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Le marché des eurodevises pdf cours et exemples

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Le marché des eurodevises pdf cours et exemples

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LE MARCHE DES EURODEVISES NOUVEAUX ASPECTS

Lorsque nous tentons de cerner la nature de ce phénomène nouveau qu'est le marché des eurodevises, nous nous heurtons à diverses difficultés. Nous ne pouvons que donner des précisions sur les conditions de son apparition, ou sur l'originalité de son fonctionnement, mais il nous est impossible d'en donner une vision simple et totale. Si nous cherchons à décrire les réseaux de relations qui ont été créés par le développement de ces marchés, nous pouvons en isoler quelquesuns qui, à l'heure de l'étude, nous sont apparus particulièrement représentatifs, mais il nous est impossible de les apercevoi

r tous. Enfin, si nous cherchons à voir quelles sont les influences qui ont été exercées par ces mouvements de capitaux, nous éprouvons de sérieuses difficultés à les analyser. Il est relativement aisé de s'apercevoir que les eurodevises vont modifier le fonctionnement habituel des mécanismes économiques internes et externes, mais si nous cherchons à préciser quelque peu cette idée évidente, les obstacles s'amoncellent. Les effets exercés par les eurodevises sur les structures nationales des taux d'intérêt sont assez nets mais d'autres facteurs jouent. Depuis que les eurodevises circulent plus ou moins librement dans le monde, il n'est pas très osé de prétendre que ces mouvements internationaux de capitaux à court terme ont modifié le fonctionnement normal des marchés des changes. Si les eurodevises ont modifié l'orientation des flux de dollars dans le monde, ce fait nouveau n'est pas suffisant pour nous permettre de conclure qu'il a, du même coup, modifié les conditions d'équilibre de la balance américaine des paiements. Enfin, si les eurodevises ont modifié les conditions de fonctionnement et d'utilisation des instruments de la politique monétaire, il faut reconnaître que les influences qu'elles exercent sont diverses et parfois opposées.

Ainsi la prudence s'impose lorsque l'on aborde l'étude de ces nouveaux marchés et les quelques conclusions que nous nous permettrons de formuler ne doivent pas nous faire oublier qu'elles sont le résultat de l'étude d'une période déterminée seulement. Néanmoins, il est possible de s'approcher des problèmes qui se posent sur ce marché et, avec les rebondissements que connaît actuellement le marché monétaire international, de donner une première vision rapide de son évolution au cours de l'année 1967.

LE MARCHE DES EURODEVISES

EN 1967 Pendant l'année 1967, le marché monétaire international a connu des périodes de troubles qui ont provoqué des contractions brutales sur le marché des eurodevises. Ces brusques prélèvements sur les montants de devises qui transitent habituellement sur les places financières européennes firent craindre un moment qu'elles ne provoquent des difficultés d'approvisionnement et n'entraînent des défauts de paiement. Pour éviter de telles conséquences qui auraient été dommageables pour le pays, certaines Banques centrales sont intervenues pour fournir des devises au moment où apparaissait le manque de liquidités et en retirer lorsque le marché était suffisamment approvisionné. Cette action compensatrice volontaire a contribué à éviter des excès dans la hausse comme dans la baisse des taux d'intérêt à certaines époques de l'année ]. Dès la fin de l'année 1966, époque à laquelle les taux sur les eurodevises montent assez brutalement, la Banque nationale suisse est intervenue et a fourni 470 millions de dollars soit directement, soit par l'intermédiaire de la B.R.I. Cette dernière a conclu un swap avec les autorités monétaires américaines de 200 millions de dollars qu'elle a utilisés pour régulariser ce marché.

Le début de l'année 1967 est marqué par un retour à l'équilibre et une diminution relativement rapide des taux (les taux sur eurodollars à trois mois à Paris passent de 6,6 % en décembre 1966 à 5,7 % le 20 janvier 1967). Pendant tout le premier trimestre 1967, le marché a été équilibré sans que des différences importantes de taux puissent être enregistrées. Les taux se sont régulièrement détendus pour atteindre un minimum de 4,65 % à la fin du mois d'avril. Certains emprunteurs ont pu profiter de ces conditions avantageuses pour utiliser des devises étrangères à des fins internes. Les banques hollandaises ont rapatrié des fonds pour améliorer leur position en devise nationale en achetant des dollars au comptant avec promesse de revente à terme. De même, en Italie, la balance des paiements ayant fait apparaître un déficit de 220 millions de dollars pour le premier semestre de 1967, la Banque centrale ne finança pas ce déficit en prélevant sur ses réserves, mais ce furent les banques italiennes qui rétablirent l'équilibre en diminuant leurs engagements sur les marchés internationaux à court terme. Les banques allemandes, compte tenu de leurs réserves en devises et des conditions peu avantageuses du marché monétaire intérieur, ont replacé des devises à l'extérieur, ce qui a favorisé une détente des taux sur les eurodollars à Londres et les eurosterlings à Paris. Cette situation profita à la livre qui fut stable pendant toute cette période. A partir du mois de mai, les événements extérieurs se sont précipités qui, tous, ont tendu à provoquer des contractions assez brutales sur le marché des eurodevises.

L'annonce d'une augmentation du déficit extérieur britannique (36 millions de dollars en mars, 115 millions de dollars en avril), le nouveau rejet de la candidature britannique pour entrer dans le Marché commun et le développement des opérations militaires au Vietnam ont provoqué une élévation rapide des taux sur l'eurodollar (5,6 % en juin 1967). Cette hausse peut s'expliquer par une demande exceptionnelle de devises. De nombreux banquiers, craignant qu'une crise monétaire et même économique ne se déclenche, ont voulu obtenir des liquidités dont ils savaient n'avoir l'utilisation que dans un terme plus ou moins éloigné. Des spéculateurs, pour attaquer la livre sterling, ont emprunté des fonds sur le marché des eurodevises et les ont utilisés pour vendre des sterlings. Enfin, le mois de juin est l'époque où se déroulent les opérations de « window dressing » de milieu d'année. Toutes ces ponctions d'eurodevises amenèrent les autorités monétaires américaines à intervenir pour éviter que la situation ne se dégrade. Les Etats-Unis achetèrent au comptant à la Banque d'Angleterre des livres sterling contre des dollars avec revente à terme. Le même mois, la B.R.I, utilisa un accord de swap qu'elle avait conclu avec le Federal Reserve et plaça ces dollars sur le marché de l'eurodollar. Ces différentes interventions permirent de maintenir les taux sur les dépôts à trois mois à environ 5 3/4 % , 5 1/4 % pendant le mois de juin. Les jours suivants, la spéculation sur la livre sterling s'était ralentie, et les opérations de « window dressing » étant débouclées, le marché redevint plus liquide et la B.R.I, put retirer les dollars qu'elle y avait placés. Pendant l'été, malgré l'apparition d'un léger surplus dans la balance britannique des paiements, les doutes sur l'avenir de la livre sterling se confirmèrent. Certains pays arabes commençaient à utiliser leurs livres sterling pour les placer en partie sur le marché de l'eurodollar et la place de Londres enregistra des sorties nettes de fonds. Profitant de l'accalmie des taux, les filiales londoniennes et parisiennes des banques américaines empruntèrent des dollars pour les placer auprès de leur siège social. Le marché de l'eurodollar était bien approvisionné du fait d'apports supplémentaires (les banques suisses par exemple, au mois d'août).

La tension sur le marché réapparut dès la fin du mois de septembre où les taux sur l'eurodollar à trois mois passèrent en quelques jours de 5,3 % à 5,8 %. Trois causes peuvent être isolées :

— les taux à court terme avaient commencé à s'élever (le taux des treasury bills est passé de 3,48 % en juin 1967 à 4,45 % en septembre 1967);

— les banques du continent européen redoutant que des difficultés d'approvisionnement n'apparaissent dans les derniers mois de l'année, commencèrent à demander des devises dès la fin du mois de septembre pour s'assurer une fin d'année normale 2 ;

augmentation des taux d'intérêt du fait d'un afflux brutal de demandes de devises alors que l'offre est provisoirement réduite.

Taux sur eurodollars à trois mois à Londres

1958 oct. : 2,86 1959 oct. : 4,38 1960 oct. : 3,75 1961 oct. : 3,46

nov. : 3,00 nov. : 4,38 nov. : 3,84 nov. : 3,59

déc. : 3,25 déc. : 4,63 déc. : 4,12 déc. : 3,97

1959 janv. : 3,13 1960 janv. : 4,64 1961 janv. : 3,81 1962 janv. : 3,57

fév. : 3,13 fév. : 4,44 fév. : 3,72 fév. : 3,52

Pour éviter d'avoir à surpayer des fonds à court terme à ce moment de l'année, les banques ont commencé à emprunter en novembre, puis en octobre les capitaux dont elles ont l'utilisation en décembre. Cette réaction normale a provoqué une élévation des taux sur eurodevises deux ou trois mois avant l'échéance de décembre et une légère baisse des taux en décembre.

1966 1966

août : 6,84 nov. : 7,13

sept. : 7,06 déc. : 6,56

oct. : 7,06

En 1967, le phénomène a été un peu camouflé du fait de la perturbation qui a suivi la dévaluation de la livre. Néanmoins, si nous nous reportons au graphique 1, nous constatons une diminution des taux sur les eurodollars à trois mois à Paris qui s'est accentuée dans les derniers jours du mois de décembre.

— les milieux financiers à l'annonce de la grève des dockers des ports de Liverpool, puis de Londres, estimèrent que la balance commerciale de la Grande-Bretagne en souffrirait et commencèrent à vendre des livres sterling au comptant et à terme.

Pour combattre cette spéculation qui s'alimentait, en partie, sur le marché de l'eurodollar, la Banque d'Angleterre décida d'augmenter son taux d'escompte de 1/2 point (5 1/2 % à 6 %) le 19 octobre et demanda à la B.R.I, d'intervenir sur le marché de l'eurodollar pour éviter qu'une augmentation parallèle des taux sur les eurodollars ne vienne supprimer la marge de 1 % environ entre les eurodollars et les eurosterlings. Cependant le résultat escompté ne fut pas atteint, les ventes de livres sterling se poursuivirent si bien que la Banque d'Angleterre fut contrainte d'augmenter une nouvelle fois son taux d'escompte qui passa à 6 1/2 % le 9 novembre. La B.R.I. , utilisant une ligne de swap qu'elle avait obtenu précédemment auprès du Federal Reserve, intervint à nouveau sur le marché de l'eurodollar pour fournir des capitaux. Tous les taux sur eurodevises augmentèrent dt: fait, d'une part de rapatriement de fonds dans les pays respectifs (DM, FS, florins) et d'autre part, d'une augmentation de la demande sur ces marchés. Le Deutsche Mark à trois mois passa de 3 3/4 à 4 3/8, le florin de 5 à 5 5/8, le FS de 3 1/2 à 4 3/8 dès le mois d'octobre. L'annonce de la dévaluation de la livre sterling, le 18 novembre 1967, et l'élévation à 8 % du taux d'escompte de la Banque d'Angleterre, suivie de l'élévation de 1/2 point du taux d'escompte du Federal Reserve provoqua une brusque élévation des taux sur les eurodevises (un point environ).

Cette nouvelle coïncide avec d'autres facteurs qui permettent d'expliquer l'importance de cette augmentation rapide des taux :

— les marchés des changes n'étaient pas sûrs. Notamment, beaucoup de financiers craignaient une dévaluation du dollar canadien. Ce qui les incitait à se montrer prudents ;

— un début de spéculation contre le dollar, fut enregistré ;

— les opérations de fin d'année provoquèrent le rapatriement des capitaux (les banques suisses et allemandes notamment);

— une poussée spéculative sur le marché de l'or à Londres incita les banques à rapatrier leurs capitaux. Devant la réunion d'un tel ensemble de facteurs déstabilisants, il devenait évident que le marché monétaire international ne pouvait plus fonctionner d'une manière harmonieuse.

… … …

Pour régulariser le marché, il fallait que se développent des actions concertées émanant des principales Banques centrales. La Belgique, la Suisse, les Pays-Bas et l'Allemagne passèrent des accords de swap avec le Federal Reserve aux termes desquels elles échangeaient des devises nationales contre des dollars au comptant en effectuant l'opération inverse à terme. Cette opération permettait aux différentes Banques centrales d'intervenir sur le marché de l'eurodollar. En plus, la Banque centrale d'Allemagne avait à faire face à des problèmes de change tout à fait différents. Le mark cotait une prime sur toutes les autres devises. Pour diminuer l'effet néfaste de cette prime, les autorités monétaires allemandes accordèrent aux institutions financières des dollars contre des Deutsche Marks avec une prime de change. Les banques allemandes profitèrent de cet avantage et utilisèrent les dollars ainsi obtenus pour les replacer sur le marché de l'eurodollar où elles purent obtenir des taux avantageux.

Cette opération se révéla fructueuse, puisque, ainsi, une diminution sur les taux de l'eurodollar se réalisa et la prime à terme du mark sur le dollar se rétrécit pour revenir à un taux normal. Enfin la B.R.I, reprit ses interventions et plaça 38 millions de dollars sur le marché. Ces diverses opérations permirent de stabiliser le taux sur eurodollar qui se maintint à 6 3/8 % pendant tout le mois de décembre. Le taux sur eurosterling a été plus fluctuant car les doutes économiques n'ont pas tous été dissipés. Le taux exceptionnel de 1 1 % a été atteint du 19 au 27 décembre 1967, du fait des opérations de fin d'année. Traditionnellement, le début de l'année 1968 coïncida avec une grande aisance sur le marché des eurodevises. Les opérations de fin d'année ont été débouclées et les banques ont replacé leurs fonds disponibles. Les taux se sont détendus en janvier, février. L'eurodollar à trois mois rapportait 6 % environ en janvier et 5 1/4 % environ en février. En mars, de nouvelles tensions sont apparues sur les marchés internationaux du fait de la spéculation sur l'or qui s'est, en partie, alimentée sur le marché de l'eurodollar. Les taux sur l'eurosterling déroutent un peu lorsqu'on aperçoit la flambée qui s'est produite au mois de mars.

Deux éléments d'importance relativement mineure ont joué : les achats d'or ; quelques rapatriements de fonds. Le fait important est la cessation des interventions de la Banque d'Angleterre sur le marché des changes à terme. Par ce moyen, la Banque d'Angleterre réussit à punir les spéculateurs contre le sterling qui le vendredi vendent des livres sterling à trois jours et le mardi sont obligés de les acheter. Si la Banque centrale ne fait pas la contrepartie, les spéculateurs sont contraints d'accepter les taux qui leur sont demandés par les prêteurs. Ces taux se sont d'ailleurs relevés brutalement à la suite d'une recommandation de la Banque d'Angleterre qui a demandé aux banques d'observer leurs limites officielles de prêts de livres sterling aux banques ou correspondants étrangers. Les banques furent obligées de ramener leur position à la normale, ce qui explique la flambée sur les taux de l'eurosterling : 15 % puis 20 % pour les 4 et 1 1 mars (graphique 2). La fin de l'année 1967 et les premiers mois de l'année 1968 ont fait craindre que le marché des eurodevises ne soit déréglé par des événements extérieurs d'importance mondiale. Pour éviter que ne soit introduit le trouble dans les flux monétaires internationaux, le problème du contrôle du marché des eurodevises s'est posé.

EVOLUTIONS POSSIBLES LE CONTROLE DU MARCHE DES EURODEVISES EST-IL INELUCTABLE?

Aussi bien l'étude de l'évolution du marché en 1967 que les enseignements que nous pourrons tirer de l'histoire générale du marché des eurodevises nous invitent à émettre des doutes sur l'opportunité d'un contrôle généralisé des mouvements internationaux des capitaux. Les raisons invoquées pour justifier une telle orientation des politiques nationales nous semblent insuffisamment fondées. Par contre, le contrôle du marché des eurodevises ne risque-t-il pas de limiter le développement des opérations sur devises étrangères, et même de s'étendre peu à peu jusqu'à faire apparaître le contrôle des changes ?

  1. A) L'approvisionnement normal du marché risque d'être perturbé en 1968-1969
  2. — Risques tenant a la conjoncture

Certes, il est bien aventureux de vouloir prétendre décrire une évolution (même à quelques mois). Néanmoins, d'ores et déjà, et sans rien présager sur l'histoire économique et monétaire, certains courants de capitaux peuvent être prévus. En 1967, le Japon a emprunté de fortes sommes auprès des banques américaines. Il est probable que, compte tenu du plan Johnson, ces crédits en dollars à court terme ne pourront être reconduits, ce qui contraindra les banques japonaises à demander des crédits-relais sur le marché de l'eurodollar (nous savons que l'action des banques japonaises sur le marché de l'eurodollar s'était ralentie depuis deux ans à cause des charges trop élevées d'intérêt qui leur étaient appliquées. Il semble que si des contrats en eurodollars devaient à nouveau être conclus, les taux seraient sans doute les mêmes : 8 % à 8 1/2 %). Après la fuite des capitaux du Canada vers le marché de l'eurodollar (nous avons vu plus haut les circonstances de cet exode) et un retour à une situation moins tendue, des rentrées de fonds devraient être enregistrées. Une telle évolution est d'autant plus probable que le gouvernement canadien vient de prendre une nouvelle mesure qui restreint les possibilités des résidents au Canada de transférer des fonds sur le marché de l'eurodollar. Jusqu'à la fin de l'année 1967, les Canadiens avaient la possibilité d'effectuer des swap dollars canadiens contre dollars américains. Ces échanges de devises s'effectuaient sur le marché et permettaient aux résidents de se constituer des réserves de devises très mobiles et moins soumises au risque de change. Ces devises devaient être déposées auprès des banques canadiennes qui les replaçaient sur le marché de l'eurodollar. Cette possibilité vient d'être interdite. La situation monétaire internationale peu stable incite les opérateurs à la prudence. Personne à l'heure actuelle ne peut dire quelle sera la situation sur le marché dans un terme assez proche. Depuis quelques mois, les contrats d'eurodevises qui sont conclus tendent à se raccourcir. Et, aujourd'hui, il est probable que les motifs de sécurité l'emporteront sur ceux d'une rentabilité exceptionnelle. La diminution des contrats en sterling ou en eurosterling en est une illustration éloquente.

Depuis les premiers plans de stabilisation du président Johnson en 1965, les filiales européennes des banques américaines ont joué un rôle considérable sur les marchés des eurodevises de Londres et de Paris. Leur activité a consisté à rapatrier des capitaux de Paris et de Londres vers leurs sièges sociaux pour obéir aux directives des autorités monétaires américaines. Depuis 1965, toutes les filiales européennes des banques américaines ont emprunté des montants considérables d'eurodollars (leur activité se chiffre par milliards de dollars) qu'elles ont rapatriés pour se mettre en ordre avec les programmes de restriction volontaire. En 1966, il semble qu'elles aient réussi à rapatrier plus de 3 milliards de dollars, mais le mouvement s'est renversé car les eurodevises représentent des ressources chères. Dès le premier trimestre de 1967, des remboursements ont été effectués. L'année 1968, qui doit voir la mise en application du plan de rétablissement du dollar 3, devrait être marquée par une recrudescence d'activité de ces institutions financières américaines sur les marchés monétaires et financiers européens 4. Une telle évolution probable a déjà reçu un commencement de réalisation sur les marchés financiers. Les entreprises américaines craignant de manquer des capitaux nécessaires pour réaliser leur programme d'investissement, ont emprunté à long terme en janvier et février 1968, plus que pendant toute l'année 1967 (du 1er janvier 1968 au 15 mars 1968, les entreprises américaines ont emprunté 557 millions de dollars sous forme d'eurobonds sur un total de 784 millions de dollars. En 1967, elles avaient emprunté 527 millions de dollars sur un total de 1 944 millions). Cette recrudescence d'activité sur le long terme n'est pas sans exercer des effets de diminution de capitaux sur les marchés à court terme. O


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