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Cours d'informatique pour débutants

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ENTREPRISES ET CADRES

DE LA FONCTION INFORMATIQUE

  • LES ACTEURS DE LA FONCTION INFORMATIQUE
  • LES ÉVOLUTIONS DE LA FONCTION INFORMATIQUE ET DE SES MÉTIERS CADRES
  • LES ENJEUX ET LES PROFILS DE DEMAIN

 LES ACTEURS DE LA FONCTION INFORMATIQUE

Les métiers de l’informatique s’organisent autour de deux axes principaux: l’un constitué par le monde des prestataires (fabricants et intermédiaires) et l’autre, par celui des utilisateurs. Ces deux domaines peuvent être décomposés eux-mêmes en plusieurs segments (cf. tableau 1). L’ensemble de ces acteurs se retrouve dans les quatre domaines d’application de l’informati-que (cf. tableau 2).

LES PRINCIPAUX ACTEURS DU MONDE INFORMATIQUE

Fabricants

Constructeurs de matériels informatiques et loueurs

Intermédiaires

Sociétés de services et de conseil en SI

Utilisateurs

Grands comptes (publics et privés)

UNE MOSAÏQUE DE PRESTATAIRES

Au service des utilisateurs, les prestataires fournissent à leurs clients un ensemble de biens (matériel infor-matique) et/ou de services (logiciels, formation, assis-tance, conseil, formation...). La chaîne de valeur des prestataires est composée de plusieurs maillons.

Les constructeurs et les loueurs: vers un élargissement de la gamme des prestations

Constructeurs de matériels et loueurs ont pour mission de fournir à leurs clients un ensemble de solutions centrées autour du matériel (ou hardware), qu’il s’agisse de postes de travail, de serveurs, ou d’autres équipements périphériques.

Le marché des constructeurs est dominé par un ensem¬ble de grandes entreprises internationales, tandis que celui des loueurs est composé d’un nombre plus impor¬tant de PME.

Constructeurs et loueurs connaissent des évolutions assez similaires:

  • montée en puissance des modes de vente directe: commerce électronique, vente par correspondance, marketing direct.
  • sophistication des modes de financement d’achat de matériels (leasing...).
  • vocation à vendre, non seulement du matériel, mais un ensemble de produits et de services (hotline, assistance physique, service d’infogérance, forma-tion, maintenance...). Le métier des constructeurs se rapproche ainsi de celui des «intégrateurs» et les grands acteurs du marché créent fréquemment un département Services. Ces activités de diversifica¬tion constituent pour les constructeurs et les loueurs des relais de croissance tandis que la demande en matériel a tendance à se stabiliser.
  • politiques commerciale et marketing orientées vers des cibles segmentées: grands comptes mais aussi administrations, PME-PMI, TPE...

Ces tendances peuvent conduire les entreprises à rechercher des compétences spécifiques: spécialistes du commerce électronique, professionnels du marke-ting direct et indirect, experts du monde du service...

La convergence entre sociétés de service et cabinets conseil

Les missions des SSII et celles des cabinets conseil sont traditionnellement distinctes: tandis que ces der-niers assurent en amont des prestations de conseil en organisation, en gestion du changement et en archi-tecture de système d’information, les SSII délivrent en aval des prestations au forfait ou en régie: réalisation ou suivi d’applications, logiciels et progiciels, mainte-nance et infogérance des installations.

Sous l’effet des évolutions économiques (rachat d’un grand nombre de cabinets conseil par les SSII), les deux segments ont tendance à se rapprocher: on parle aujourd’hui de plus en plus d’«intégrateurs» mixant activités de conseil en système d’information et prise en charge de sous-fonctions informatiques. À l’intérieur d’une SSII, il est toujours possible de distinguer les activités réalisées en régie (mise à disposition du per-sonnel pour le compte d’un utilisateur) de celles exécu-tées au forfait (prise en charge d’une prestation pour le compte d’un utilisateur, réalisée dans les locaux de la SSII).

De fait, le monde des intégrateurs-conseil est aujourd’hui composé de quatre types d’acteurs:

  • les grands intégrateurs qui occupent une position d’ensembliers, en intégrant en particulier une activité Conseil en système d’information.
  • des SSII de taille plus réduite qui proposent des prestations plus « verticalisées » (par secteurs d’activité, par type de prestations et/ou par compétences techniques) et dont l’activité conseil est en général moins développée.
  • quelques cabinets de conseil de petite ou moyenne taille qui gardent leur indépendance par rapport aux sociétés de service.
  • un certain nombre de consultants indépendants qui exercent leur activité auprès de niches (PME-PMI, pro¬fessions libérales, prestataires de formation par exem¬ple) ou sur des prestations souvent très pointues (sécurité, langages, matériels...).

Cet ensemble, en croissance sur les dernières décennies en dépit de quelques accidents de conjoncture, consti¬tue le principal pôle de recruteurs pour les cadres du secteur, qu’il s’agisse d’informaticiens ou de commer¬ciaux, débutants ou confirmés.

LES QUATRE DOMAINES D’APPLICATION DE L’INFORMATIQUE

Domaines informatiques  Applications 

L’informatique de gestion  Elle s’applique à l’organisation des informations dans l’entreprise: l’administra¬tion de l’entreprise, la gestion commerciale, les ressources humaines, mais aussi la facturation, la gestion des stocks et des commandes...

Dans ce domaine, les informaticiens ont de plus en plus fréquemment recours aux progiciels disponibles (PGI ou ERP), utilisés après paramétrage pour les adapter aux spécificités de l’entreprise.

L’informatique scientifique  Elle s’applique au calcul dans le domaine des sciences exactes, à la modélisa¬tion, aux essais, à la recherche fondamentale, à l’informatique en temps réel... Les experts dans ce domaine voient le champ de leurs travaux s’étendre à la dimension du monde virtuel. Ces spécialistes sont généralement de formation ingénieur et s’appuient sur une forte culture mathématique.



L’informatique industrielle  Elle couvre le champ des applications logicielles, destinées au pilotage des chaî¬nes de production et aux produits industriels. Elle concerne également la simu¬lation et les interfaces hommes-machines. Les logiciels d’informatique indus¬trielle sont utilisés par des ingénieurs ou techniciens. 

L’informatique technique  Elle est appliquée à la programmation des logiciels intégrés à des produits: dans le domaine des télécommunications (téléphone portable, télévision numérique), des transports, de l’automobile, de l’aéronautique... Les nouvelles technologies (Internet, communication sans fil et électronique embarquée) se démocratisent et se déploient sous des formes plus ergonomiques en rassemblant sons, images et textes sur un seul support.

Les deux modalités d’intervention de la SSII chez l’utilisateur:

la régie et le forfait.

1/La régie

Le principe de la régie est de mettre des informaticiens à la disposition des entreprises utilisatrices. Le client garde la maîtrise d’œuvre du projet et intègre l’expert détaché par la SSII au sein de ses propres équipes. Le recours à des sociétés de service est un élément de flexibilité et d’adaptabilité essentiel: quel que soit le projet informatique de l’entreprise, elle trouvera à sa disposition du personnel compétent qu’elle n’aura pas à former. Quant aux SSII, la régie constitue pour elles une source de revenus régulière.

Pour le cadre informatique, cette formule présente l’avantage d’un travail au cœur de l’entreprise utilisatrice. C’est aussi un bon tremplin pour le jeune diplômé à la recherche de son premier emploi. En revanche, les évolutions de carrière, de rémunération et de responsabilités sont parfois difficiles à obtenir.

2/Le forfait

Le principe du forfait est de sous-traiter tout ou partie d’un projet à un prestataire de service. L’entreprise cliente fixe les contraintes en matière d’objecté, de délais et de coûts du projet.

Comme dans le cas de la régie, l’entreprise, grâce à ses prestataires de service, dispose de personnels formés sur les projets qu’elle souhaite mettre en œuvre. En retour, ceux-ci s’engagent sur des délais et des coûts. Enfin, la délégation d’un projet à un prestataire de service accélère sa mise en place.

Le prix de la prestation est plus élevé que celui de la régie.

Ce mode de contrat permet à l’informaticien de travailler dans les locaux de son employeur, de collaborer au sein d’une équipe projet homogène (tous salariés de la SSII) et d’intervenir sur des dimensions assez qualifiées du système d’information.

Les éditeurs de logiciels, de grands acteurs de plus en plus internationaux et une offre « verticalisée »

Les éditeurs de logiciel sont des sociétés qui dévelop-pent, éditent et distribuent des logiciels systèmes, des logiciels applicatifs ou des progiciels. Les domaines d’application sont toujours plus variés et touchent l’en-semble des fonctions des entreprises utilisatrices.

Sans rupture avec le passé, le monde des éditeurs de logiciels poursuit quatre objectifs:

  • l’innovation: indispensable pour résister à la concur¬rence, elle justifie des effectifs R & D importants.
  • l’international: le développement des ventes passe nécessairement par un renforcement des équipes mar¬keting et vente dans le pays d’origine et à l’internatio¬nal: plus que jamais, les grands acteurs du logiciel sont des entreprises d’envergure mondiale.
  • l’adaptation à des marchés segmentés: elle justifie la mise en place d’offres spécifiques ajustées aux besoins des utilisateurs, organisées par taille (TPE, PME, grands comptes) ou par secteurs d’activités (banque, industrie, services).
  • la mise en place autour de l’activité Édition d’un département Services (formation, maintenance) per¬mettant d’accompagner et de rentabiliser l’activité principale de l’entreprise.

Les distributeurs et les grossistes informatiques

Grossistes, revendeurs et distributeurs occupent une position d’intermédiaires entre les éditeurs de logiciels et les constructeurs d’une part, et les utilisateurs d’au¬tre part. Ils apportent à leurs clients une capacité logis¬tique et des compétences dans la négociation en tant qu’acheteurs. Dans la chaîne de distribution, les grossis¬tes occupent une position en amont et s’adressent, parmi d’autres, au marché des distributeurs.

Le métier des intermédiaires évolue progressivement: pour affirmer leur valeur ajoutée sur un marché de plus en plus concurrentiel, ces derniers réorientent leurs offres de produits et de services selon diverses modalités:

  • en apportant un conseil plus technologique à leurs clients, de plus en plus d’acteurs de ce marché s’effor¬cent aujourd’hui d’adjoindre à leur offre de produits, des prestations de service.
  • en diversifiant leurs modes de commercialisation: les distributeurs privilégient la vente sur le terrain tandis que les grossistes ont mis en place de grands centres d’appel. Parallèlement, de nouveaux modes de relation clients se développent: la vente par correspondance et, depuis quelques années, le commerce électronique. La montée en puissance d’Internet est à l’origine de l’apparition de nouveaux acteurs: les sites de commerce électronique – qui ciblent le marché des entreprises et des particuliers – et les places de mar¬ché qui ont vocation à conseiller les DSI dans leurs politiques d’achats et à favoriser la mise en relation entre acheteurs et vendeurs.
  • en segmentant parallèlement la clientèle et l’offre pro-duit, les intermédiaires informatiques s’efforcent de proposer une offre dédiée aux différents marchés: TPE, PME, grandes entreprises, points de vente.
  • enfin, en recherchant la taille critique, les grossistes et les distributeurs poursuivent leur expansion géo-graphique par croissance interne et externe.

LES DIRECTIONS INFORMATIQUES DES ENTREPRISES UTILISATRICES

La fonction informatique existe dans toutes les entrepri-ses, pourvu qu’elles disposent de postes de travail infor¬matisés. Elle se constitue en tant que service ou dépar¬tement dès lors que l’entreprise dépasse une certaine taille (environ 50 personnes).

À partir d’un certain seuil (environ 200 personnes), les entreprises créent généralement une direction informa-tique qui peut s’appeler dans les sociétés de taille plus importante DSI (Direction des Systèmes d’Information).

Ces services, directions ou départements informatiques ont pour missions de définir les grands choix informati-ques de l’entreprise, de déployer et maintenir le système d’information avec l’aide, le cas échéant, de prestataires extérieurs.



Les entreprises utilisatrices se répartissent en trois grands secteurs:

  • les grands groupes dans l’industrie et les services sont traditionnellement des recruteurs importants de cadres informatiques et dégagent des budgets consé¬quents pour déployer et maintenir leur système d’in¬formation. Dans certains secteurs comme les télé¬coms, la banque ou la défense, la pérennité et la robustesse du système d’information peuvent être considérées comme une problématique stratégique majeure pour l’entreprise.
  • les PME-PMI, dont le degré d’informatisation est de plus en plus élevé, renforcent leur département infor-matique et recrutent plus souvent qu’auparavant des cadres spécialisés.
  • le secteur public et parapublic qui connaît égale-ment une modernisation rapide des systèmes d’infor-mation. Les investissements, parfois massifs, sont cependant fortement dépendants des aspects budgé¬taires. Parmi les projets lancés par les administrations, on peut citer comme exemples la carte d’identité et le passeport électroniques, les portails Internet pour les services, le dossier médical partagé...

LES EFFECTIFS CADRES DU SECTEUR PRIVÉ TRAVAILLANT DANS LA FONCTION INFORMATIQUE

Selon l’enquête réalisée par l’Apec «Perspectives de l’emploi cadre 2005», le nombre de cadres travaillant dans la fonction informatique des entreprises du secteur privé s’élève à 250000. Par rapport à d’autres études menées sur les informaticiens, l’enquête Apec ne prend pas en compte:

  • les non-cadres (de nombreux administrateurs ou déve¬loppeurs ont un Bac +2 et un statut de technicien).
  • les informaticiens appartenant à la fonction publique (d’État, territoriale, hospitalière).
  • les cadres travaillant dans le secteur de la fabrication, (ingénieurs de production) de la vente et de la loca¬tion de matériel informatique (commerciaux).
  • les simples utilisateurs de l’outil informatique, même si cette utilisation suppose un niveau technique élevé et comporte même une part de programmation sur application (pour un certain nombre d’ingénieurs de recherche par exemple).

Plus précisément, parmi les cadres de ce secteur, seuls ceux appartenant effectivement à la fonction informati-que sont pris en compte (par exemple: administrateurs système ou hot-line bureautique), à l’exclusion de toutes les autres fonctions (ingénieurs de production, commer¬ciaux, ressources humaines...).

Grand secteur

Industrie

Construction

Nombre (en milliers)

22

6

Répartition en %

9 %

2 %

Commerce

Services

Total

15

207

250

6 %

83 %

100 %

Source: Apec 2005

À noter que le secteur des services vient en tête avec 83 % de cadres de l’informatique et que l’Île-de-France concentre plus de la moitié des effectifs (52 %).

Région

Île-de-France

Rhône-Alpes

Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse  

Nombre (en milliers)

129

28

16

Répartition en %

52 %

11 %

7 %

Midi-Pyrénées

Nord/Pas-de-Calais

12

11

 5 %

4 %

Autres régions

Total

54

250

21 %

100 %

Source: Apec 2005

Taille salariale de l’établissement

1 à 19 salariés

20 à 99 salariés

100 à 499 salariés

500 salariés ou plus

Total

Nombre (en milliers)

53

68

78

51

250

Répartition en %

21 %

27 %

31 %

20 %

100 %

Source: Apec 2005

LES ÉVOLUTIONS DE LA FONCTION INFORMATIQUE

Direction informatique, direction des systèmes d’infor-mation, direction des systèmes d’information et de l’organisation... Comme souvent, les appellations choisies pour désigner les services informatiques traduisent les évolutions traversées par la fonction au cours des dernières années.



Ces transformations récentes sont à la fois organisa-tionnelles, technologiques et fonctionnelles.

LES ÉVOLUTIONS ORGANISATIONNELLES

La position de la fonction informatique dans les orga-nigrammes est le fruit d’un arbitrage entre les évolu-tions générales, le contexte sectoriel et les choix d’or-ganisation du management.

Sur les dernières décennies (et à l’image d’autres fonc¬tions support), le département informatique a connu une élévation de sa position hiérarchique et une den¬sification de ses effectifs.

Les marques de reconnaissance de la fonction sont multiples:

  • le service informatique devient un département.
  • son responsable est de plus en plus souvent nommé directeur.
  • le périmètre de fonction s’étend progressivement: il peut inclure l’ensemble de moyens ou des services généraux ou couvrir le champ de l’organisation.
  • le rattachement à la direction générale est plus fré-quent; dans certaines structures, le directeur infor-matique peut avoir le titre de directeur général ou de directeur général adjoint.
  • la participation au comité de direction est parfois proposée.
  • les niveaux de rémunération progressent pour les plus expérimentés.

Les contraintes sectorielles

La montée en puissance de la direction informatique dans les organigrammes se réalise de façon d’autant plus forte que l’entreprise est confrontée à des enjeux:

  • de sécurité (hacking, procédé anti-intrusion, sécu-rité des paiements): c’est le cas dans le secteur de la banque, de la défense et dans certains services de l’État.
  • d’automatisation (chaîne logistique, informatisa-tion des chaînes de production): dans l’industrie en particulier, le directeur informatique devient un interlocuteur de poids pour le directeur industriel.
  • d’innovation: dans de nombreux environnements (électronique, télécoms...), l’innovation technologi-que est, entre autre, portée par le DSI.

Les choix managériaux d’organisation

Résultat d’arbitrages stratégiques, l’organisation de la direction des systèmes d’information dépend de deux choix essentiels:

  • le degré d’internalisation: répondant à la fois à une logique de coût (budget et part représentée par les charges fixes dans ce budget) et de compétences (accès à des compétences externes pointues et spé¬cifiques), le choix entre internalisation des ressour¬ces informatiques et externalisation permet de faire émerger trois modèles:

- l’informatique «propriétaire»: dans cette organi-sation, le DSI manage des équipes importantes, toutes salariées de son entreprise, et a peu recours à la prestation en régie ou au forfait. Les développements logiciels sont réalisés en interne; seuls les achats de matériel donnent lieu au recours à des prestataires.

- l’informatique avec sous-traitance partielle: il s’agit du schéma le plus souvent pratiqué. La Direction des Systèmes d’information dispose d’ef¬fectifs salariés significatifs, mais le travail avec la sous-traitance est fréquent, aussi bien pour le développement logiciels et applications que pour l’administration système et réseau. Le recours aux SSII se fait via la régie ou le forfait.

- l’externalisation: dans ce modèle, de plus en plus courant, la fonction informatique est externalisée directement ou indirectement par le biais d’une SSII pour toute la partie opérationnelle. Seul le domaine stratégique (définition d’objectifs, les achats, la coordination...) est maîtrisé par la direction informatique de l’utilisateur.

Ces dernières années ont été marquées par une mon¬tée en puissance des modèles 2 et 3, au détriment d’une informatique «propriétaire».

  • le degré de centralisation: selon leur taille, leur dimension internationale et le nombre de leurs implantations géographiques, les entreprises sont conduites à privilégier une informatique centralisée ou à prévoir une décentralisation de tout ou partie de leurs équipes informatiques.

Le choix entre internationalisation/externalisation et entre centralisation/décentralisation est une décision stratégique. Elle revient au Directeur général, sur les conseils d’un DSI (Directeur du Système d’information), en fonction de son influence et des missions qui lui sont confiées.

LES MUTATIONS TECHNOLOGIQUES

Pilotes et porte-drapeau des évolutions technologiques, les cadres informatiques ont dans ces domaines, tou-jours plus complexes et pointus, un devoir de pédagogie qu’ils exercent de façon de plus en plus attentive.

Le succès de l’Open Source

Dans le sillage des systèmes d’exploitation (Linux...) et des suites bureautiques (Open Office...), le logiciel libre investit depuis plusieurs années les applications métier des entreprises. Développés selon un mode de travail collaboratif, les « logiciels à code ouvert » (OSS: Open Source Software) ou « logiciels libres » intéressent de plus en plus les entreprises, non seulement en raison de leur gratuité, mais surtout de leur interopérabilité avec d’autres applications.

La montée en puissance de l’Open Source et plus globa¬lement des systèmes tels que Linux et Unix incite les entreprises à rechercher des informaticiens (architectes notamment) maîtrisant bien les environnements hétéro¬gènes (grands systèmes, moyens systèmes et micro¬informatique) et des développeurs appartenant à la communauté de l’Open Source.

La connexion informatique-télécoms: des technologies sans fil et un support unique

Autre évolution technique importante: l’essor des tech-nologies sans fil et la convergence de plusieurs techno-logies sur un même support. Déjà établi en matière de téléphonie, de messagerie textuelle et autres services de communication, le Wifi étend son emprise à la micro-informatique d’entreprise et à l’Internet. Il est l’une des principales normes internationales d’accès et de réseau Internet à haut débit sans fil. Cette technologie sans fil est déjà largement utilisée (aéroports, centres d’affaires, grands hôtels, centres de congrès...). Elle sera demain la principale plate-forme de développement de l’Internet à haut débit. Les obstacles ou freins au Wifi sont aujourd’hui de deux ordres: l’accès et la sécurité; ce qui signifie pour les années à venir des besoins importants dans tous les métiers touchant à la sécurité des systèmes d’information ainsi qu’à l’optimisation et à l’administration des réseaux.

De même, au niveau des réseaux logistiques des entre-prises, la RFID (identification par radiofréquences) est en train de changer la donne. Cette technologie véhicu-lée par les airs permet une identification et une acqui-sition de données par radiofréquences concernant des produits, des lieux et des individus. Elle peut être utili-sée dans les activités de la production et la distribution. Si la RFID apparaît comme un outil indispensable à la gestion de la production et à la logistique, elle pourrait le devenir dans d’autres domaines administratifs ou commerciaux.



La convergence « telcos » (informatique et télécoms) donne des atouts spécifiques aux diplômés d’écoles d’in¬génieurs combinant dans leurs enseignements l’informa¬tique et les télécoms. Plus globalement, le cloisonne¬ment qui séparait les cadres informatiques et ceux des télécoms a tendance à s’estomper et offre des opportu¬nités intéressantes aux ingénieurs à compétences R&D.

Le déploiement du client serveur: l’informatique distribuée

La montée en puissance de l’informatique distribuée est une réponse à l’accroissement des données et à la nécessité de répondre aux utilisateurs en stockant, gérant, traitant les données.

Elle est favorisée par l’émergence du développement objet pour l’ensemble des couches applicatives: ainsi J2EE et ASP.net, technologies issues du web trouvent leur terrain d’expression naturel dans le secteur de l’Internet (fichiers multimédia, streaming, messagerie, e-billing) et permettent de prendre en charge techni-quement de nombreuses autres applications: CRM, ERP, SCM, WebCall Center, push-media, chat SMS...

En étant plus qu’une simple interconnexion, l’informati-que distribuée pose des problèmes de sécurité (authen-tification des utilisateurs ou des données, autorisation, comptabilisation...) et met l’interopérabilité au centre des préoccupations des entreprises.

Plus largement, les applications directes de l’informati-que distribuée concernent aussi bien les milieux scien-tifiques que l’industrie. Les applications Internet, les études aérospatiales, les calculs chimiques et les modé¬lisations climatiques nécessitent de grosses capacités de calculs situées à plusieurs endroits. De même, l’imagerie et l’instrumentation médicales, la cartographie des nua¬ges, les relevés astronomiques ou simplement l’explora¬tion et l’éducation en ligne constituent des marchés potentiels très importants.

LES IMPÉRATIFS FONCTIONNELS

L’image de l’informaticien « expert » demeure, mais le cadre informatique doit de plus en plus être un homme de communication capable de médiatiser ses projets, de prendre en charge des clients internes, de mener à bien des projets, d’en mesurer la rentabilité et de s’investir dans de nouveaux champs de compétences.

Piloter les projets avec les utilisateurs

Aux côtés des carrières purement techniques, l’informa-tique offre aux cadres un autre domaine d’intervention, celui de la gestion de projets. De fait, le chef de pro¬jet et la fonction informatique dans son ensemble ont vocation à rendre des services aux utilisateurs internes. La notion de clients-fournisseurs est aujourd’hui trans-versale à l’ensemble de la fonction informatique et concerne la plupart des informaticiens (au-delà même des chefs de projet).

Les compétences des équipes de la DSI ne sont plus uni¬quement tournées vers l’exploitation du système d’infor¬mation, mais également vers la fourniture d’un service de qualité aux utilisateurs. Dans le cadre de cette relation, les informaticiens doivent être sensibles à la façon de penser des utilisateurs et être capables de se mettre à la place du client pour anticiper, créer et concevoir les applications et les outils les plus adaptés.

Les métiers de l’informatique sont aujourd’hui détermi-nés par leurs places respectives dans la chaîne des ser¬vices rendus aux utilisateurs: ils exigent non seulement de nouvelles compétences techniques (outils, langages, systèmes, normes...) mais également des compétences fonctionnelles complémentaires (management, consul-tance, analyse et résolution de problèmes, coordination interpersonnelle...), nécessaires pour s’insérer dans de nouvelles structures organisationnelles.

Dans l’entreprise utilisatrice, la segmentation entre les clients et les fournisseurs de la Direction informatique n’est pas si évidente à réaliser.

  • Certains départements sont prioritairement des clients: la Direction générale, les grandes Directions métiers (marketing, ventes, industrielle...).
  • D’autres sont tantôt des clients, tantôt des fournis-seurs: les grandes Directions support (relations humaines, achats, finances...).

Le cadre informatique devient un homme de communi-cation capable de valoriser ses prestations auprès de ses clients internes et d’acheter des compétences auprès des directions support. Mais le cœur de son métier reste bien entendu technique.

Une évolution des projets informatiques

Les projets des systèmes d’information sont aujourd’hui importants en termes d’enjeux, d’investissement, d’or-ganisations concernées, de complexité et de périmètre géographique. Ce sont de moins en moins des projets informatiques stricto sensu, mais des projets d’entre-prise qui touchent à la refonte des processus internes, au développement de nouveaux produits, à la réorgani-sation des réseaux de gestion, à la connaissance et à la fidélisation des clients ou à la refonte des chaînes logis-tiques.

L’industrialisation des progiciels a entraîné des besoins importants en termes de paramétrage (ERP, SAP...), de développement fonctionnel aux dépens du développe-ment spécifique, de prototypage et de développement rapide, d’expertise et d’intégration de service.

De même, le renouvellement rapide des langages a rac¬courci la durée de vie des applications et a obligé les informaticiens à s’intéresser davantage aux process, aux méthodologies et à l’ergonomie des interfaces.

C’est pourquoi la connaissance des outils d’analyse et de suivi des projets est de plus en plus souvent requise pour accéder à des postes de chefs de projet. À titre d’exemple, on citera UML, Rational Rose, RUP...

Enfin, la démocratisation croissante de l’informatique a rendu les utilisateurs plus autonomes: maîtrisant de mieux en mieux leurs outils, ils sont en même temps de plus en plus exigeants avec tous les métiers supports: hotline, administration réseau, sécurité, qualité des logiciels...

La montée en puissance de nouveaux experts: qualité, méthodes et sécurité

La généralisation de la connexion à Internet, l’utilisa¬tion intensive des systèmes et applicatifs communicants et la complexité des architectures offrent aujourd’hui de nouvelles possibilités techniques, mais introduisent également des risques comme l’utilisation frauduleuse des ressources, la modification de données capitales, la destruction d’informations ou le piratage d’informations confidentielles.

Pour répondre à ces problèmes de qualité, méthodes et sécurité, les entreprises se dotent aujourd’hui d’ingé-nieurs qualité, méthodes, et de responsables sécu-rité informatique de haut niveau. Leurs missions s’ar-ticulent autour de la veille technologique et réglemen-taire, l’évaluation du niveau de vulnérabilité, et des pro-positions d’évolution et/ou de solutions garantissant la sécurité logique et physique des systèmes d’information.



Face à des systèmes de plus en plus complexes, les entreprises ont besoin aujourd’hui de cadres capables de coordonner et d’intégrer des technologies variées, des éléments exogènes (progiciels, plate-forme de conver¬gence...) et des éléments de plus en plus interdépen¬dants. C’est ainsi que le métier d’architecte a vu son rôle s’accroître, nécessitant des compétences techniques pointues et une compréhension stratégique de l’entre¬prise et de ses métiers.

Experts en matière de qualité, méthodes et sécurité, ils doivent avoir une approche globale du SI mais aussi une connaissance approfondie à la fois de l’exploitation et des applications. Leur rôle n’est pas seulement tech¬nique: ils doivent en permanence communiquer et sen¬sibiliser les responsables de l’entreprise à cet enjeu, savoir faire preuve de pédagogie et de conviction pour fédérer l’ensemble des utilisateurs.

La maîtrise des coûts:

des informaticiens gestionnaires

D’importants investissements liés au renouvellement des parcs informatiques, réseaux, matériels, logiciels ont été réalisés à la fin des années 1990. Les entreprises ont parié sur les nouvelles technologies et la diffusion d’une informatique nouvelle pour tous: accès Internet sur chaque poste, e-mail, logiciels et matériels actualisés.

Elles se situent aujourd’hui dans une phase d’amortisse¬ment des investissements engagés et profitent de cette période pour s’approprier, améliorer et développer les outils existants. Dans un souci de rationalisation des achats et d’optimisation des coûts, les entreprises forte¬ment consommatrices de prestations et de produits informatiques ont mis en place, comme dans les autres domaines générateurs de coûts (services généraux, matières premières...), de nouvelles politiques en matière de gestion des achats et de rationalisation bud¬gétaire.

Les directeurs informatiques sont soumis aux mêmes règles et aux mêmes contraintes que les autres métiers de l’entreprise. Ils ont tout à gagner en adoptant des règles de transparence en matière de coûts et de dépen¬ses récurrentes s’ils veulent convaincre du retour sur investissement de leurs projets.



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