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Cours gestion : la gestion de trésorerie


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LA GESTION DE LA TRESORERIE

Une bonne gestion de la trésorerie consiste à assurer la solvabilité de l’entreprise au moindre coût ; cela signifie que l’entreprise doit être en mesure d’honorer ses échéances financières à tout moment, en maintenant une encaisse minimum. Par ailleurs, elle appelle, ou au contraire à maximise le rendement les placements de ses excédents de trésorerie éventuels. La gestion de la trésorerie repose par conséquent sur le couple « sécurité / Rentabilité ».

Pour parer au risque d’inquidité ou d’insolvabilité (rupture du service de caisse, cessation de paiement, etc.), l’entreprise doit maintenir un certain niveau de trésorerie, car en pratique il est très difficile d’assurer une parfaite synchronisation entre les encaissements et les décaissements. Dans le même temps, elle doit viser à réduire l’impact négatif de cette la rentabilité des disponibilités oisives en leur assurant de bons placements financières.

Les principaux motifs de détention d’une encaisse sont :

* La volonté d’assurer la réalisation des transactions dans de bonnes conditions. * Le besoin de sécurité financière de manière à faire face aux aléas de la conjoncture qui se traduisent par des déséquilibres entre les encaissements et les décaissements prévus. * Les opérations spéculatives.

La mise en œuvre de la gestion de la trésorerie passe par étapes et repose sur différents modèles de prévision.

11-1 La mise en œuvre de la gestion de la trésorerie

Le processus de gestion de la trésorerie passe par trois étapes :

•   La prévision qui peut mettre en couvre plusieurs méthodes

•   Les ajustements nécessaires

•   Le contrôle de la trésorerie

11-1-1 Le processus de gestion de la trésorerie

La réalisation des objectifs d’une bonne gestion de la trésorerie solvabilité et rentabilité suppose la conjugaison de deux types d’action.

* Des actions internes : la prévision des flux monétaires (encaissement, décaissement) et le choix des moyens de couverture du déséquilibre éventuel entre les entrées et les sorties de fonds, ainsi que le contrôle de la trésorerie. * Des actions externes : elles visent essentiellement à assurer les meilleurs conditions de négociation des facilités bancaires. Des conditions de règlement des clients et de paiement des fournisseurs.

a) La prévision

La qualité des décisions à prendre en matières de gestion de la trésorerie dépend en grande partie de la qualité des systèmes d’information en place comptabilité générale, analytique, budgets, etc. La qualité de la prévision est tributaire de la formation de base sur laquelle elle est bâtie : lorsque la qualité de la formation comptable ou des séries statistique élaborées est faible, la prévision peut être établie avec un degré de précision satisfaisant.

 Il existe plusieurs méthodes de prévision dont la qualité et les difficultés de mise en oeuvre sont variables.

La première méthodes est l’extrapolation proportionnelle, généralement à partir du chiffre d’affaire.

Connaissant le rapport entre le chiffre d’affaire et le fond de roulement, le besoin en fonds de roulement ou la trésorerie pour une période donnée, on peut en déduire des prévision pour les périodes suivantes :

Application

CA to = 1 000 000 ; trésorerie (T to) = 180 000

T to        180 000

----- =  ------------- = 18%

CA to    1 000 000 

En retenant l’hypothèse de la proportionnalité, on peut prévoir la trésorerie pour un chiffre d’affaires prévisionnelle de la période T1 CA d = 1500 000   Td = 270 000 DH, soit 1 500 000 x 18%

Cette méthode est simple, mais elle présente des lacunes : elle part de la relation F.D.R = B.F.R+T ; elle suppose par conséquent une relation proportionnelle entre le C.A et le B.F.R observé à un moment donné, à partir du bilan ne traduit pas nécessairement l’exacte réalité des délais de rotation des stocks ou des durées des crédits des clients et fournisseurs.

Seul un examen des échéanciers réels des encaissements et décaissement pour avoir une bonne exploitation des flux prévisionnels.

Dans les petites entreprises qui ne peuvent souffrir le luxe d’un système d’information lourde et onéreuse, ces méthodes simples de prévision peut être utilisée avec prudence.

Une deuxième méthode de prévision proche de la précédente est extrapolation linéaire à partir du C.A.Apartirde données historiques et des méthodes statistiques plus ou moins élaborée, on peut établir une relation proportionnelle entre le C.A et le B.F.r ou la trésorerie du type y = ax+b ; il s’agira alors d’identifier les paramètres a  et b de la fonction d’ajustement, on pourra dès lors prévoir le niveau du B.F.R ou de la trésorerie.

Application

La relation établie entre le CA et la trésorerie est représentée par la fonction y=

0,20x+50 000 pour un CA prévisionnel de 1 000 000 DH

Nous aurons : y= 0,20x 1000 000+ 50 000 = 250 000DH

On peut considérer que le paramètre b (ici 50 000) correspond  à stock-outil de trésorerie indépendant du C.A

Cette méthode fait l’objet des même critiques que la précédente. En autre, elle suppose que le B.F.R et la trésorerie observés au bilan correspondent à des niveaux optimums.

Dans la pratique, les méthodes faible de prévision les plus employées sont le budget de trésorerie et les méthodes des emploies-ressources. Elles feront l’objet d’une présentation détaillée dans la section 2suivantes.

B)Les ajustements nécessaires

 Une fois les prévisions établies, on pourra apprécier la trésorerie prévisionnelle qui sera soit négative(décaissement supérieur aux encaissement),soit positive(encaissement supérieur aux encaissement)

L’entreprise devra alors prévoir les ajustements nécessaires dans les deux cas. Dans le premier cas-déficie de la trésorerie il convient d’envisager les actions destinées à combler le déficit et à rétablir l’équilibre : demande de concoures bancaires de trésorerie en fonction de leurs coûts et de leur flexibilité, réajustement des délais de règlement des clients et des délais de paiement des fournisseurs, augmentation de la rotation des stocks.

Dans la deuxième hypothèse, trésorerie plus ou moins abondante

(encaissements supérieur aux décaissements), l’entreprises devra envisager soit le placement à cours terme de ses disponibilité oisives ou encore le paiement anticipé de ses dettes, soit la réalisation d’investissement de manière à rentabiliser les fonds disponibles.

Dans les deux cas, il s’agit d’améliorer indirectement la rentabilité de l’entreprise, soit en minimisant le coût des crédits de trésorerie à solliciter, soit en optimisant l’utilisation de la trésorerie excédentaire.

C) Le contrôle de la trésorerie

Le contrôle de la trésorerie a pour but de confronter les prévisions des encaissement-décaissement, des concoures bancaire nécessaire ou des placement financier à effectuer avec les réalisations.

Schéma des étapes de la gestion de la trésorerie

 11.1.2. Le budget de trésorerie    :

Le budget de trésorerie est le principe instrument de prévision financière à court terme ; il permet d’établir pour des périodes plus ou moins langues (année, mois, semaine, jour), les prévisions des flux financières et d’envisager les ajustements nécessaires pour combler les insuffisances ou pour placer les excédents de trésorerie.

A) La méthode des encaissements –décaissements : le budget mensuel Le budget de trésorerie à pour objet de décrire les encaissements et les décaissements prévisionnel de manière à mettre en relief les écarts et à anticiper les mesures à prendre pour réduire les écarts négatifs (déficit de trésorerie) ou pour utiliser de façon optimale les excédents éventuels de trésorerie.

En l’absence de ce budget et en cas de difficultés de trésorerie, l’entreprise aura bien du mal à imaginer les solutions financières rapides pour y faire face.

Le budget est un moyen de prévision et de contrôle de la trésorerie de l’entreprise il constitue le principal instrument de prévision financière a court terme.

DEFINITION DE BUDGET DE TRESORERIE

Le budget de trésorerie est un état qui indique mois par mois ou même semaine par semaine, les recettes (encaissements) et les dépenses (décaissements) prévisionnelles de l’entreprise, ainsi que le moment de ses besoins en trésorerie ou de l’encaisse disponible.

Dans le budget, une distinction est établie entre les recettes et les dépenses d’exploitation (ventes de marchandises, de produits finis, achats de matières premières, règlements des salaires, etc…) et hors exploitation (cession d’immobilisation, remboursement d’emprunts, etc )

Schéma de constriction d’un budget de trésorerie

Les entreprises sont quotidiennement confrontées à des problèmes de trésorerie, et l’urgence des besoins de liquidités ne peut se satisfaire d’un traitement théorique et doctrinal, aussi nous proposons d’illustrer les mécanismes du budget de trésorerie à travers un cas.

EXEMPLE DE CONSTRUCTION D4UN TRESORERIE MENSUEL

L’entreprise « X » a un exercice comptable qui coïncide avec l’année civile, elle veut établir un budget de trésorerie mensuel pour le premier semestre de l’exercice 1 à cet effet, elle a réuni les document comptable et les information suivant :

Actif

Passif

Actif immobilisé

Stock

Client et compte rattachés

Etat

Autres débiteurs

Disponible

460 000

120 000

98 000(a)

22 000(c)

5 000(e) 15 000

720 000

Capital social

Réserves

Dettes de financement

Fournisseurs et comptes rattachés

Etat

Organismes sociaux

300 000

200 000

90 000(b)

99 000(d)

30 000(f)

1 000(g)

720 000

IS    30 000 – 19 000 = 11 000

a)   Règlement en 19N+1 : fin janvier : 28 000                                           fin février : 35 000

                                          fin mars : 35 000

b)  Emprunt remboursable par trimestralités de 15 000 le 31/03et le 30/06 et le 31/12 de chaque année : taux d’intérêt 12%.

c)   Il s’agit de la T.V.A sur achats, de décembre 19N, à déduire sur la déclaration à établir au titre de janvier 19N+1 pour 6195 surelle de février 19N+1 pour 7823 et sur celle de mars 19N+1 pour 7982.

d)  Les dettes vis-à-vis des fournisseurs seront réglées selon l’échéancier suivant en 19N+1 :

31/01 : 49 000       99 000

28/02 : 50 000

e)   Créance sur cession d’immobilisation réglable le 30/04

f)    Ce compte comprend le reliquat de l’impôt sur les société de 19 000 et la T.V.A à payer au titre des opérations du moins de décembre 19N

g)  Cette sommes sera réglée en janvier 19N+1

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES Les acomptes sur I.S à verser au titre de 19N+1 s’élèvent chacun à 14291

Prévision pour l’année 19N+1

Donnée

Mois 01

Mois 02

Mois 03

Mois 04

Mois 05

Mois 06

Ventes en qualités

Prix unitaire H.T

Achats en quantités

Prix unitaire H.T

Autres charges externes

(T.V.A non déductible) Salaires mensuels bruts Charges sociales et assurances

1 000

200

-

130

15 000

15 000

23%

-

200

800

130

15 000

15 000

23%

2 200

200

1  200

130

15 000

15 000

23%

800

200

2 100

130

15 000

15 000

23%

-

200

-

130

15 000

15 000

23%

1 700

200

1 100

130

15 000

15 000

23%

*   Le taux de la T.V.A est de 20% sur les ventes, les achats et les services , il est de 7% sur les intérêt, l’entreprise sur le régime des débits. * Les condition de règlement des clients et le suivants

*   10% au comptant, 30% à 30jours fin de mois 30% à 60%, fin de mois et 30% à 90, fin de mois

*   les achats et les charges externes sont payés à 60 jours fin de mois* les salaires sont payés à la fin du mois concerné et les charges sociales correspondantes le mois suivant. * Le  stock au 30/06 est égale à 65 000

*   Le taux d’imposition est de 35%

*   Les amortissement annuels s’élèvent à 80 000

Eléments du corrigé

Encaissement prévisionnel sur ventes

Mois

Montant T.T.C

Encaissement

Créances du bilan

Total

Comptant 10%

A 30 j

30%

A 60 j

30%

A 90 j

30%

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

240 000

-

528 000

192 000

-

408 000

24 000

-

52 8000

19 200

-

40 800

-

72 000

-

158 400

57 600

-

-

-

72 000

-

158 400

57 600

-

-

-

72 000

-

158 400

28 000

35 000

35 000

-

-

-

52 000

107 000

159 800

249 600

216 000

256 800

122 400

122 400

57 600

122 400

180 000

122 400

122 400

Reliquat au 30- 06- 19N+1

424 800

Règlement sur achats

Mois

Montants T.T.C

Règlement à 60 j fin de mois

Dettes du bilan

Total

A nouveau Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

99 000

-

124 800

187 200

327 600

-

171 600

-

-

-

-

124 800

187 200

327 600

49  000

50  000

-

-

-

-

49  000

50  000

-

124 800

187 200

327 600

Reliquat au 30- 06- 19N+1

171 6000

Autres charges externes

Données

Mois 01

Mois 02

Mois 03

Mois 04

Mois 05

Mois 06

Total

Solde

Charges

Décaissement

Charges

Décaissement

15000

15000

15000

15000

15000

15000

15000

15000

15000

15000

90 000

60 000

30 000

T.V.A à paye

Données

Mois 01

Mois 02

Mois 03

Mois 04

Mois 05

Mois 06

Reliquat T.V.A

T.V.A. collectée T.V.A déductible :

Sur achats et services

Sur frais financier

-Crédit de T.V.A

T.V.A à payer

T.V.A déductible

Sur achats et services

Sur intérêts

Reliquat au 30/06

40 000

-6 195

11 000

-7 823

33 805

88 000

-7 982

-7 823

32 000

72 195

-20 800

31 811

68 000

-31 200

-20 800

83 200

158

83 358

16 000

16 000

a)T.V.A déductible sur achats et services : 22 000( bilan) + 135 200(achats et services) – T.V.A déduite sur les déclaration de janvier à juin (74 000) = 83200. b) T.V.A sur intérêts des emprunts : 90000 x 0,12 x 3/12x 7%= 189 (1er trimestre) 75000 x0,12 x3/12x 7%= 158 (2ème trimestre) contrôle

TVA déductible au bilan +TVA sur opérations de la période TVAdéduite

=solde au 30/06

22000 + (135200+ 189+158) –74189 –83358 Achats +Frais financiers.

Budget de trésorerie

Données

Mois 01

Mois 02

Mois 03

Mois 04

Mois 05

Mois 06

Total contrôle

Solde de départ

Recettes d’exploitation

Encaissement sur ventes

Dépenses d’exploitation

Règlement des achats et services

Règlement des salaires

Règlement des charges sociales

Frais financiers TVA à payer

 impôt sur les sociétés Autres charges externes

Recettes hors exploitation

Encaissement cession d’immobilisation

Dépenses hors exploitation

Echéances d’emprunt

Ecart

Ecart cumulé 

15 000

52 000

49 000

15 000 1 000

11 000

-9 000

107 000

50 000

15 000 3 450

33 805

+4 745

-4 255

159 800

15 000 3 450

33 294

15 000

17 889

+75 167

+70 912

249 600

124 800

15 000 3 450

72 195

15 000 5 000

+24 155

+ 95 067

216 000

187 200

15 000 3 450

31 811

15 000

- 36 461

+58606

256 800

327 600

15 000 3 450

14  294

15  000

17 408

-135952

-77 346

15 000+

1041200+

738600 –

90 000 –

18 250 –

148 811 –

47 588 –

60 0005000+

35 297-

77 346-

Budget de trésorerie (suite)

Données

Mois 01

Mois 02

Mois 03

Mois 04

Mois 05

Mois 06

Total contrôle

Règlements des salaires Règlements des charges

sociales

Frais financiers

TVA à payer

Impôts sur les sociétés

Autres charges externes

RECETTES HORS EXPLOITATION

Encaissement cession d’immobilisation

DEPENSES HORS EXPLOITATION

Echéances d’emprunt

Ecart

Ecart cumulé

15000

1000

11000

-9000

15000

3450

33805

+4 745

-4 255

15000

3450

33294(a)

15000

17889(b)

+75 167

-70 912

15000

3450

72195

15000

5000

+24 155

-95 067

15000

3450

31811

15000

-36461

+58 606

15000

3450

14294

15000

17408©

-135952

-77346

90000-

18250-

148811-

47588-

60000-

5000+

35297-

77346-

a)   reliquat IS 19N. 19 000 + 1er acompte IS 19N+1

b)  échéance trimestrielle 15000 + intérêts TTC : 2889 (90 000*0.12*3/12*1.07)

c)   échéance trimestrielle:15000 + intérêts TTC : 2408 (75 000*0.12*3/12*1.07)

le budget prévisionnel fait apparaître une insuffisance de 9 200 au 31/01/19N+1 ; la trésorerie redevient positive pour ensuite accuser un déficit  (-23 291 à partir de juin 19N+1) ; les dirigeants peuvent de la sorte anticiper des solutions adéquates pour combler les besoins (crédits de trésorerie, etc.).

Comptes de résultats prévisionnel au 30/06

Ventes

Achats revendues (a) 

Autres charges externes

Salaires et charges sociales (b)

Frais financiers

Amortissements (d)

Résultats avant impôt

1 140 000

731 000

90 000

110 700

4  950

40 000

163 350

a)  Achats 676 000 + variation du stock (120 000- 65 000)

b)    (15 000*6* 1.23) = 110 700

c)  90 000* 12% * 3/12+75 000*12% *3/12 = 4 950

d)    80 000/2 = 40 000

Bilan au 30/06

Actif

Passif

Actif immobilisé

Stock

Clients et comptes rattachés

Etat

420 000 (a)

65 000

424 800 (b)

11 946 ©

1 021 746

Capital social

Réserves



Résultat avant impôt

Dettes de financement

Fournisseurs et comptes rattachés

Organismes sociaux

Etat

Trésorerie-passif

300 000

200 000

163 350

60 000(d)

201 600 (e)

3 450 (f)

16 000 (g)

77 346 (h)

1 021 746

a)     460 000 – amortissements 40 000 = 420 000

b)    voir sous budget des encaissements surventes

c)     voir sous budget TVA et IS (83 358+2 acomptes IS /14 294 *2)

d)    90  000  - amortissement de 2 trimestralités de 15 000

e)     voir sous budget des règlements sur achats et autres charges externes

(171 600+ 30 000)

f)   organismes sociaux sur les salires du mois de juin à régler en juillet

19N+1 (15 000* 23%)

g)    TVA à payer : voir sous budget TVA (16000)

h)    Voir budget de trésorerie

B) les budgets flexibles : la prise en compte de l’incertitude

Le budget de trésorerie représente des prévisions d’encaissements et de décaissements prévisionnels  qui conduisent à envisager des solutions destinées à l’équilibre, pour assurer une gestion optimale de la trésorerie (recours aux concours financiers les moins onéreux et plus sûrs ou au contraire placement rentable des excédents ).

Le budget de trésorerie constitue l’aboutissements d’autres budgets (ventes, achats autres charges, ressources et dépenses hors exploitation ,etc..). or, des facteurs aussi bien endogènes (variation de la productivité, etc..). peuvent venir perturber les prévisions établies. Si l’entreprise peut agir sur les premiers, par contre, les seconds échappent à son contrôle.

Aussi,  pour parer à ces aléas, il est possible d’adopter la méthode des budgets flexibles ; elle consiste à établir des budgets variables en fonction de plusieurs hypothèses, en général au nombre de trois : optimiste (niveau fort), moyenne (niveau vraisemblable) ou pessimiste (niveau bas).

Ainsi par exemple, pour un niveau donné considéré comme vraisemblable, on peut construire deux autres budgets : l’un, optimiste, dans lequel les prévisions sont supérieurs de 15% par exemple, et l’autre, pessimiste, dans lequel elles sont inférieures de 15%.

Cette méthode permet d’introduire une certaine souplesse dans les prévisions budgétaires et par conséquent anticipe plusieurs solutions possibles.

D’autres méthodes prennent en comptes l’incertitude en faisant  appel au calcul de probabilité.

Bien que séduisante sur  le plan intellectuel, elle sont difficiles à mettre en pratique.

C) le budget de trésorerie par la méthode des emplois-ressources Nous avons eu l’occasion de vérifier la relation : . = Trésorerie Rappelons que :

F. D.R. = financement permanent – Actif immobilisé

B.F.R = Actif circulant hors trésorerie – passif circulant hors trésorerie Le budget de trésorerie par la méthode des emplois- ressources consiste à établir des situation mensuelles prévisionnelles, à déterminer le fonds de roulement, le besoin en fonds de roulement et, par différence, la trésorerie nette prévisionnelle correspondante. Lorsqu’il existe des éléments hors exploitation, on peut déterminer séparément le F. D.R. et le B.F.R. et la trésorerie d’exploitation.

La sommation de la trésorerie d’exploitation et hors exploitation donnera la trésorerie nette.

Illustrons cette méthode à l’aide d’un exemple, par comparaison avec la méthode des encaissement – décaissement. Pour l’entreprise « ALPHA », nous disposons des renseignements suivantes :

Bilan au 31-12-19N

Actif

Passif

Actif immobilise net

Stock de marchandises

Clients et comptes rattachés

Etat- TVA déductible

Autres débiteurs

Banque

200 000

95 000

105 000

19 200

3 500

27 300

450 000

Capitaux propres

Dettes de financement Fournisseurs et comptes

rattachés

Etat

Organismes sociaux

Autre créanciers

190 000

80 000

120 000

20 500

6 500

33 000

450 000

Encaissements- décaissements relatifs aux éléments du bilan : a) 1/3 en janvier et 1/3 en mars

b)  janvier (5600), février (4600), mars (8800)

c)   Mars (1 000)

d)  Emprunt remboursable par annuités constante le 31/12 de chaque année

e)   janvier (35000) ; février (30 000) ; mars (55 000).

f)    TVA à payer au titre des opérations de décembre 19N (10 500) ; reliquat I.S.

19N : 10 000

g)  janvier (6500)

h)  février (15 000) ; mars (15 000)

Prévision (19N+1) : ventes

Données

Janvier

Février

Mars

H.T T.V.A

200 000

40 000

180 000

36 000

250 000

50 000

Ac

hats

Données

Janvier

Février

Mars

H.T T.V.A

130 000

26 000

160 000

32 000

150 000

30 000

Autres charges externes

Données

Janvier

Février

Mars

H.T T.V.A

8 000

1 600

14 000

2 800

9 000

1 800

•   Février: acquisition d’une machine     H.T. 40 000 T.V.A 8 000

•   Salaires mensuels 20 000 DH ; charges sociales 28%

•   Modalités de paiement

Clients

30% au comptant,

70% 30 jours fin de mois

Fournisseurs

50% au comptant

50% 30 jours fin de mois

Autres charges externes

au comptant

Fournisseurs d’immobilisation 50% à 30 jours fin de mois 

•   les salaires sont payés dans le mois et les charges sociales correspondantes le mois suivant.

•   La marge brut commerciale = 50% Précisions d’ordre fiscal :

•   les amortissements annuel déductibles sont estimés à 36 000

•   le taux de l’I.S est de 35%

•   pour la T.V.A, l’entreprise est soumise au régime des débits et le taux est de 20%

•   L’I.S au titre de l’exercice 19N s’élève à 120 000.

 LA METHODE DES ENCAISSEMENTS - DECAISSEMENTS   : BUDGET 

TRESORERIE MENSUEL

BUDGET DES ENCAISSMENTS SUR LES VENTES

Janvier

Février

Mars

Solde bilans au 31/03/19N +1

Total T.T.C.

72 000

-

-

72 000

168 000

64 800

-

232 800

-

151 200 90 000

241 200

-

-

210 000

210 000

240 000

218 000

300 000

756 000

BUDGET DES DECAISSMENTS SUR LES ACHATS

Janvier

Février

Mars

Solde bilans au 31/03/19N +1

Total T.T.C.

76 000

-

-

78 000

78 000

96 000

-

174 000

-

96 000

90 000

186 000

-

-

90 000

90 000

156 000

192 000

180 000

528 000

BUDGET DES AUTRES CHARGES EXTERNES

Janvier

Février

Mars

Solde bilans au 31/03/19N +1

Total T.T.C.

9 600

-

-

-

16 800

-

-

-

10 800

-

-

-

9 600

16 800

10 800

BUDGET DE LA T.V.A à payer (a)

Données

Janvier

Février

Mars

Bilan au 31/03/19N+1

T.V.A déductible

TVA à payer

TVA collecter

TVA Déductible

Solde au 31/12/19N

Sur achats

Sur charges externes

Sur immobilisation

TVA à payer

40 000

5 600

5 600

10 500

36 000

23 400 4 800

13 000

1 600

4 000

34 400

50 000

44 600 8 800

29 000

2 800

4 000

12 600

47 800(b)

5 400

Pour les modalités, voir chapitre fiscale

TVA déductible, solde du mois + TVA déductible sur opérations du mois – TVA déduite sur déclaration fiscale = solde TVA déductible :

Janvier 19 200 + 25 600 – 5600 = 41 200

Février 41 200 + 42 800 – 23 400 = 60 600

Mars 60 600 + 31 800 – 44 600 = 47 800

Budget de trésorerie

Données

Total

TTC

Janvier

Février

Mars

Bilan du

31/03/19N+ 1

I

ENCAISSEMENTS

Sur ventes

Janvier Février

Mars

Sur éléments du bilan

Clients au 31/12

Autres débiteurs

864 500

240 000

216 000

300 000

105 000

3500

107 000

-

72 000

-

-

35 000

-

267 800

168 000

64 800

-

35 000

-

277 200

-

151 200

90 000

35 000

1 000

-

-

210 000

-

2 500

II

DECAISSEMENTS

Achats

Janvier Février

Mars

Fournisseurs au 31/12

Autres charges externes

Rémunérations dues

Charges sociales

Organismes sociaux au 31/12

Etat TVA à payer

Etat reliquat IS

Autres créanciers au 31/12

Fournisseurs d’immobilisation  

952 400

156 000

192 000

180 000

120 000

37 200

60 000

16 800 6 500

62 900

40 000©

33 000

48 000

159 600

78 000

-

-

35 000 9 600

20 000

-

6 500

10 500

-

-

-

319 800

78 000

96 000

-

30 000

16 800

20 000

5 600

-

34 400

15 000

24 000

369 000

-

96 000

90 000

55 000

10 800

20 000

5 600

-

12 600

40 000

15 000

24 000

-

-

90 000

-

-

-

5 600

-

5 400

-

3 000

-

II

I

SOLDES DE TRESORERIE

-52 000

-52 000

-91 800

SOLDE CUMULE

-25 300

-77 300

-169 100

-169 100

© reliquat IS 31/12.  10000 +1er acompte IS 19N+1 (120000/4) Compte de résultat prévisionnel au 31/03/19N+1

Ventes

Achats revendues (a)

Autres charges externes

Charges de personnel

Amortissements (b)

Résultats avant impôt

630 000

-315 000

-31 000

-76 800

-9 000

198 200

a) PR des ventes = 63000*(100-50)%=315000

Stock final = stock initial + achats – PR des ventes 220000

Variation du stock = 95000 – 220 000 = -125000

Achats ± variation de stock = achats revendus

Achats – 125000 = 315000 achats = 440000 b)    36 000 * 3 mois         -------------------- = 9000

                 12 mois

Bilan prévisionnel au 31/03/19N+1

Actif

Passif

Actif immobilisé

Stock de marchandises

Clients et comptes rattachés

Etat (b)

Autres débiteurs

231000 (a)

220000

210000

77800

2500

741 300

Capitaux propres

Résultat avant impôts

Dettes de financement

Fournisseurs et comptes rattachés

Etat TVA à payer

Organismes sociaux

Autres créanciers

Trésorerie passif 

190 000

198 200

80 000

90 000

5 400

5 600

3 000

169 100

741 300

       

a)   20000 + 40000 – 9000 = 231 000    a nouveau + acquisition – amortissement

b)  TVA déductible (47 800) + 1er acompte sur IS (30 000)

LA METHODE DES EMPLOIS – RESSOURCES

Compte de résultat prévisionnels mensuels

Données

Janvier

Février

Mars

Ventes

Achats revendues (a)

Autres charges externes

Charges de personnel

Amortissements

Résultats avant impôt

200 000

100 000

8 000

25 600 3 000

63 400

180 000

90 000

14 000

25 600 3 000

47 400

250 000

125 000

9 000

52 600 3 000

87 400

Variation de stock

Données

Janvier

Février

Mars

+

-

=

Stock initial

Achat

PR des ventes (ventes*50%)

Stock final

95 000

130 000

-100 000

125 000

125 000

150 000

-90 000

195 000

195 000

150 000

-125 000

220 000

      Budget de trésorerie : méthode des emplois- ressources

Données

Décembre 19N

Janvier

Février

Mars

I

F.D.R

Capitaux permanents (a) Actif immobilisé (b)

70 000

270 000

200 000

136 400

333 400

197 000

146 800

380 800

234 000

237 200

468 200

231 000

II

BFR (AC-PC)

Actif circulant (hors trésorerie)

Stock

Clients et comptes rattachés ©

Etat (d)

Autres débiteurs

Passif circulant (hors trésorerie)

42 700

222 700 95 000

105 000

19 200

3 500

180 000

161 700

407 700

125 000

238 000

41 200

3 500

246 000

224 100

445 300

195 000

186 200

60 600

3 500

221 200

406 300

510 300

220 000

210 000

77 800

2 500

104 000

Fournisseurs et comptes rattachés

Etat (e)

Organismes sociaux

Autres créanciers

Fournisseurs d’immobilisations

120 000

20 500 6 500

33 000

-

163 000

44 400 5 600

33 000

-

151 000

226 000 5 600

180 000

24 000

90 000

5 400

5 600

13 000

-

III

TRESORERIE NETTE ( I -II)

27 300

-25 300

-52 000

-169 100

Variation de trésorerie Variation cumulée

-52 600

-52 600

-52 000

-104 600

-91 800

-196 400

(a)   le résultat avant impôts à été intégré aux capitaux permanents, on       que les acomptes sur IS versés compensent l’IS dû sur ce résultat

(b)  actif immobilisé net de la période précédente + acquisitions – sorties- amortissements

(c)   soldes sur créances de la période précédente + créances sur opérations de la période (voir budget des encaissements)

(d)  TVA déductible + acomptes sur IS

(e)   TVA à payer + éventuellement reliquat de l’exercice 19N

Le budget de trésorerie établi sur la base de la méthode des flux (emploisressources) est une représentation très parlante de la provision financière à court terme, car elle réunit à la fois les éléments de budget de trésorerie prévisionnelle, des comptes de résultats et des bilans prévisionnels.

Il met en relief les différents éléments qui agissent sur la variation du FDR, du BFR et donc de la trésorerie.

Il est également possible d’étudier la variation prévisionnelle de la trésorerie du tableau suivant construit sur la base :

*   du compte de résultat prévisionnel au 31/03/19N+1

*   de la comparaison entre les bilan au 31/12/19N et au 31/03/19N+1

Résultat net

Dotation aux amortissements

Capacité d’autofinancement

Distribution de dividendes

Autofinancement

Remboursement d’emprunt

Investissements

Variation du fonds de roulement

+ 198200

+ 9000

207200

0

207200

0

-40000

167200

ACTIF CIRCULANT (hors trésorerie)

Variation du stock

Variation du compte clients

Variation du compte Etat (actif)

Variation du compte débiteurs divers

PASSIF CIRCULANT (hors trésorerie) 

Variation du compte fournisseurs

Variation du compte Etat (passif)

Variation du compte organismes sociaux

Variation du compte autres créanciers

Variation du besoin en fonds de roulement

+125 000

+105 000

+58 600 -1 000

-(-30000)

-(-15100)

-(-900)

-(-30000)

+363600

III

VARIATION DE LA TRESORERIE   (I – II)

-196 400

Annexe fiscale

Mécanismes de calcul et de paiement de la TVA

Les entreprises dont le CA annuel dépasse 1 000 000 DH sont soumises au régime de la déclaration mensuelle, les autres sont soumises au régime de la déclaration trimestrielle.

Détermination de la TVA à payer

La TVA à payer au titre d’une période = TVA collectée au titre de la période – TVA déductible au titre (de la même période).

La TVA à payer au titre de biens et services est déductibles avec un décalage d’un mois. La TVA sur immobilisations est déductible le mois même au cours duquel le fait générateur de la déductibilité a pris naissance.

*Le fait générateur il existe deux régimes : le régime des débits (la livraison qui coïncide généralement avec la facturation) et le régime des encaissements.

La TVA collectée (surventes)

Pour le régime des débits, le fait générateur de la TVA (date d’exigibilité) est représenté par la facturation. Toutefois les acomptes reçues sont imposables, même en l’absence de livraison ou de facturation.

Pour le régime des encaissements, la date d’exigibilité coïncide avec l’encaissement total ou partiel du montant de la vente (la TVA est due sur l’encaissement effectif).

La TVA déductible

Quel que soit le régime, le fait générateur est représenté par la date de paiement.

* Le calcul de la TVA à payer

TVA à payer au titre du mois N = (TVA collectée sur ventes du mois N) – (TVA déductible sur achats de biens et services du mois N-1) – (TVA déductibles sur achat d’immobilisations du mois N).



* le paiement de la TVA

la TVA due au titre d’une période doit être payée avant la fin du mois suivant cette période.

APPLICATION

Une entreprise est soumise au Régime des débits en matière de TVA ; elle a réalisé les opérations suivantes (taux de TVA 20%) Mois de janvier 19N.

Achats de matières premières réglés par chèque : 50000 ; TVA = 10 000 Achats de services réglés par chèque : 10 000 ; TVA = 2 000 Ces achats sont réglés au cours du mois.

Mois de Février

Ventes HT = 100 000 ; TVA = 20 000

Achats de matires réglés par chèque (comptant) HT = 30 000 ; TVA. 6000

Achat d’une machine réglée en espèces HT = 7 000 ; TVA. 1400

TVA à payer avant le 31/03/19N au titre des opérations de Février 19N :

TVA collectée

20 000

TVA déductible

-10 000

-   2 000

-   1 400

TVA à payer

6 600

Quelques rapport sur l’impôt sur les sociétés et sur les modalités de son paiement . Les entreprises industrielles et commerciales exploitées sous forme sociétaire sont soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) sur leurs bénéfices ; le taux en vigueur est de 35%.

Les sociétés soumises à l’I.S doivent verser au plus tard les 31/03, 30/06, 30/09 et 31/12 de chaque exercice quatre acomptes égaux à 25% chacun de l’IS de l’exercice précèdent. Pour les entreprises dont l’exercice coïncide avec l’année civile, la régularisation de l’IS intervient au moment de la déclaration des résultats (au plus tard le 31/03). Si le Montant de l’IS est supérieur aux quatre acomptes versés, la société doit verser le complément, dans la cas contraire (excédent des acomptes sur l’IS) elle imputera ou les quatre acompte(s) suivant(s) sur cet excédent.

APPLICATION

Soit l’entreprise « X » qui clôture ses comptes le 31/12. pour l’exercice N.

IS N= 130 000

Acomptes versés en N : 25 000*4 (donc IS N-1 = 100 000)

Régularisation IS N : (130 000 – 4 * 25 000) = 30 000 à verser avant le

31/03/19N+1

1er acompte à verser avant le 31/03/19N+1 au titre de l’exercice N+1 : 130 000/4 = 32 500

(versement des 2ème, 3ème et 4ème acomptes avant les 30/06, 30/09 et 31/12, soit 32 500 chacun).

 11.1.3 La trésorerie au jour et la trésorerie «   zéro    »

Dans le budget de trésorerie, les prévisions sont établies en termes de flus de fonds (hebdomadaires, mensuels, trimestriels et annuels). Le financier est confronté quotidiennement à des décisions relatives à l’arbitrage entre les différents moyen de paiement (espèces, virement, effets, etc.) et entre l’affectation des emplois et des ressources aux différents banques qui gèrent les comptes de l’entrepris. de ce fait, l’information dont dispose le financier doit être très détaillée.

L’objectif de la trésorerie au jour le jour est de minimiser le coût des ressources financiers à court (crédits de trésorerie) et d’optimiser éventuellement la rentabilité des disponibilités oisives. Les contraintes que doit subir le financier sont nombreuses : flux de fond aléatoires, variété des conditions bancaires en matière des coûts de financement et de rémunération des dépôts, etc.

Pour atteindre cet objectif, le financier devrait tendre vers une « trésorerie zéro ».

En effet, traditionnellement, certain considèrent qu’une bonne solvabilité doit se traduite par une bonne liquidité réduite, c’est à dire par ce ratio :

Trésorerie

------------------  1

Dettes à court terme

Ce principe n’est pas sain puisqu’il va à l’encontre des exigences de rentabilité : une trésorerie pléthorique signifie u marque à gagner pour l’entreprise, puisque les fonds disponibles pourraient être soit placés à court terme et rapporter des produits financiers, soit investis dans des projets rentables. Par contre, un grand déficit de trésorerie signifie des charges financiers importantes qui grèvent la rentabilité et constitue un danger pour l’autonomie financière de l’entreprise. Une manière d’améliorer le rythme des encaissements et de baisser le coût du recours aux crédits de trésorerie consiste à réduire le fonds de transit.

Les règlements par chèques des clients résidant dans les différentes villes du Royaume entraînent pour l’entreprise deux types de retards :

Le premier est relatif au délai d’acheminement du chèque du client vers l’entreprise qui, s’il est effectué par courrier, peut exiger quelques jours ;

Le second concerne le délai nécessaire à son paiement par la chambre de compensation qui est de plusieurs jours (jusqu’à quinze pour les chèques hors place).

Pour réduire ces délais, l’entreprise peut mandater un représentant pour récupérer les chèques et les faire présenter à la compensation sur place dans les villes éloignées. Les fonds ainsi déposés sur un compte sont disponibles rapidement pour l’entreprise, qui peut par ailleurs en demander le virement à son compte bancaire du siège social.

Par ailleurs, la gestion de trésorerie au jour nécessite d’effectuer des provisions en termes de « jours de valeur » pris en considération par la banque, qui sont différents des dates d’enregistrement des opérations ; ainsi par exemple, un chèque sur place remis à la banque pour compensation le 1/01 aura à la date de valeur du 3/01 (soit J+2).

11. 2 Les différents crédits à court terme

Les crédits à court terme concernent le financement du cycle d’exploitation. On les classe généralement en deux catégories : les crédits de mobilisation des créances et les crédits de trésorerie. Il en existe une multitude, leurs coûts sont variables et souvent élevés. Nous passerons en revus les principaux crédits à court terme.

A) Les crédits de mobilisation

L’entreprise qui vend à crédit à ses clients reçoit en pratique des lettres de change (traites) ou billets à ordre qui matérialisent des créances à échéance.

L’ESCOMPTE COMMERCIAL

Si l’entreprise ressent des besoins de trésorerie, elle peut sous réserve de l’autorisation accordée par la banque, mobiliser auprès de celle-ci les titres de créances à échéance, qu’elle détient sur ses clients : on dit qu’elle escompte les effets.

Par la technique de l’escompte, l’entreprise remet l’effet non échu au banquier et de cette manière lui transfert la créance. En échange, ce dernier met à sa disposition une somme d’argent correspondant au nominal de l’effet, sous déduction de frais et d’un intérêt calculé sur la durée allant jusqu’à l’échéance. Cette somme correspond en quelque sorte à la valeur actuelle de la créance. Le crédit d’escompte accordé à l’entreprise est généralement assorti d’un plafond représentant le montant total des effets que l’entreprise peut escompter. Pour le banquier, ce type de crédit est relativement peu risqué : l’effet correspondant à une opération commerciale dont le dénouement à l’échéance (règlement par le tiré : le client)permettra de rembourser l’avance d’argent accordée par le banquier. De plus, le droit cambiaire protége le bénéficiaire de l’effet. Pour l’entreprise, c’est une technique de crédit relativement souple. L’obtention du crédit d’escompte peut être facile lorsque la réputation et la solvabilité des « tirés » sont établies.

Les entreprise qui ont la possibilité d’obtenir de leur client le règlement au comptant, moyennant un escompte de règlement (de x%) doivent comparer le coût de ce dernier avec l’escompte des effets de commerce auprès du banquier.

Application

Supposant que les clients d’une entreprise peuvent régler les factures par effets 75 jours ou au comptant, sous déduction d’un escompte de règlement de 2% et que le taux d’intérêt applicable à l’escompte commerciale est de 11.5% Pour un effet d’un montant de 100 000 DH quelle est la solution la plus avantageuse ?

Escompte de règlement : 100 00 *2% = 2 000 ; Net= 98 000

L’entreprise renonce à 2 000 pour disposer d’une somme de 98 000 pendant 75 jours ; taux d’intérêt correspondant :

2 000           360j

            X                = 9.80%

98 000          75j

comparé au taux de 11.5% appliqué parla banque, l’entreprise n’aurait donc pas intérêt à préférer le règlement par effet escomptables

LE FINANCEMENT DES OPERATIONS D’EXPLOITATION

Les entreprises exportatrices ont des besoins spécifiques de financement de leurs opérations avec l’étranger :

•   Prospection des marchés

•   Opérations de fabrication des biens destinés à l’exportation : approvisionnement en matières premières, frais de fabrication, stockage, exportation, et cet souvent, délais de règlement plus ou moins longs des clients.

Les besoins de financement engendrés par les opérations physique de production et d’exportation peuvent faire l’objet d’un découvert ou d’une avance sur marchandises.

LES BILLETS DE TRESORERIE

C’est un moyen relativement souple et simple de financement partiel d’un besoin en fonds de roulement. Pour les besoins à court terme, l’entreprise par l’intermédiaire d’une banque peut effectuer des prêts auprès de particuliers ou d’autres entreprises qui possèdent des excédents de liquidités.

Ce sont les entreprises emprunteuse qui émettent les billets de trésorerie par l’intermédiaire d’une banque, qui s’engage à honorer le billet à l’échéance (au moins 80%)au cas où l’entreprise émettrice serait défaillante.

L’AFFACTURAGE OU FACTORING

Cette technique met en présence l’entreprise et le factor. Celui-ci achète à l’entreprise ses créances commerciales pour leur montant sous déduction d’une commission qui représente la rémunération des ses services.

Le factor se substitue à l’entreprise pour le gestion des comptes « clients ». Comme l’entreprise se décharge du risque d’insolvabilité, il est normal que cette forme de crédit soit plus coûteuse que les solutions traditionnelles.

B) Les crédits de trésorerie

Les crédits de trésorerie ou crédits à court terme sont bien adaptés pour le financement des besoins d’exploitation ponctuel et occasionnels.

L’entreprise ne supporte les intérêts que pendant les courtes durées d’utilisation des crédits à court terme. Tandis que le déblocage d’un crédit moyen en long terme ferait supporter à l’entreprise des intérêts, quand bien même elle n’utiliserait pas effectivement ces crédits.

Les principales formes de crédits de trésorerie sont la facilité de caisse et le découvert.

LA FACILITE DE CAISSE

La facilité de caisse est un crédit à très court terme destinée à combler les décalages très brefs entre encaissement et décaissement : il s’agira par exemple de facilités accordées enfin de mois pour payer les salaires. Dans tous les cas, l’utilisation de ces crédits doit être de courte durée(quelque jours).

L’entreprise comme le banquier doivent veiller à ce que la facilité de caisse ne se transforme pas en crédit de trésorerie permanent et qu’elle soit appelée à financer un déficit structurel de trésorerie.

LE DECOUVERT OU AVANCE EN COMPTE COURANT

Le découvert a pour fonction principale d’assurer les besoins de trésorerie à court terme : c’est par exemple le cas d’une entreprise qui souhaite profiter d’une bonne opportunité pour acheter des stocks. Ce brusque besoin de trésorerie sera compensé assez rapidement par des rentrées de fonds plus importantes ou par l’absence ou la réduction des sorties de fonds habituelles pendant la période suivante.

En pratique, une entreprise qui bénéficie d’un découvert est autorisé à prélever sur son compte des sommes au-delà des valeurs qu’elles y a déposées.

LE CREDIT – RELAIS OU CREDIT DE SOUDURE

Lorsqu’une entreprise attend des recettes importantes (cession d’un élément de l’actif augmentation de capital, emprunt, etc) elle peut solliciter auprès de sa banque un crédit-relais qui lui permet de fiancer ses besoins (investissement, etc..) en attendant ces rentrées.

LE FINANCEMENT DES VALEURS D’EXPLOITATION (STOCK)

Les entreprises peuvent également financer leur stock en sollicitant des crédits bancaires à court terme. En garantie, les banques peuvent exiger un nantissement sur les stocks avec ou sans dépossession. Ces crédits de trésorerie prennent des formes multiples :

• Les crédits de campagne

Ils sont destinés à assurer le financement des besoins des entreprises dont l’activité est saisonnière (exemple : approvisionnement en produits agricoles des conserveries pendant les courtes périodes de récolte).

• Les avances sur marchandises

Elle correspondant à des avances de trésorerie destinées au financement partiel des stock importants constitués par les entreprises.

Les stocks peuvent être nantis au profit du banquier. Ils sont déposés soit dans un établissement spécialisé (magasins généraux par exemple), soit dans les locaux même de l’entreprise.

• Les avances sur warrants

Les stocks financés par la banque peuvent également être déposés dans les magasins généraux, établissement réglementés par dahir. Ces établissements sont responsables des marchandises déposées et reçoivent une rémunération de leurs services de garde.

Il est remis au déposant un récépissé à ordre qui confère le droit de propriété et un warrant à ordre qui autorise le nantissement des marchandises entreposées. Ces deux documents sont susceptibles d’être endossées.

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en particulier, au moment de l’obtention de l’avance sur marchandises, le propriétaire endosse au profit du banquier le warrant à titre de marchandises (gage).

Il existe plusieurs formes d’avances sur marchandises adaptées à différents secteurs d’activités (céréalistes, conserveurs, etc…)

LE CREDIT DOCUMENTAIRE

Le développement des échanges internationaux, l’éloignement des opérateurs économiques (importateurs, exportateurs) imposent à ceux-ci l’observation de règles de prudence destinées à assurer la bonne fin des opérations commerciales.

L’expéditeur doit produire des documents relatifs à la marchandise exportée :

•   La facture commerciale en plusieurs exemplaires.

•   Les pièces relatives à l’expédition (essentiellement le connaissement, la lettre de voiture ou lettre de transport aérien, etc…)

•   Les documents attestant les caractéristiques des marchandises exportées (certificat d’origine, note de poids et de colisage, etc).

Pour définir le crédit documentaire, on peut adopter les termes retenus par la chambre de commerce internationale (C.C.I) :

•   Les crédits documentaires qualifient tout arrangement, quelle qu’en soit la dénomination ou la description, en vertu duquel une banque (émettrice) agissant à la demande et sur instructions d’un client (donneur d’ordre) .

•   Est tenue d’effectuer un paiement à un tiers (bénéficiaire) ou à son ordre, ou de payer ou accepter des effet de commerce (traites) tirés par le bénéficiaire.

Ou

•   D’autoriser une autre banque à effectuer ledit paiement ou à payer, accepter ou négocier les effets de commerce contre remise de documents stipulés, pour autant que les conditions du crédit soient respectées.

Le crédit documentaire garantit à l’importateur, que les documents relatifs à l’expédition sont bien arrivés et sont conformes aux conditions qu’il a fixées à l’exportateur que le prix convenu sera réglé.

Cela étant, l’importateur n’est pas pour autant sur que la marchandise est tout à fait conforme à ce qu’il commandé.

La banque de l’importateur qui s’est engagé à payer le fournisseurs peut soit bloquer le montant correspondant à la facture dan le compte du client, soit lui accorder un crédit total ou partiel (en ne provisionnant pas le montant du crédit documentaire ou en provisionnant une partie seulement)

C) Les cautions ou crédits par signature

La délivrance d’une caution bancaire ne se traduit pas par une avance de fond, la banque se contente de prêter sa signature. C’est essentiellement la cas des cautions administratives exigées à l’occasion de la passation et de l’exécution des marchés publics, et des cautions en douane exigées lors de l’importation temporaire de biens en suspension des droits de douane.

LES CAUTIONS ADMINISTRATIVES

Elles sont au nombre de trois :

•   La caution provisoire

Elle est exigés de tout soumissionnaire à un marché public ; elle est destinée à garantir son engagement moral d’exécuter le marché au cas où il serait déclaré adjudicataire.

•   La caution définitive

En cas d’adjudication du marché, la caution définitive remplace la caution provisoire, elle est destinée à garantir la bonne fin des travaux attestée par la réception définitive donnée par l’administration, le montant de cette caution est généralement égal à 33% du marché.

•   La caution pour retenue de garantie

Elle est destinée à garantir la bonne exécution des travaux et à prémunir l’administration contre des vices ou des défauts éventuels.

LES CAUTIONS EN DOUANE

Ce sont des cautions délivrées par la banque pour le compte de l’entreprise importatrice ou exportatrice au profit de l’administration des douanes et destinées, soit à différer le paiement des droits et taxes douaniers, soit à suspendre leur sort à la réalisation d’une condition suspensive (mise à la consommation, réexportation des biens importés à titre temporaire, etc..)

Certaines cautions concernant les opérations d’importation, d’autres les opérations d’exportation, certaines ont pour résultat de différer le paiement des droits, d’autres d’éviter la paiement des droits ; les principales sont les suivantes :

• Les cautions qui différent le paiement des droits - Le crédit d’enlèvement pour faciliter le trafic des marchandises dans les ports, l’administration des douanes peut délivrer le « bon à enlever » après vérification des biens importés, mais avant la liquidation des droits.

Le bénéfice de ce régime est soumis à une demande accompagnée d’une caution bancaire garantissant le paiement des droits et taxes dans un délai de 15 à 30 jours maximum après la date d’enlèvement des marchandises.

-   L’obligation cautionnée

Le paiement des droits et taxes par obligation cautionnée à l’entreprise de différer leur paiement de 30,60 ou 120jours avec une majoration à un taux fixé par décret du ministère des finances.

L’obligation cautionnée se matérialise par u billet à ordre, souscrit par l’importateur et avalisé par la banque. - l’acquit à caution ou caution de transit des marchandises qui entrent par exemple sur le territoire national à Tanger, alors que le bureau de dédouanement prévu est Casablanca, peuvent circuler entre les deux villes « sous douane » à condition de respecter des règles strictes fixées par l’administration.

Cette possibilité est soumise à la production par l’importateur d’une caution de transit ou acquit à caution.

-   Les cautions à l’entrepôt (entrepôt de stockage)

Ce régime permet à l’entreprise d’importer et de stocker en suspension des droits et taxes douaniers, et pour une durée déterminer, des marchandises non destinées à être mises à la consommation immédiatement.

L’entrepôt peut être public ou privé autorisé par l’administration des douanes.

• Les cautions qui permettent les deux régimes suivants :

-   L’admission temporaire

ce régime autorise les entreprises exportatrices à importer, en suspension des droits de douane, des matières ou marchandises destinées à être transformées ou à recevoir un complément de transformation avant d’être réexportées.

Le montant des droits et taxes fait l’objet de la délivrance d’une caution bancaire, dont la mainlevée n’est donnée par l’administration des douanes qu’après réexportation des marchandises en question. - L’importation temporaire

Ce régime s’applique aux biens importés au Maroc et devant y séjourner pendant un certain temps, sans subir aucune transformation, avant d’être réexportés.

A titre d’exemple, il concerne : des biens (matériels, articles) destiné aux foires, exposition et congrès, des emballages destinés à recevoir des produits à exporter, des véhicules assurant le trafic routier international, etc.

LE SORT DES CAUTION

Lorsque les conditions fixées par l’administration sont remplis, l’entreprise obtient la mainlevée des cautions. Dans le cas contraire, l’entreprise et la caution (banque) seront tenues de payer, selon les situations, les droits et taxes objets de la caution, ainsi que des pénalités et majoration de retard souvent importantes.

Outre les cautions signalées, il est existe d’autres moins utilisées.

11.3 Les conditions bancaires et leur négociation avec l’ouverture de l’économie nationale et la libéralisation progressive des échanges, les autorités monétaires ont progressivement laissé une part d’initiative au marché dans la fixation des taux d’intérêt.

Les banques font supporter aux entreprises, en plus du taux nominal, des frais et des commissions divers et appliquent aux opérations bancaires des dates de valeur différentes des dates réelles. De ce fait, le taux nominal du crédit traduit rarement le taux réel supporté par l’entreprise.

11.3.1 Les taux, les commissions, les frais et les dates de valeur le taux d’intérêt pour les crédits de trésorerie usuels (découvert, facilité de caisse) est situé au niveau de 11.5% à ce taux est généralement ajouté une commission de découvert comme l’illustre l’exemple ci-après :

Taux                                        11.5%

Commission de découvert        0.5%

11.0%

selon les cas, d’autre frais peuvent venir s’ajouter aux intérêt ainsi calculés. En réalité, nous verrons plus loin que les taux réel supporté par l’entreprise est différent du taux nominal en raison du jeu des jours de valeur.

Selon leur taille et l’importance des mouvements de leurs comptes bancaires, les entreprises peuvent négocier en baisse les taux d’intérêt appliqués par la banque et/ou un aménagement des dates de valeur.

Les dates de valeur appliquées aux opérations bancaires (versement d’espèces, retraits par chèque, etc) sont différentes des dates d’enregistrement comptable de ces opérations.

Ainsi par exemple, des espèces versées le jour « J » (date de l’opération) auront la date de valeur « J+1 »(soit lendemain ».

Nature de l’opération

Date de valeur

Observation

Versement espèces Retrait d’espèce

J+1

J-1

Jours ouvrables

Jours ouvrables

Versement de cheque

Sur caisse

Sur place

Hors place (HP)

  Déplace bancable (A)

  Déplace place non bancable

Etranger

J 1+2

J+12

J+15

J+20

Jour de l’opération Jours ouvrables

Jours calendaires

Jours calendaires

Jours calendaires

Remise de cheque HP a l’escompte

Place bancable

Place non bancable

J+10

J+12

Jours calendaires

Jours calendaires

Virement bancaire

Sur place

Hors place

J

J

J+1

Jour de l’opération

Pour le compte débité

Pour le compte crédité

Retrait en espèces (chèque ou virements)

J-1

Jours ouvrables

Remise d’effets a l’encaissement

Sur place

Hors place

  Place bancable

  Place non bancable

J+5

J+12

J+15

Jours calendaires

Jours calendaires

Jours calendaires

a) Existence d’une chambre de compensation source : BANK AL MAGHRIB. Décision réglementaire n°16

11.3.2 Le coût réel des crédits le coût de crédit résulte de la conjugaison de l’application du taux d’intérêt nominal et du décompte des jours de valeur.

Le découvert bancaire

Pour comprendre le mécanisme des jours de valeurs, nous en donnons ci-après un exemple :



LE CALCUL DES AGIOS

Mouvement du compte bancaire de l’entreprise « X »

Date de valeur

Débit

Crédi t

Solde

Jours

Nombres

Jours

Mois

An

Débiteur

Créditeur

Débiteurs

Créditeurs

31

08

06

15

18

01

02

03

03

03

N

N

N

N

N

400

150

200

300

400

100

250

50

300

150

8

26

9

3

13

2600

2250

650

2400

450

31

03

N

5500

3750

Cette date diffère de la date de l’enregistrement symétrique dans la comptabilité de l’entreprise.

Les intérêts, auxquels seront ajoutées les commissions s’élèvent à :

Nombre débiteurs* Taux d’intérêt

5500* 11.5%

---------------   = 1.7 569 DH

360 jours

LE CALCUL DU COUT REEL DU DECOUVERT

Dans l’exemple précédent, le calcul des agios a été effectué en appliquant le taux nominal et en se basant sur les jours de valeurs. En réalité, en plus de sa rémunération normale (taux + commission), le banquier réalise un profit sur la différence de temps qui s’écoule entre la date de l’opération (J) et la date de valeur (J+1).

Supposons que la banque accorde à l’entreprise X un découvert le 1er Janvier au taux de 11.5% pour combler le découvert, l’entreprise verse des chèques sur place le 20 Janvier ; la banque calculera les intérêts sur 22 jours alors que compte tenu du versement, l’entreprise n’aura bénéficié du découvert que pendant 20 jours. Le taux réel sera donc non pas 11.5% mais :

        22 jours

11.5% X  ------------ = 12.65%

                  20 jours

si on prend le cas d’une entreprise, dont le C.A qui s’élève à 250 000 00 DH est matérialisé par des chèques hors place (J+12) et dont le taux de découvert est de 14%, le surcoût dû aux jours de valeurs s’établit à :

250 000 00 * 0.14 * 12/360 J = 1 166 667 DH ; ce qui n’est pas négligeable.

B) le coût réel de l’escompte

La date de valeur pour l’escompte coïncide avec le jour de l’opération.

Prenons l’exemple d’un entreprise qui détient un effet de 200 000 DH à l’échéance du 31 Mars ; le 1er Février, l’entreprise fait escompter l’effet par son banquier qui crédite le compte bancaire le jour même. Si l’entreprise avait remis l’effet a l’encaissement, la date de valeur aurait été le 05 Avril (J+5).

Dans le 1er cas, la durée du crédit d’escompte est de 59 jours ; dans le 2nd cas (encaissement) la durée d’immobilisation de la créance est de 64 jours (59 + 5).

Si le taux nominal est de 11.5% le taux réel de l’escompte ressortira à 11.5% * 59/64 = 10.60% est sera donc avantageux par rapport au taux nominal.

AUTO- EVALUATION

1.   quelle est l’importance de la trésorerie dans la vie de l’entreprise ?

2.   quel est le moyen de prévoir et d’anticiper les problèmes de trésorerie ?

3.   que est ce qu’un budget flexible ?

4.   quel sont les éléments qui expliquent la différence le taux nominal est le taux réel des crédits de trésorerie ?

5.   quel est l’impact des jours de valeur sur le coût des crédits de trésorerie ?

CAS

1*

Une entreprise réalise un C.A annuelle HT de 6 000 000 DH le taux de TVA est de 20%, 10% des clients paient au comptant ; les 90% restent règlent par effet à 90 jours de date à date. Quel est le montant de crédit d’escompte auquel l’entreprise peut faire appel ?

Corrigé

C.A HT = 6 000 000 DH, TVA 20%, CA TTC = 7 200 000 DH

Montant moyen des créances sur les clients 7 200 000 * 90/100 * 90j/360j = 1 620 000 DH

montant maximum susceptible d’une mobilisation auprès de la banque : 1 620 000 DH

2*

Une entreprise à un découvert bancaire du 1er Janvier au 18 Janvier, date à la quelle elle verse pour le combler des chèques sur place remis par ses clients : le taux appliqué par la banque est de 12%. Quel est le taux réel supporter par l’entreprise ?

Corrigé

Pour le versement des chèques, la date de la valeur est égale à J+2 ; l’entreprise est censée être en découvert pendant 18 jours (du 01/01 au 18/01), plus 2 jours (d »calage de la date de valeur pour la remise des chèques) ; soit au total 20 jours de découvert.

Par conséquent, le taux réel du découvert est de :

Taux réel = 12% * 20/18 = 13.33%

Une entreprise remet à l’escompte les deux effets suivants le 28 Mars 19N :

* effet de 166 440 DH : échéance 5 Mai 19N * effet de 250 000 DH : échéance 25 Mai 19N taux de l’escompte 11.5%, TVA 7%, frais de manipulation 1 DH par effet. Calculer les intérêts précomptes par la banque.

Corrigé

Effet de 166 440 DH : durée de 39 jours (28/03 au 05/05)

Intérêt 166 440 * 11.5% * 39/360 = 2 073.56 DH

Frais de manipulation : 1 DH

Effet de 250 000 DH : durée 59j (28/03 au 25/05)

Intérêt 250 000 * 11.5% * 59/360 = 4 711.80

Frais de manipulation 1 DH

Agios ( 2 073.56 + 4 711.80)

6 785.36 DH

Frais de manipulation

2.00 DH

Frais de manipulation

6 787.36 DH

HT

475.12 DH

TVA 7%

7 262.48 DH

4* pour établir le budget de trésorerie des six premiers mois de l’exercice 19N+1, le responsable financier de la SA „MALTA“ dispose des documents est renseignements suivants:

Bilan au 31/12/19N

Actif

Montant net

Passif

Montant

Immobilisations corporelles

Immobilisations financières

Stocks de marchandises

Clients et comptes rattachés

Etat (TVA déductibles)

Autres débiteurs

Comptes de régularisation de l’actif Banque 

250 000

7 500

487 500

169 750(a)

36 750(b)

25 000©

8 500

15 000

1 000 000

Capital social

Réserve légal

Autres réserves

Dettes de financement

Fournisseurs et comptes rattachés

Etat

Autres créanciers

Comptes de régularisation du passif

308 000

15 000

122 000

210 000

232 500

39 000(e)

26 750 (f) 46 750

1 000 000

(a)  : 30% seront payés Janvier 19N+1 , 30% en février et 40% en Mars

(b)  : correspond aux achats et frais de Décembre 19N, déductible par parts égales Février, Mars et Avril

(c)  : 20 000 seront payés en Février et le reste en Mars

(d)  : seront réglés en Janvier (1/3), Février (1/3), Mars (1/3)

(e)  : TVA à régler fin Janvier 17 000 reliquat de l’impôt sur les sociétés a payer le 31/03/19N+1 : 22 000 le montant de l’IS au titre de l’exercice 19N s’est élevé à 82 000.

(f)   : seront régler ainsi : 8 000 en janvier, 10 000 en Mars et le reste en Juillet 19N+1.

L’entreprise est soumise au régime des débits en matière de TVA ; le taux de l’impôt sur les sociétés est de 35% Les provisions établies sont les suivants :

Ventes HT (TVA 20%)

Données

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

HT TVA

120000

24000

140000

28000

155000.

31000

170000

34000

110000

22000

180000

36000

Achats

Données

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

HT TVA

60000

12000

75000

15000

82000

16400

80000

16000

90000

18000

62000

12400

Modalités :

*        de règlement des clients : 30% au comptant, 10% à 30j et 60% 90j (fin de mois)

*        de paiement des fournisseurs : 50% à 60j et 50j à 90j (fin de mois) les frais de personnel sont estimés à 35 000 DH/ mois et sont réglés à la fin du mois.

Les charges sociales correspondantes représentes 28% des salires et sont réglés le mois suivant

L’amortissement annuelle des immobilisations est estimés à 54000 DH. Les autres charges externes sont évalués à :

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

17 850

16 660

21 420

23 800

26 180

15 470

Elle sont payées au comptant

Un associé fera en Janvier un apport en compte courant de 50 000. L’acquisition d’une machine est prévue pour Avril ; elle sera payée en Mai ; pris HT= 40 000 ; TVA= 8 000

La marge sur coût d’achat représente 40% des ventes.

Il vous est demandé d’établir le budget de trésorerie mensuelle pour les six premiers mois de 19N+1. établir le compte de résultat et le bilan prévisionnel au 31/06/19N+1.

Corrigé

Encaissement prévisionnel sur les ventes

   Mois

Montant

TTC

Encaissement

Créance du bilan

Total

Comptant 30%

A 30j 10%

A 90j 60%

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin 

144 000

168 000

186 000

204 000

132 000

216 000

43 200

50 400

55 800

61 200

39 600

64 800

-

14 400

16 800

18 600

20 400

13 200

-

-

-

86 400

100 800

111 600

50 925

50 925

67900

94 125

115 725

140 500

166 200

160 800

189 600

Avril

Mai

Juin

Reliquat au 30-06-19N+1

122 400 79 200

151 200

352 800

Décaissement prévisionnelle sur les achats

Mois

Montant

TTC

Encaissement

Créance du bilan

Total

Comptant 30%

A 30j 10%

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin 

72 000

90 000

98 400

95 000

108 000

74 400

-

-

36 000

45 000

49 200

48 000

-

-

-

36 000

45 000

49 200

77 500

77 500

77 500

-

-

-

77 500

77 500

113 500

81 000

94 200

97 200

Re

liquat au 30-06-19N+1

45 000

108 000 74 400

230 400

Décaissement relatif à l’impôt sur les sociétés

Données

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Régularisation  IS- 19N

1er acomptes IS. 19N+1

2èmeacomptes IS. 19N+1

22000(a)

20500(b)

42500

20500(b)

20500

(a)  : reliquat de l’IS 19N figurant au passif

(b)  : 25 de l’IS de 19N

Décaissement relatif à la TVA

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Reliquat TVA

déductible

A payer

TVA collectée

TVA déductible

Figurant a l’actif

Sur achats

Sur immobilisations

TVA à payer 

28 000

17 000 ©

28 000

12 250 (a)

24 000 (d)

31 000

12 250 (a)

15 750 (d)

34 000

12 250 (a) 6 000(b)

18 750(d)

12  000

13  500(b)

8000

15 750(d)

36 000

15 700(b)

500 (d)

54 600(e)

20 300 (f)

(a)  figurant à actif (TVA)

(b)  TVA sur achats décaissés (36000 * 0.16667 = 6000) ; 81000 * 0.16667 =

13500 ; 94200 * 0.16667 = 15700

(c)  A payer au titre de décembre 19N

(d)  A payer au titre des opérations du mois précèdent

(e)  TVA bilan (36750) + TVA sur achats de biens services et immobilisations (97800) – TVA déduite sur déclaration de Janvier à Juin (79950) = 54600

(f)   A payer avant le 31/07/19N+1 au titre des opérations du mois de Juin.


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