Cours economie comportementale pour debutant


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Photo: Wikipedia

L’économie comportementale est un domaine des sciences économiques. Elle se caractérise par le fait qu’elle intègre des aspects psychologiques et sociologiques dans la théorie économique classique, de sorte à mieux expliquer le comportement des personnes dans des situations économiques. 

En effet, la conception de l’être humain telle que les sciences économiques traditionnelles la véhiculent  suffit rarement à expliquer le comportement économique des personnes. La recherche empirique a révélé que certaines hypothèses fondamentales étaient systématiquement infirmées. Les êtres humains ne sont pas uniquement mus par leurs intérêts personnels, ils ne sont pas toujours rationnels, et ils n’ont pas une volonté infinie. 

Dans les années 1970, l’économie comportementale s’est établie comme discipline à part entière au sein des sciences économiques. Contrairement aux partisans des sciences économiques traditionnelles, les représentants de l’économie comportementale ont d’autres objectifs que d’établir continuellement de nouveaux calculs pour prédire le comportement théorique d’un homo œconomicus imaginaire. 

L’économie comportementale s’attache plutôt à déterminer si les comportements des personnes dans des situations décisionnelles corroborent les modèles économiques. Pour ce faire, les chercheurs mènent des expériences en laboratoire et sur le terrain, en appliquant des méthodes issues des sciences naturelles.

Le monde politique et la société peuvent profiter d’une modélisation plus pertinente du comportement humain. En effet, les modèles économiques servent souvent de base à des décisions de politique sociale ou économique, ou à des règles appliquées dans beaucoup  d’organisations. 

L’attribution du prix Nobel à Daniel Kahnemann en 2002 constitue un grand moment de l’économie comportementale. Depuis, l’importance de ce domaine de l’économie n’a cessé de croître, aussi bien sur le plan scientifique que dans la pratique. 

Englobant plusieurs articles sur l’économie comportementale, le présent dossier du blog offre un aperçu captivant de cet univers interdisciplinaire. 


Sommaire

 

Comment s’inspirer de l’économie comportementale pour devenir un bon manager?

 

Source: Flickr, nist6dh, ©creative Common License 2.0

La productivité, c’est le Saint Graal du manager. Cependant, il est fort probable que pour faire un travail particulier, on a déjà beaucoup réfléchi à tout faire pour qu’il soit le plus productif possible. Dans beaucoup de domaines, même en investissant beaucoup, on n’arrive plus vraiment à augmenter massivement le rapport entre valeur produite et coût investi. Cela pourrait bien changer ces prochaines années lorsque la robotisation ou les intelligences artificielles auront permis un saut technologique. Mais, d’ici-là, existe-t-il encore des poches de productivité?

On a tous eu un mauvais chef…

Il en existe une: les chefs. Si les processus de travail sont de plus en plus maitrisés, ceux de management sont encore largement négligés en entreprise. La preuve: nous continuons à recruter des gens en premier lieu pour leurs «compétences métier», et non pour leurs connaissances en management. Pourtant de nombreuses études1 démontrent que de bonnes pratiques de leadership peuvent influencer plus de la moitié du résultat.

Le leadership, ça s’apprend!

La part extraordinaire, c’est que les compétences liées au management peuvent s’apprendre et en particulier grâce à l’économie comportementale. Par exemple, deux éléments essentiels influençant la productivité dans les entreprises sont la motivation et l’honnêteté. Ce sont deux variables qui dépendent fortement de la culture de l’entreprise et du management.

Plus motivés que des robots?

Dans une expérience récente, Dan Ariely a tenté notamment de montrer comment les entreprises pouvaient améliorer la motivation en redonnant du sens au travail. On demande à des participants2, rémunérés, de construire des robots en Lego. Ils doivent d’abord en faire un jaune. Puis, s’ils sont d’accord, ils peuvent en faire un violet. Une fois le violet terminé, ils peuvent à nouveau en faire un jaune, puis un violet, et ainsi de suite. Au bout d’un moment, les gens en ont marre: malgré le fait qu’ils soient payés, ils ne sont plus motivés à continuer. Dans une seconde expérience, on demande exactement la même chose aux sujets. Mais cette fois-ci, lorsqu’ils ont fini leur premier robot jaune et qu’ils fabriquent le violet, on détruit, sous leurs yeux, le fruit de leur travail. S’ils veulent refaire un violet, ils doivent reconstruire celui qu’on vient de détruire! Et ce, pendant qu’on démolit aussi le violet. Inutile de vous dire que, dans ces circonstances, les sujets arrêtent beaucoup plus rapidement de construire leurs robots. Ils sont démoralisés. Pourtant, dans les deux cas, le travail qu’ils devaient accomplir est strictement le même. Ce qui a démotivé les gens, c’est que leur travail n’avait aucun sens. Les chefs pourraient faire beaucoup pour redonner du sens au travail des gens. Le feedback: un élément essentiel

D’ailleurs, dans une autre expérience un peu similaire, Ariely demande à des gens de faire un travail. Dans le premier cas, il dit merci et regarde le travail avant de le ranger. Dans un second cas, il range le travail fini, sans donner de feedback. Dans le troisième cas, il démolit le travail sous les yeux des travailleurs. Ce qui est particulièrement intéressant dans cette expérience, c’est que les personnes qui n’avaient pas de feedback étaient quasiment aussi démotivées que celles dont on détruisait leur travail sous leurs yeux. Cela illustre un problème important dans nos entreprises: l’absence systématique de feedback régulier. 

Pourquoi fait-on un effort? 

La culture d’entreprise et ce qu’on vit sur le lieu de travail est aussi essentiel. Nous avons réalisé une expérienceissue de la question suivante: pourquoi les gens sont-ils si lents devant les bancomats? J’ai d’abord cru que les personnes étaient juste incapables d’utiliser la machine, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas possible à si grande échelle. C’est en commençant à mesurer la vitesse des gens que j’ai constaté quelque chose d’intéressant. Si, en général, tout le monde mettait deux fois plus de temps que moi à retirer de l’argent, il existait des fois ou l’ensemble des personnes allait très vite. Donc, en somme, soit tout le monde prend son temps, soit tout le monde se dépêche. 

Œil pour œil

Nous avons donc conçu une expérience un brin machiavélique pour tester les raisons de ce comportement similaire. Les sujets sont amenés à attendre devant une porte, avec un compteur qui leur dit combien de minutes ils doivent attendre avant que ce soit leur tour. Seulement, de temps en temps, le compteur augmente d’une minute, sans explication. Lorsqu’enfin le compteur atteint zéro, les sujets rentrent dans une salle. Là, ils voient juste un gros bouton. Il leur est expliqué qu’en appuyant sur le bouton, ils peuvent augmenter d’une minute le temps d’attente du participant suivant. Plus des trois quarts des

participants n’ont pas hésité à se venger massivement de

Samuel Bendahan, 7 mars 2016

l’attente qu’ils avaient subie, alors qu’ils savaient que la personne sur laquelle ils se vengeaient n’y pouvait absolument rien. À l’inverse, quand des sujets n’avaient pas fait attendre les suivants, alors ces mêmes suivants ont eux aussi eu tendance à montrer de la compassion pour ceux d’après. 

Le leadership commence par là

L’exemplarité est donc un moyen important de pousser les gens à agir dans le bon sens… ou le mauvais. S’il est évident qu’il y a beaucoup de choses à apprendre pour bien diriger, les chefs, quel que soit leur niveau, pourraient déjà s’améliorer massivement s’ils s’efforçaient d’être plus exemplaires, s’ils garantissaient que le travail de chacun a un sens, et s’ils avaient des mécanismes de feedbacks réguliers pour chacun. 

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dan_ariely_what_makes_us_feel_good_about_our_work/transcript?language=fr

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PERMALINK:


Les Nudges, encore mal connus en Suisse, commencent à faire leurs preuves dans les pays anglo-saxons. Comment ont-ils été transposés à la politique publique?

 

Source: Pixabay – Geralt (CC0 Public Domain)

Cinq ans après la mise sur pieds de la Behavioural Insights Team (BIT) par le gouvernement anglais, l’heure est venue de rendre des comptes. 

Aussi surnommée la Nudge Unit, cette équipe a été mandatée par le Premier ministre David Cameron pour remplir principalement deux missions:

?  tenter te transposer le concept du Nudge à la politique publique.

?  tester l’efficacité de certaines mesures expérimentales en évaluant leur impact sur le comportement des gens.

Quelques exemples de nudges qui influencent les comportements

De simples traces de pas se dirigeant vers une poubelle ont réussi à réduire la quantité de déchets jetés par terre;

l’ajout, dans la facture d’électricité, d’une comparaison

Noémie Roten, 24 septembre 2015

par rapport au niveau national a mené à une réduction conséquente de la consommation d’énergie des ménages concernés; tout comme l’adjonction d'une simple ligne au courrier de rappel pour payer ses impôts a rapporté plusieurs millions de recettes supplémentaires. 

Il ne s’agit là que de trois exemples, mais il en existe une pléthore d’autres. En effet, le Nudge a aussi mené à des améliorations dans d’autres domaines, tels que la santé, la prévoyance, l’emploi, l’énergie et la prévention. Des mesures, à première vue insignifiantes, ont apparemment le potentiel d'améliorer l'efficacité de certaines politiques publiques sans contraindre les individus pour autant. 

«Inside the Nudge Unit: How small changes can make a big difference», rédigé par David Halpern, directeur de la BIT, vient de paraître. Le livre offre un bon aperçu des expérimentations qui ont été conduites par l’équipe au cours de ces dernières années, ainsi que de leur subtile influence sur le comportement des gens. Et qui sait? Ce dernier pourrait peut-être servir de source d’inspiration à nos autorités… 

Si vous n’êtes pas un féru de la langue de Shakespeare, et en attendant une éventuelle traduction française, vous pourrez toujours vous rattraper sur le livre à l’origine de cet engouement pour le Nudge: «Nudge: la méthode douce pour inspirer la bonne décision» par Cass Sunstein, professeur de droit à Harvard, et Richard Thaler, économiste à la Chicago University. 

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Cité comme la matière première de demain, le «Big Data» est partout. Mais comment est-il construit et quel est son utilité?.

 

Le «Big Data», ou «méga-données», définit la collecte massive d’informations regroupées sur de gigantesques serveurs. Ces données sont diverses: comportements de consommation, flux d’actualités à travers le monde, données scientifiques, Souvent enregistrées en flux continus, elles représentent une telle quantité d’informations brutes qu’elles peuvent s’avérer compliquées à classifier et à utiliser. Mais, au fond, à quoi servent-elles?

De multiples utilisations

Un exemple fréquemment cité est celui de Google. Le célèbre moteur de recherche enregistre toutes nos cyberactions afin de cibler au mieux les profils des utilisateurs. Ainsi, il peut définir des publicités qui sont au plus proche de nos préférences. D’ailleurs, vous pouvez savoir ce que Google connait de vous en suivant ce lien. De nombreux sites commerciaux (vêtements, chaussures, livres) collectent des renseignements afin de mieux cibler les besoins de leurs clients et proposer des articles qui pourraient leur plaire. 

Les cartes de fidélité sont aussi une autre source d’informations. En effet, un panier type de consommation, tout comme la fréquence d’achat, peuvent ainsi être définis pour chaque client. En utilisant ces données, les entreprises peuvent identifier les produits à succès, définir des publicités ciblées et même gérer les stocks de marchandises. 

Rachel Cordonier, 15 juin 2015

Des méga-données géographiques sont aussi collectées. En localisant les individus grâce à leurs smartphones, les prestataires de services enregistrent les mouvements des utilisateurs. Ainsi, ils déterminent la demande pour les transports publics ou axes routiers, prédisent les déplacements d’une population (bouchons potentiels) et suggèrent ainsi à l’utilisateur des itinéraires lui permettant d’optimiser son temps de trajet. 

Le «Big Data» concerne également les images enregistrées par satellite. Cette récolte peut effrayer puisque, outre l’impression d’être observé, elle n’est que peu réglementée au niveau international. Pourtant, ces données permettent de véritables avancées dans certains domaines de recherche: localiser les navires pollueurs, définir les besoins d’arrosage dans des régions pauvres en eau, planifier les secours humanitaires dans des zones de conflits…

En guise de prolongement

Arte dévoile, via diverses émissions, les enjeux que représentent le «Big Data»  :

?  Arte Future. Big Data, la série. (25.03.2015) Emission en 5 volets contenant des vidéos, des textes et des posters explicatifs.

?  Arte Future. Souriez, vous êtes cybersurveillés! (

22.05.2015)

?  Explications et débats sur la surveillance globale permanente.

?  Arte Documentaire. Big earth data: Une solution pour la planète. (7.02.2015 - Durée: 52:41)

?  Reportage sur l’utilisation du «Big Data» pour résoudre des problèmes écologiques et humanitaires.


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Diminuer le temps d’attente lors du processus d’embarquement, c’est possible.

 

Source: photo personnelle

Quelle attente interminable lorsque vous vous retrouvez coincé dans une file en vue de prendre votre avion; coincé au milieu de l’allée, la valise du passager 27F vous dégringolant sur la tête, avec en arrière fond sonore les pleurs d’un bébé qui manifeste son mécontentement! Combien de temps encore avant de vous envoler, enfin?

Le pire moyen d’embarquer dans un avion: la méthode traditionnelle

Si, vous aussi, vous vous êtes déjà posé cette question, c’est que vous voyagez certainement avec une compagnie aérienne qui, comme le montre cette vidéo1, procède à un embarquement back?to?front.

De prime abord, la méthode back-to-front semble être une méthode sensée, mais plusieurs tests et simulations2 ont démontré qu’il s’agissait, en fait, de la méthode la plus chronophage. En effet, puisque tout le monde essaie d’accéder aux mêmes rangées et aux mêmes casiers à bagages en même temps, la probabilité est élevée qu’une personne déjà assise doive se relever pour laisser passer son voisin. Résultat garanti: embouteillages dans les  allées. 

Embarquer de manière complètement aléatoire (voir  vidéo3) serait étonnement une technique plus efficace! 

Une émission de télévision américaine a fait le test

 

En 2012, l’émission Mythbusters a engagé 173 personnes pour simuler le processus d’embarquement dans une réplique d’avion selon différentes méthodes:

Source: Représentation personnelle à partir de Mythbusters, épisode 197

Il aura fallu 24,48 minutes aux 173 passagers fictifs pour embarquer selon la méthode traditionnelle et 7 de moins pour embarquer de façon aléatoire. 

En 3ème position, la méthode Outside-In4. Il s’agit ici de faire entrer tout d’abord tous les passagers possédant une place à la fenêtre, puis ceux du milieu et en dernier ceux placés à côté du couloir. L’inconvénient? Les passagers voyageant ensemble seront séparés à l’embarquement. 

Cette méthode est suivie de près par la méthode Southwest, nommée d’après la compagnie aérienne du même nom qui la pratique. Celle-ci n’assigne pas de siège et laisse les passagers s’asseoir où ils le désirent. Il s’agit d’une méthode efficace mais source de stress et d’énervement pour les passagers. 

En théorie, la méthode la plus efficace serait de faire la queue à la porte d’embarquement dans l’ordre et d’embarquer siège par siège5. Néanmoins cela serait un peu trop contraignant à mettre en pratique… 

Un dernier procédé (théorique): la méthode Steffen 

Il existerait bien encore une dernière méthode, du moins sur le papier, qui permettrait de gagner du temps à l’embarquement et qui ne serait pas aussi stressante que la méthode Southwest. Il s’agit de la méthode élaborée par le Docteur Jason Steffen, astrophysicien de profession. 

C’est en utilisant un algorithme d’optimisation (méthode de Monte?Carlo par chaînes de Markov) et en programmant une simulation que Steffen a élaboré sa méthode6.

De manière assez similaire à la méthode Outside-in, les passagers embarquent selon le type de siège qui leur a été attribué (fenêtre, milieu, couloir), mais Steffen y ajoute une petite chorégraphie, afin de supprimer tout risque d’embouteillage dans les couloirs: voir vidéo7.

La stratégie optimale de boarding de Steffen permettrait de diviser le temps nécessaire à l’embarquement par 4 par rapport à la méthode traditionnelle (et même plus suivant la taille de l’avion). 

Steffen est forcé d’admettre que l’industrie aérienne n’a pas encore montré un énorme engouement à mettre en pratique sa méthode, mais il cite quelques chiffres assez

parlants dans The Economist: selon ses calculs, chaque

Noémie Roten, 23 mars 2015

minute passée sur le tarmac d’un aéroport coûterait, en moyenne, 30 dollars à la compagnie. En partant de l’hypothèse, qu’en moyenne, une compagnie affrète 1500 vols par jour et qu’elle économiserait environ six minutes par vol en utilisant sa méthode d’embarquement, le potentiel d’épargne se monterait à 100 millions de dollars par année. Assez pour les inciter à convaincre les compagnies et respectivement les passagers que cela vaut la peine d’entrer dans la danse. L’occasion, pour les compagnies, de réduire d’autant le prix du billets et, pour les passagers, d’en profiter!

1 2 3 ;t=16 4

5    ;t=13

6    7

PERMALINK:

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Source : Wikimedia / Malikdahra

Regarder les Simpson tout en révisant ses concepts économiques, qui l’eût cru? Dans son livre «Homer Economicus», Joshua Hall revisite, à travers les nombreux épisodes de la célèbre famille de Springfield, les théories économiques fondamentales (la continuité des choix, la rareté, les monopoles, l’utilité de la monnaie comme moyen d’échange…). 

Un exemple? Le chili et l’incohérence temporelle

La théorie économique traditionnelle postule que les choix des agents sont cohérents et continus dans le temps. Autrement dit, ce que je désigne comme un choix optimal aujourd’hui, le restera dans le futur. Ces hypothèses sont importantes car elles déterminent la façon dont nous actualisons les coûts et bénéfices futurs comparés au présent. Mais sommes-nous tous cohérents

dans nos choix? La réplique d’Homer dans l’épisode

Maude Lavanchy, 27 février 2015

«L’amour au curry» offre un parfait contre-exemple: 

Homer : «Oh… J’boufferai plus jamais de chili.» Quelques secondes plus tard: «Oh du chili!»

Les préférences d’Homer fluctuent d’un moment à un autre, ce qui contredit la théorie traditionnelle. Même si cet exemple parait un peu extrême, ce type d’incohérence n’est pas si éloigné de notre vie de tous les jours. N'avezvous jamais remis à plus tard votre décision d’arrêter de fumer ou de faire le ménage alors que vous étiez déterminé à le faire auparavant? Les économistes du comportement utilisent d’ailleurs la notion d’incohérence temporelle, combinée au désir d’une gratification immédiate, pour expliquer des phénomènes comme la procrastination ou l’addiction (concept d’actualisation hyperbolique). 

Le livre «Homer Economicus» offre plein d’autres exemples permettant d’illustrer des concepts parfois peu intuitifs de manière ludique. Quoi de mieux qu’incorporer un extrait d’Homer Simpson pour revitaliser un cours d’économie?

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La malédiction du vainqueur: comment perdre de l’argent en remportant une enchère?

 

«Auction Room, Christie's» par T. Rowlandson et A. Pugin. Source: Wikimedia Commons



La malédiction du vainqueur est bien connue en économie de l’information. Elle sévit en général lors d’une enchère avec valeur commune. Dans le cadre d’une telle enchère, la valeur objective de l’objet est la même pour tous les participants, mais ces derniers ne la connaissent pas avec précision. Ils disposent en effet d’informations privées hétérogènes qui peuvent conduire à des estimations très différentes de la valeur de l’objet. Certains enchérisseurs auront tendance à en sous-évaluer la valeur, d’autres, à la surévaluer. Au final, celui qui remporte l’enchère est celui qui l’aura le plus surestimée. Comme le rappelle Florence Naegelen, dans le cadre d’une procédure d’appel d’offres, c’est l’entreprise qui aura le plus sous-estimé les coûts de production qui emporte le marché (p.605).

Le vainqueur de l’enchère est donc maudit

Un acteur rationnel anticipera ce phénomène en enchérissant moins que son estimation de l’objet, afin de prévenir une éventuelle perte. L’observation répétée du «winner’s curse» prouve une fois de plus que tous les acteurs n’agissent pas de manière rationnelle, surtout lorsque l’information est incomplète et/ou imparfaite.

Noémie Roten, 10 février 2015

Le cas classique souvent cité dans la littérature est celui de l’appel d’offres concernant l’attribution des droits d’exploitation pétrolière dans le Golfe du Mexique où il était difficile d’estimer la quantité des réserves de pétrole existantes et où l’exploitant a fini par subir d’énormes pertes. Néanmoins, ce phénomène a été observé à de nombreuses autres reprises: attribution de concessions téléphoniques, de droits de rediffusion ou introduction en bourse de grandes sociétés comme Facebook (surestimation de la valeur de l’action par les investisseurs) n’en sont que trois exemples. Dans tous ces cas, l’enchérisseur qui l’emporte finit soit par débourser plus que la valeur objective de l’objet, soit par constater que les profits attendus du contrat ne sont pas au rendezvous, l’exploitation postérieure du bien ne couvrant pas les frais d’acquisition initiaux.

Faites le test

Marche à suivre d’un petit exercice pratique pour tester le phénomène:

1.     Prenez un bocal transparent.

2.     Remplissez-le de pièces de 10 ou/et de 20 centimes.

3.     Organisez une vente aux enchères.

4.     La personne qui remporte l’enchère devra s’acquitter du montant enchéri et repartira avec le bocal.

Si le montant déboursé pour le bocal dépasse la valeur de son contenu en pièces de monnaie, le vainqueur de l’enchère aura bel et bien été victime du phénomène décrit par cet article.

Plus il y a de participants, plus la concurrence sera rude, plus la surestimation sera grande et plus le gagnant sera maudit.


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Le taux de divorce dans le Maine est fortement corrélé avec la consommation de margarine aux Etats-Unis. Que peut-on en conclure?

 

Source: Wikimedia - Jennifer Pahlka

Lorsque deux variables évoluent dans la même direction (ou dans un sens opposé), on parle de variables positivement (ou négativement) corrélées. Par exemple, dans le graphique ci-dessous, les observations de chacune des variables sont représentées par des points de couleurs différentes reliés entre eux. Visiblement, l’évolution des deux variables est très proche; la corrélation est en effet de 99%. Il serait donc tentant de conclure que la variable orange (consommation de margarine) est une potentielle explication aux variations de la variable bleue (taux de divorce). Cette conclusion parait évidemment absurde…

 

Source: Spurious Correlations

Rachel Cordonier, 22 janvier 2015

Ce phénomène est connu sous le nom de corrélation fallacieuse ou trompeuse. Il s’agit d’une relation forte entre deux variables qui n’ont pourtant aucun lien logique ou causal. Un étudiant, Tyler Vigen, a même une page internet sur laquelle il présente une multitude de corrélations fallacieuses amusantes.

Lien logique ou de causalité

Il existe des procédures économétriques permettant de détecter ces corrélations trompeuses. Il s’agit souvent de méthodes en plusieurs étapes, tels que le test de Granger ou la procédure Durbin-Watson, qui reposent sur des hypothèses concernant la distribution des variables.

Si de tels outils ne sont pas disponibles, le lecteur avisé se posera la question de l’existence d’un lien réel entre les deux variables: est-ce que la consommation de margarine a un rapport avec les divorces? Sûrement pas.

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Des chercheurs de l’EPFL démontrent l’existence du Röstigraben lors des votations fédérales.

Source: Wikimedia / Mussklprozz

Bien plus qu’une spécialité culinaire suisse allemande, le rösti est devenu un symbole: celui du fossé culturel divisant les Romands et les Alémaniques. Selon certains préjugés, nous mangeons, nous nous habillons et nous pensons différemment. Mais, votons-nous également autrement? Une récente étude de l’EPFL nous indique que oui!

Le modèle de l’EPFL

En utilisant des données sur les votations fédérales de ces dernières années (au niveau communal et au Conseil national), des chercheurs de l’EPFL ont démontré l’existence du Röstigraben. Grâce à une méthode statistique permettant d’obtenir le résumé le plus pertinent d’un grand nombre de variables quantitatives (analyse en composantes principales), les chercheurs peuvent construire un graphique global incorporant un large panel de données. Les votations fédérales peuvent ainsi être divisées en deux axes:

?  Sur l’axe horizontal: les thèmes concernant l’ouverture de la Suisse vers l’étranger ou les assurances sociales,

?  Sur l’axe vertical: les politiques liées aux transports, l’environnement ou encore l’agriculture.

Quelques résultats

Le graphique ci-dessous présente l’une des applications du modèle, où l’on résume les habitudes de vote des communes suisses depuis 1981 selon leur région linguistique.

 

Source: EPFL, Mining Democracy, 2014

Les fortes différences dans le positionnement des communes francophones et germanophones sont flagrantes. Ce constat est renforcé par la cartographie ci-dessous. Chaque commune est représentée par une couleur reflétant son positionnement dans l’espace à deux dimensions décrit précédemment. Une commune se situant dans le cadran sud-ouest du graphique ci-dessus prendra une couleur bleu/turquoise, tandis que celle dans le quart nord-est sera plutôt représentée par du rouge. En appliquant cette approche aux politiciens et partis politiques, les auteurs trouvent des résultats compatibles avec les clivages traditionnels gauche-droite et conservateurs-libéraux. Cependant, ce n’est pas le cas pour les municipalités.

 

Source: EPFL, Mining Democracy, 2014

Les chercheurs ont également mis en place une plateforme permettant de visualiser et prédire les résultats de votations. Pour l’anecdote, les résultats du vote de la petite commune lucernoise d’Ebikon permettent de prédire le résultat correct au niveau fédéral dans 96% des cas.

Conclusion

La fracture linguistique est claire: les Romands et les Alémaniques votent bel et bien différemment. Cependant, la cohabitation de cultures variées fait partie des richesses de la Suisse. Le Röstigraben symbolise ainsi la volonté «d’unité dans la pluralité». Après tout, on mange aussi des röstis en Suisse romande!

Maude Lavanchy, 12 décembre 2014

PERMALINK:

 

Certains indices économiques portent les noms de réseaux sociaux ou de vêtements; mais à quoi peuvent-ils bien servir?

 

Source: Wikimedia / Paul Duke

Les indices économiques et autres statistiques sont importants afin de définir l’état de la conjoncture ou d’émettre des prévisions économiques. Au cours du temps, des indices originaux sont apparus. En effet, l’utilisation extensive et croissante de nouvelles technologies a fortement accru la masse de données disponible et ainsi permis la création de nouveaux indicateurs (source principale: SwissQuote Magazine. Jupes, dragons, gazouillis: les indices insolites de l’économie. 03.2014).

The R-word index 

 

Source: The Economist, 17.09.2011

Cet indice compte l’apparition du mot «récession» dans la presse. Selon The Economist, une utilisation fréquente du mot indique l’arrivée imminente d’une récession. Dans le graphique ci-dessus, on remarque que l’indice à plutôt bien anticipé les crises de ces vingt dernières années bien que ses sommets ne correspondent pas tout à fait au plus fort des récessions. L’avantage de cet indice est de ne pas réagir à d’autres statistiques mais plutôt de prédire le tournant de la conjoncture. Ses détracteurs lui reprochent cependant d’affecter négativement la confiance des managers et consommateurs précipitant ainsi l’économie dans une récession.

Google trend index

Le géant américain mesure le volume de requêtes concernant un thème spécifique relativement au total des recherches effectuées. Les thèmes sont très divers et concernent aussi bien l’économie, que la cinématographie ou le marché immobilier.

Twitter index

En 2010, des chercheurs (Johan Bollen, Huina Mao et Xiao-Jun Zeng) ont publié les résultats de leur étude: ils utilisent les tweets afin de prédire les fluctuations des marchés financiers. En effet, en regroupant les mots apparaissant dans les publications du site Twitter selon six catégories d’humeur, cet indicateur aide à prédire les mouvements du Dow Jones Industrial Average jusqu’à 6 jours en avance. En particulier, il existe une forte corrélation entre l’humeur de «quiétude» et les performances des marchés. Cependant, il est difficile de comprendre la causalité de ce lien, d’autant plus que certains tweets analysés ont été postés en dehors des États-Unis.               

Skyscraper boom indicator

 

Source: Bloomberg Businessweek, 08.08.2013

Selon cet indice, la construction d’un gratte-ciel d’une taille record indiquerait la fin d’un cycle économique. L’explication pourrait venir de la confiance exagérée des investisseurs lorsqu’ils décident de construire ces immenses tours et de la facilité avec laquelle ils obtiennent les crédits nécessaires à leur réalisation. Ces deux facteurs étant souvent interprétés comme l’avertissement d’une surchauffe économique.

Men's underwear index

Les sous-vêtements masculins sont des biens définis comme nécessaires. Les achats de caleçons seraient donc constants, sauf lorsque l’économie est en crise (réduction des dépenses). D’autres indicateurs similaires existent: en temps de crise, les dépenses chez le coiffeur

Rachel Cordonier, 27 novembre 2014

ainsi que pour le nettoyage à sec diminueraient également. A l’inverse, les achats de cravates augmenteraient avec le taux de chômage.

Certains indices sont vraiment insolites. Le «Hemlines index» mesure la longueur des jupes en pourcentage de la distance entre la taille et le sol. Ainsi, l’économie irait mieux lorsque les jupes sont courtes. Autre indicateur un peu mystique: le «Years of the dragon indicator». Le dragon étant un signe du zodiaque chinois très populaire, les années du dragon seraient corrélées avec de meilleures performances des marchés, tout particulièrement en Asie.

Des indices utiles?

Certains indicateurs semblent à la frontière entre plaisanterie et bien-fondé. Les constructeurs de ces indices soutiendront leur pertinence en présentant des corrélations avec la conjoncture économique ou autre variable sensée. Toutefois, une forte corrélation entre un indice et une variable ne signifie pas nécessairement qu’il explique cette variable. Sans fondement logique, il ne pourrait s’agir que d’une coïncidence.

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En plus d’être le sport le plus populaire au monde, le football permet de tester un nombre important de théories économiques, dont l’efficience des marchés.

 

Source: Wikimedia / Phillip Chambers

Trois mois après la finale de le Coupe du Monde de la FIFA au Brésil et ses 64 matchs suivis par plus de 3 millions de spectateurs, les souvenirs de cet événement sont encore présents parmi bon nombre d’entre nous. Alors que les fans de football se réunissent dans un stade ou un pub pour profiter du spectacle, certains économistes en profitent pour collecter des données. La raison? Plus qu’un sport, le football est un parfait laboratoire pour tester diverses théories économiques (abondance de données, présence de professionnels expérimentés avec des objectifs connus et clairs, etc.). Dans son dernier livre, Ignacio Palacios-Huerta, professeur à la London School of Economics, utilise une base de données sur un grand nombre de matchs de football afin de tester quelques théories économiques et d’explorer le comportement humain.

De la théorie des jeux à l’efficience des marchés

Comme expliqué dans deux blogs précédents, les tirs au but, en plus d’être un événement particulièrement excitant, offrent une opportunité de tester le fameux équilibre de Nash en théorie des jeux. Cependant, bien d’autres concepts économiques peuvent être testés, parmi lesquels figure l’hypothèse d’efficience des marchés. Cette thèse avance que les marchés incorporent rapidement et totalement toute l’information disponible dans les prix des actifs financiers: tous les titres sont donc évalués à leur «juste prix». Ainsi, le prix d’un actif financier devrait réagir instantanément lors de bonnes ou mauvaises nouvelles.

Tester cette théorie directement peut s’avérer complexe au vu du flux d’informations quasiment continu et de la difficulté d’incorporer dans un modèle toutes les informations disponibles sur le marché. Le monde du football offre une excellente opportunité de tester cette théorie. En analysant l’évolution des cotes des paris sportifs des matchs de football, Karen Croxson et J. James Reade ont réussi à construire un test. En effet, pendant la mi-temps, plus aucune information n’est disponible (le match est suspendu pendant 15 minutes), alors que le marché des paris reste ouvert. Si l’hypothèse d’efficience des marchés est vérifiée, il ne devrait pas y avoir de mouvement des cotes pendant la mi-temps.

Qu’est-ce qu’une cote?

Imaginez deux individus, David et Sara, et un match donné: la finale de la coupe d’Angleterre  entre Wigan et Manchester City en 2013. David est convaincu que Manchester City remportera la finale et, par conséquent, il offre à Sara la chance de parier 10 francs à la cote 7:1 («sept contre un») pour une victoire de Wigan. En d’autres mots, si Wigan l’emporte, David paiera à Sara sa mise de départ plus un profit de 7x10 = 70 francs. Par contre, si Manchester City gagne, alors David garde les 10 francs de Sara. Les cotes sont inversement reliées à la probabilité de l’événement: Wigan (relégué en 2ème division en fin de saison) aurait une probabilité de (1/(7+1)) = 12.5 % de l’emporter face à Manchester City (2ème en fin de saison). Dans cet exemple, David tient le rôle du bookmaker. Pour l’anecdote, Wigan remporta la finale!

Le test

Grâce aux nouvelles technologies, les parieurs peuvent parier à tout moment du match sur des plateformes en ligne. Il est ainsi possible de miser sur une équipe, seconde après seconde, même pendant un match. Analyser l’évolution de la cote après un but marqué juste avant la mi-temps permet ainsi de tester la théorie d’efficience des marchés.

Tottenham Hotspur vs Manchester United, 04.02.2007 à 16h, victoire 4-0 de Manchester United

 

Source: I. Palacios-Huerta, Beautiful Game Theory: How Soccer Can Help Economics, (2014)

Le match entre Tottenham Hotspur et Manchester United offre une bonne illustration. Sur le graphique de gauche, on voit la probabilité que Manchester United remporte le match (la cote inversée). Au début du match, cette probabilité était de 56 %. À la 44ème minute, cette probabilité n’était plus que de 50 % (Manchester n’ayant toujours pas inscrit de but). Cependant, juste avant le coup de sifflet annonçant la mi-temps, Manchester United marque un but. L’effet sur les marchés est alors instantané: la probabilité sous-entendue par la cote indique une chance de victoire de 77 % pour Manchester. Alors que le volume des paris augmente significativement durant la mi-temps (graphique de droite), la cote reste inchangée. Les auteurs trouvent des résultats similaires pour d’autres rencontres, ce qui leur permet d’affirmer que le marché des paris sportif est économiquement efficient.

Conclusion

L’analyse de données liées au football permet également d’apporter des réponses aux questions liées à la discrimination, la peur, la pression sociale, la corruption ou encore le côté obscur des incitations dans les organisations. On y trouve des réponses à des questions telles que: y at-il un avantage à tirer le premier lors d’une séance de penalties? Est-ce que les arbitres sont biaisés par les préférences des spectateurs présents? Y a-t-il de la discrimination au sein du football? Les footballeurs ont-ils des incitations à réduire la performance de leur adversaire?

Rempli d’histoires et d’anecdotes, le livre d’Ignacio Palacios-Huerta offre une excellente illustration de comment le football peut être utilisé pour apporter des réponses à certaines énigmes économiques. 

Maude Lavanchy, 15 octobre 2014

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Peut-on vraiment capturer le bonheur par une équation?

Source: Screenshot de l’application «The Great Brain Experiment»

La recherche du bonheur est une question qui a toujours préoccupé l’humanité: de Platon qui considérait le bonheur comme une fin en soi à John Stuart Mill et autres utilitaristes pour qui la recherche du bonheur équivaut à maximiser le plaisir et minimiser la souffrance.

Cette fois-ci, c’est le bonheur instantané qui a occupé une équipe de chercheurs en neurosciences de l’University College de Londres (UCL). Ils ont en effet dérivé l’équation du bonheur instantané à l’aide d’une application, d’un scanner IRM et d’une simple question: à quel point êtesvous heureux en cet instant (sur une échelle de 1 à 10)?

Cette équation, la voici:

Noémie Roten, 10 septembre 2014

Ainsi, celle-ci stipule que le bonheur instantané dépend des trois facteurs suivants:

?  CR: la récompense

?  EV: les attentes que l’on a

?  RPE: la différence entre la récompense obtenue et celle que l’on espérait

On peut effectivement déduire du RPE que plus les attentes sont élevées par rapport au résultat, plus on sera malheureux sur le moment.

Mais donc, cela signifie que plus on est pessimiste, plus on est heureux? Apprenez-en plus à ce sujet dans l’article du Temps «Le bonheur fugitif, attrapé en une équation»1.

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Souvent négligés dans la théorie économique, les esprits animaux permettent d'expliquer les fluctuations de l'économie. Que sont ces esprits animaux? Quelles réponses apportent-ils?

Source: Wikimedia / Cliff - Arlington, Virginia, USA 

En 2009, alors que l'économie mondiale vivait l'un des reculs les plus importants depuis la Grande Dépression, de nombreux économistes et observateurs se sont posé les mêmes questions: que s'est-il passé? Pourquoi n'avonsnous pas été capables de prévenir une telle crise? Comment éviter que cela se reproduise?

Seul un petit nombre d'économistes avait prédit un tel désastre, et parmi eux figurent Robert Shiller et George Akerlof. Dans leur livre «Les esprits animaux - Comment les forces psychologiques mènent la finance et l'économie», ces deux économistes apportent un point de vue original sur les crises monétaires et financières de ces dernières années. Il est essentiel, selon eux, d'intégrer des facteurs psychologiques dans la modélisation économique du comportement humain afin de mieux comprendre les fluctuations économiques.

Les esprits animaux

La théorie économique traditionnelle considère chaque décision comme le fruit d'un calcul rationnel pesant le pour et le contre. Elle ignore ainsi toute action induite par les émotions. Ces dernières ont été surnommées les «esprits animaux» («animal spirits» en anglais) par le célèbre économiste John M. Keynes. En remettant sur le devant de la scène l'influence des sentiments et émotions dans les actions humaines, Robert Shiller et George Akerlof apportent une perspective différente de la théorie libérale. Grâce à de nombreuses anecdotes et exemples, ils permettent de comprendre facilement chacun de leurs arguments. Ils décrivent, par exemple, que toutes les décisions importantes qu'a dû prendre le PDG de la multinationale General Electric venaient «directement de l'estomac» (ce qui est bien éloigné du processus rationnel traditionnellement supposé).



Cet ouvrage est divisé en deux parties. La première caractérise les cinq éléments des «esprits des animaux», soit: la confiance, l'équité, la corruption et la mauvaise foi, l'illusion monétaire et les histoires. Tandis que la deuxième partie comprend huit questions/réponses, dévoilant ainsi le rôle de ces fameux «esprits». Au fil des chapitres, on apprend notamment pourquoi les économies connaissent des dépressions, la raison de la présence du chômage, ou encore des réponses sur le pouvoir des banques centrales et le caractère aléatoire de l'épargne.

Pourquoi les marchés immobiliers procèdent-ils par cycles?

La récente bulle immobilière américaine offre une parfaite illustration de la présence (et du déchaînement) de quatre des cinq «esprits animaux». Tout commence par la forte hausse des prix des biens immobiliers (qui ont presque doublé en 10 ans). La population commence alors à penser que l'immobilier ne peut être qu'un bon investissement: après tout, une maison, c'est quelque chose de tangible. La croyance d'un marché immobilier en hausse continue est alors devenue une histoire acceptée par l'opinion, renforçant ainsi la demande de ces biens.

Une des explications de cette croyance erronée est l'illusion monétaire, soit la non-prise en compte de l'inflation dans les calculs. Les gens ont tendance à se rappeler du prix de leur maison, mais ne le comparent pas au prix des autres biens à la même époque. L'appréciation réelle du prix de la maison s'avère donc bien plus faible que l'augmentation nominale.


Le scandale d'Enron en 2001 (une affaire de corruption, où une comptabilité créative a permis de soutenir artificiellement les bénéfices) a également plongé Wall Street dans une crise de confiance, incitant ainsi les investisseurs à se rabattre sur «la pierre», alors considérée comme un investissement peu risqué. L'émergence des prêts «subprimes» a accentué (puis fait éclater) la bulle immobilière.

La confiance, la corruption, l'illusion monétaire et les histoires ont donc ainsi, irrationnellement, renforcé les fluctuations sur le marché immobilier.

La mort de l'homo œconomicus aurait-elle sonné?

Le futur étant par nature incertain, il semble tout à fait pertinent de considérer des facteurs non-rationnels afin de mieux comprendre les fluctuations. Cependant, même si l'argumentation tout au long des chapitres est convaincante, un doute persiste quant à son application globale. Les recommandations pratiques évoquées sont, en effet, plutôt vagues et peu concrètes.

De plus, les auteurs affirment que le rôle du gouvernement est d'agir comme des parents, imposant les limites nécessaires afin que leurs enfants n'abusent pas de leurs «esprits animaux». Ce qui s'impose comme un frein aux libertés individuelles. Mais nous sommes en droit de nous poser la question suivante: le gouvernement serait-il plus sage et moins sujet à ces «esprits animaux» que ses électeurs?

Chaque crise nous rappelant les limites de la rationalité, ce livre permet de mieux en comprendre les limites et apporte ainsi une vision plus humaine du monde.

 

Maude Lavanchy, 20 août 2014

 

A quoi sert l'aide au développement? Poser cette question, c’est s’aventurer sur un champ de mines idéologiques. Deux jeunes chercheurs ont mené des expériences avec les plus pauvres pour identifier les aides vraiment efficaces.

Photo: Wikimedia

Comment aider les peuples les plus pauvres du monde? Ces pays doivent-ils rattraper en accéléré leur retard par rapport aux nations industrialisées? Ou est-ce que la libéralisation des marchés peut suffire? Devons-nous envoyer en Afrique des moustiquaires pour lutter contre la malaria ou vaut-il mieux nous abstenir?

Les idées et les recettes des économistes sont multiples et ont toutes un point commun: elles reposent la plupart du temps sur des données fantaisistes et sur une théorie unique et déformée par l’idéologie censée expliquer une bonne fois pour toute le problème de la pauvreté.

Des expériences pour combattre l’idéologie

Pourtant, cela ne se passe pas ainsi avancent deux chercheurs – la Française Esther Duflo et l’Indien Abhijit Banerjee – du renommé Massachuchusetts Insitute of Technology (MIT): «De nos jours, l’économie du développement en est scientifiquement au même stade que la médecine au Moyen-Age. Le patient se voit prescrire un médicament. S'il va mieux, c’est peut-être grâce au médicament, mais aussi à d'innombrables autres facteurs. On ne sait rien sur l’efficacité réelle du médicament en luimême».

Duflo et Banarjee abordent les choses différemment. Tout comme la médecine moderne étudie systématiquement l'effet des nouveaux médicaments, ces chercheurs testent les effets des mesures de développement. Ils y ont consacré près de deux décennies, car seules des études contrôlées permettent de dire si offrir des moustiquaires est utile ou si approvisionner les paysans en engrais les aide à sortir de la pauvreté.

Comprendre le mode de fonctionnement des plus démunis, c’est pouvoir mieux identifier les instruments qui leur seront le plus utiles. Et c’est justement ce qui est intéressant dans ce livre: les hommes fonctionnent généralement de manière singulière – bien différente de ce qu'ont imaginé les experts occidentaux en pauvreté confortablement assis derrière leur bureau. Les programmes de développement bien intentionnés et a priori ingénieux pèchent sur de petites choses et échouent à porter les fruits escomptés.

Plutôt regarder la télé que manger

Qui dit pauvreté, sous-entend faim. Il est vrai que la malnutrition est un grave problème pour les pays en voie de développement. Or, il ne s’agit pas uniquement d’une question de quantité, mais bien plus d’une question de qualité. Le manque de micronutriments comme l’iode, la vitamine A ou le fer amoindrit les capacités physiques et entraîne des maladies. Une bonne alimentation rend les adultes plus résistants et performants. Mais elle influe surtout sur les capacités futures des enfants nés ou à naître.

Les pauvres se nourrissent mal et sont donc en moins bonne forme; de ce fait, ils sont moins productifs, ce qui les empêche, une nouvelle fois, de pouvoir s'offrir une meilleure alimentation. Ce cercle vicieux est qualifié de «trappe à la pauvreté alimentaire».

Pourquoi les individus ne se nourrissent-ils pas mieux? La réponse coule de source: parce qu’ils n’en ont pas les moyens ou parce qu’il y a une pénurie de denrées alimentaires. Une mesure de développement logique consisterait alors à leur donner de l’argent pour qu’ils puissent s’acheter de meilleurs aliments. C’est la théorie. La réalité est tout autre.

Mis à part les famines dévastatrices survenant à la suite de catastrophes naturelles, la pénurie des denrées alimentaires est rarement un problème. La faiblesse des revenus n’explique pas tout non plus. Les plus démunis, ceux qui doivent vivre avec à peine un US-dollar par jour ne consacrent «que» 36 à 79% de leurs revenus à leur alimentation. Est-ce que les personnes souffrant de la faim ne devraient pas dépenser chaque centime disponible dans l’achat de nourriture?

Duflo et Banarjee se sont rendus dans des villages isolés et, à titre d’expérimentation, ont donné un peu d’argent à certaines personnes. Leur constat: cet argent supplémentaire n’a pas servi à l’achat d’aliments en plus grande quantité ou de meilleure qualité, mais au financement de menus plaisirs (un téléviseur, de l’alcool, des cigarettes ou des fêtes dispendieuses). Et si ces personnes ont effectivement acheté davantage de nourriture, alors ce ne sont pas forcément des aliments plus sains, mais surtout des aliments qu’elles trouvent meilleurs au goût.

Or, même si une telle attitude est condamnable de prime abord, elle n’est pas totalement incompréhensible. La faim et la malnutrition ne vont pas toujours de pair avec la pauvreté. Si les pauvres n’ont pas faim, pourquoi devraient-ils dépenser cet argent supplémentaire pour une alimentation, certes plus saine, mais moins goûteuse?

Un appareil de télévision ou de l’alcool leur procure sur le moment un bienfait largement supérieur. Evidemment, si elles s’alimentaient mieux, les personnes concernées auraient alors un avenir plus souriant, mais le présent compte apparemment beaucoup plus pour elles. Peut-être parce que l’intérêt d’une alimentation saine n’est pas directement perceptible ou parce que le présent prime avant tout.

Le luxe c’est de ne pas avoir à décider

Que ce soit à St-Moritz ou dans un camp de tentes au Congo, les hommes ont tendance à accorder davantage d’importance au présent et à repousser au lendemain les tâches désagréables, même si elles sont indispensables (procrastination). Or, les conséquences d’une telle vision à court terme sont fatales pour les populations des pays en voie de développement.

Les plus démunis doivent prendre activement un plus grand nombre de décisions, et ce bien qu’ils soient généralement moins bien informés que les populations des pays industrialisés. Pour notre part, moult décisions nous sont épargnées ou des recommandations nous sont présentées, par exemple avec le régime de la prévoyance vieillesse, l’école obligatoire ou les recommandations pour les vaccins. Banerjee formule les choses ainsi: «Si nous ne prenons pas activement de décision, nous sommes sur la bonne voie. Si les pauvres n’en prennent pas, ils sont sur la mauvaise.»

Et l’aide au développement qui consiste à distribuer des denrées alimentaires, certes bonnes pour la santé, mais mauvaises au goût, ne fonctionne pas. Personne ne mangera de tels aliments. Duflo et Banerjee suggèrent en conséquence de mélanger les nutriments essentiels dans autre chose, par exemple dans l’eau ou le sel. Cela permettrait de soulager les plus démunis d’une des nombreuses décisions qu’ils doivent prendre.

 

Pour l’équipe d’iconomix, Patrick Keller, 29 avril 2014

Vous devez vous décider: soit vous sauvez la vie de cette souris, soit vous gagnez 10 francs. Ce qu’une expérience avec des souris nous apprend sur les marchés et la morale.

Source: Wikimedia 

Cela semble paradoxal. Alors que la grande majorité de la population se déclare contre le travail des enfants, l’exploitation et la pollution de l’environnement, ces valeurs perdent nettement de leur importance lorsqu’il s’agit de rechercher le produit le moins cher. Bien avant l’effondrement tragique d’une usine au Bangladesh, nous savions tous que d'autres souffrent pour que nous puissions nous vêtir avec des jeans et des t-shirts à bas prix. 

Mais le t-shirt bon marché a-t-il été acheté directement dans le magasin d’usine où l’on a peut-être pu apercevoir les conditions de travail inhumaines des employés? Pas vraiment. De là à soupçonner que la distance créée par le marché mondial et le commerce global modifie nos valeurs morales, il n’y a qu’un pas. Le débat n’est pas nouveau: le marché nous rend-il plus mauvais? 

Encaisser l’argent ou sauver la souris 

Une expérience menée par deux économistes allemands, Nora Szech et Armin Falk, nous livrera peut-être de nouveaux enseignements en la matière. Des cobayes ont dû se décider entre deux options possibles: sauver la vie d’une souris ou recevoir de l’argent. 

Les souris étaient en bonne santé, mais trop nombreuses. Elevées pour des expériences de laboratoire, elles ne pouvaient désormais plus être utilisées par la recherche et auraient de toute façon été tuées. Si les cobayes décidaient de sauver la vie de la souris, celle-ci était alors rachetée et se voyait offrir une vie de souris en première classe dans les meilleures conditions qui soient. 

Les sujets de l’expérience ont pu voir la souris sur des photos et regarder un film présentant la manière dont la souris serait tuée s'ils optaient pour l'argent. Près de 45% des cobayes ont pris les 10 euros – et ont ainsi, de fait, condamné la souris à mort. 

Mais que se passe-t-il si on laisse les individus «négocier» la vie de la souris? Pour le savoir, une variante de cette expérience impliquait deux personnes: un vendeur et un acheteur. Le vendeur recevait la souris en cadeau. Puis, les deux protagonistes devaient s’entendre sur un prix. 

S’ils arrivaient à s’entendre sur un prix, la souris était sacrifiée et l’acheteur recevait alors 20 euros desquels il devait déduire le montant convenu et le remettre au vendeur. En l’absence d’accord de transaction, la souris restait certes en vie, mais le vendeur comme l'acheteur repartait les mains vides. Résultat: beaucoup plus de souris, en fait 72%, ont été tuées sur ce marché «bilatéral». Une autre version de l’expérience encore prévoyait davantage de vendeurs et d’acheteurs afin de simuler un marché plus important. Dans ce cas, encore plus de souris ont été sacrifiées – près de 75%. 

Les institutions influencent la moralité 

Si les valeurs morales dépendent de la culture de chacun et qu’elles évoluent parfois au fil du temps, il y a néanmoins un consensus de base: faire du mal aux autres, en toute connaissance de cause et sans raison aucune, est considéré par la plupart des gens comme totalement immoral. Même si l’on ne peut pas réellement comparer le meurtre d’une souris avec le travail des enfants ou la pollution environnementale, les cobayes se trouvaient néanmoins confrontés à une situation de conflit d'ordre moral : «Suis-je prêt à faire du mal à autrui pour en tirer un bénéfice personnel?» 

Il ressort de cette expérience que, dans le cadre d'interactions sur les marchés, les individus ont généralement tendance à accepter des conséquences négatives (en économie, on parle d’«effets externes négatifs») lorsque celles-ci concernent un tiers. Il semble donc que les valeurs morales s’érodent lorsqu’elles sont confrontées au marché. Pourquoi? 

D’après Szech et Falk, plusieurs effets différents peuvent être responsables de cette situation. Si deux personnes se mettent d’accord sur une transaction, alors la responsabilité et les éventuels sentiments de culpabilité sont divisés en deux et, ainsi, ils sont moindres pour chacun des protagonistes. Sur un marché comptant un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs, l’individu se sent moralement moins concerné, car il peut toujours se justifier en arguant qu’il n’a eu, de toute façon, qu’une faible incidence sur l’événement. Lorsque l’on voit les autres faire pareil, on estime implicitement qu'un tel acte est socialement accepté: «Si ce n'est pas moi qui l'achète, ce sera de toute façon quelqu’un d’autre». Par ailleurs, l’acte d’achat, la recherche d’un produit bon marché ou le marchandage pour le meilleur prix requièrent une grande partie de l’attention, de sorte que les éventuelles conséquences pour les tiers passent au second plan. 

Les institutions, comme le système juridique ou, justement, le marché, déterminent le comportement des individus. Et elles peuvent aussi inciter à agir en fonction d’autres critères moraux. 

Les marchés sont-ils donc le diable en personne? 

Lors du «Forum for Economic Dialog 2013» qui s’est tenu à Zurich, il a été question d’équité et d’efficience des marchés. L’expérience que nous venons de décrire y a également été évoquée. L’auteur de l’étude, Armin Falk, a souligné qu’il n’a pas comme objectif de critiquer les marchés. Les avantages que le commerce apporte sont impressionnants. Il n’y a vraisemblablement aucune autre forme d’organisation qui soit plus juste ni plus efficace que celle de l’économie de marché. 

Mais les campagnes qui en appellent à la moralité des acteurs du marché n’empêcheront pas la pollution de l'environnement ni que des enfants travaillent dix heures par jour dans des bâtiments insalubres pour coudre des tshirts – puisque, justement, le mécanisme du marché a fait passer les valeurs morales au second plan. En conséquence, Falk plaide pour l’interdiction légale de certaines activités dommageables, comme l’interdiction de l’importation de certains textiles. 

En la matière, il évoque le commerce des esclaves dans l’histoire des Etats-Unis. Là encore, des acheteurs et des vendeurs s’enrichissaient – sur le dos des esclaves. Ce n’est que lorsque l’esclavage a été interdit dans les Etats du Sud que cette pratique a pu prendre fin. «Une société doit toujours se demander où les marchés sont appropriés, et où ils ne le sont pas» estime Falk. 

Saint-Paul Gilles, un professeur d’économie à Paris, a signalé à Armin Falk qu’il n’est pas toujours facile de déterminer si une action est moralement correcte ou non. «Si nous n’achetons plus de t-shirts en provenance du Bangladesh, car nous ne voulons plus encourager le travail des enfants, l’usine pourrait faire faillite. Les ouvriers de l’entreprise ne pourraient alors plus nourrir leurs enfants, et le propriétaire risquerait même de se suicider. Une intervention régulatrice, même bien-pensante, peut tout à fait avoir des conséquences négatives.» 


 

Pour l’équipe d’iconomix, Patrick Keller, 1 avril 2014


Une étude réalisée par Lars Backstrom et Jon Kleinberg nous indique que les couples ont tendance à avoir une forte dispersion dans leurs amis.

Source: «Romantic Partnerships and the Dispersion of Social

Ties: A Network Analysis of Relationship Status on Facebook» 

Cette étude1, basée sur des observations du réseau social Facebook, a été très bien résumée et vulgarisée par le journaliste Nic Ulmi dans un article du Temps2.

La recherche avait pour but de répondre à une «simple» question: en regardant uniquement la structure du réseau d’amis d’une personne, peut-on trouver la personne avec laquelle elle a une relation amoureuse?

Pour l’équipe d’iconomix, Bertrand Bise, 16 janvier 2014 La réponse est assez surprenante puisque l’algorithme montre que c’est via l’aspect dispersion qu’il est possible de trouver avec le plus de probabilité les amoureux (environ 50%). En effet, une fois sur deux, les amis du couple sont très dispersés. 

Ce résultat peut paraître contre-intuitif. On pourrait penser que les relations amoureuses se cachent derrière une montagne d’amis en commun. Que nenni! Ce n’est le cas que pour le quart des observations étudiées par les deux chercheurs. Pire, une autre conclusion de la recherche veut que moins la dispersion est élevée, plus la relation risque d’être courte…

Morale de l’étude: ne jamais accepter de rendez-vous arrangé par un de ses amis!

1   

2   

3ec806394038/Facebook_modélise_lamour_qui_dure


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Aversion pour la perte

Disposition à accorder une importance plus grande aux pertes qu’aux bénéfices.

Effet de dotation; aversion à la dépossession

Tendance d’un individu à conférer une plus grande valeur à un bien qu’il possède qu’à un bien identique qu’il ne possède pas.

Effet de formulation

Constatation selon laquelle la manière dont un message est énoncé influence le comportement du destinataire, indépendamment du contenu du message.

Equilibre de Nash

Situation dans laquelle aucun joueur ne souhaite modifier sa stratégie quel que soit le comportement des autres joueurs.

Option par défaut 

Option standard

Procrastination

Comportement tendant à remettre au lendemain des travaux nécessaires, mais désagréables.

Stratégie

(théorie des jeux)

Plan d’action complet indiquant ce qu’un joueur donné fera à chaque étape de décision et face à chacune des situations possibles au cours du jeu.

Version mars 2016                                                                                                                                                                                                                                                                     26 | 26



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