolument être complétée d’une approche par les usages car ce sont bien les usagers qui transforment les fonctions des outils en fonction de ce qu’ils veulent en faire. Instagram (racheté par FaceBook en août 2012) est un outil de partage de photographies, mais qui contribue aussi à enrichir les réseaux sociaux...



...

Frédéric Cavazza décrit chacun de ces médias dans son article. Il rappelle que certains médias se situent à la frontière entre certaines catégories. Ainsi Myspace est à la fois un réseau social, un outil de publication et un moyen de partage.

Les différents médias se distinguent par leurs différentes mécaniques sociales : motivation des internautes qui génère l’interaction, les rapports entre les membres (individuels/groupe, distants/intimes).

-          La classification selon le degré de révélation de soi: Kaplan et Haenlein (2010) présentent une classification des médias sociaux du point de vue du participant : ainsi selon eux les médias sociaux permettent aux participants de développer une plus ou moins grande présence sociale et une présentation de soi plus ou moins forte. Ils présentent 6 types de médias sociaux : les projets collaboratifs, les blogs ou micro blogs, les communautés de contenu, les sites de réseaux sociaux, les mondes de jeux virtuels et les mondes sociaux virtuels.

La cartographie de Cardon (2008)rassemble tous les modes d’expression de l’identité numérique des participants :

-          Une analyse de l’activité sociale et des types de participation en ligne.

Une analyse issue d’une étude menée sur 3 ans aux Etats unis sur 800 jeunes interrogés met en évidence deux genres de participation en ligne : la participation basée sur l’amitié et celle basée sur les centres d’intérêt.

Cette distinction a été confirmée par les travaux de Stengers et Coutant. Ceux-ci mettent en évidence la nécessaire prise en compte de l’aspect sociotechnique des réseaux. Il faut selon eux analyser les fonctionnalités des plateformes et les pratiques des utilisateurs qui définissent la nature du réseau social. Selon cette approche il n’y a pas de fonctionnalité qui s’impose et à l’opposé par de détournement radical des fonctions d’un site par les usagers même si parfois certains résistent aux modalités (vagues de contestation des usagers Facebook vis à vis des conditions de confidentialité du site).

Pourquoi est-il nécessaire pour le marketing, d’avoir une vision claire des différents réseaux sociaux existants ? Les différents sites déterminent un mode d’interaction désiré par l’internaute (professionnel ou privé), les marques doivent s’y adapter.

Selon l’analyse de Stengers et Coutant, les sites regroupés autour d’un centre d’intérêt facilitent le travail des gens de marketing en terme de ciblage, de veille mais aussi tous les autres modes d’action : marketing direct, fidélisation et promotion en assurant une cohérence dans les actions.

Les réseaux à vocation de liens d’amitié sont plus difficiles à traiter pour les annonceurs : difficulté de ciblage, moindre intérêt pour les offres commerciales mais d’autres leviers peuvent y être activés comme les démarches virales.

De la même manière, les sites de présentation de soi comme Facebook ou Linkedin sont composés de profils d’internautes avec leur nom et prénom et permettent la constitution de bases de données et des actions de marketing ciblé, à l’inverse des communautés d’intérêt où les participants utilisent la plupart du temps des pseudos.

Un nouveau marketing direct grâce au digital : plus rapide et moins coûteux.Rappelons que le marketing direct se caractérise par l’utilisation de bases de données pour établir des contacts personnels et différenciés entre l’entreprise et ses cibles.

L’objectif étant de proposer un moyen de répondre rapidement à l’entreprise.

Selon P. Kotler, le marketing direct est une communication directe aux consommateurs en vue d’obtenir une réponse et/ou une transaction. Il n’y a donc pas d’intermédiaire entre la marque et le client, la fonction est double, communication et vente, et une réaction rapide du client est attendue. Il représente 29,2 % du total des dépenses de communication des annonceurs.

Internet et ses applicatifs ont amplifié les possibilités du marketing direct : à partir d’une base de données existante, il sera possible d’obtenir une réponse quasi instantanée après l’envoi de messages.

Les coûts d’une telle campagne comprennent toujours les coûts d’accès à une base de données (achat, location), les coûts indirects associés à la base de données et à la création du message. Les frais d’envois seront par contre réduits à des frais de routage assez faibles en général.



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