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Développement web historique formation initiale




Chapitre A

Historique du web

Pour bien comprendre le de´veloppement d’un site, il me parait nécessaire d’avoir une ideé de l’historique du développement d’internet et du web, afin d’avoir une vue aussi comple`te que possible des différentes composantes d’internet et de l’arriveé des divers standards que nous avons l’habitude de coˆtoyer.

1 -      De´buts d’internet

Internet est l’aboutissement d’un travail entame´ aux Etats-Unis de`s la´ fin des anneés 50. En 1958, les laboratoires Bell créent le premier modem, pour l’abre´viation de modulateur-demodulateur, qui permet d’envoyer des donneés informatiques sur une ligne téle´phonique. La même anneé, la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA, ? Agence pour les projets de recherche avanceé de défense ?) est cre´ée. Joseph Carl Robnett Licklider, un informaticien, y de´fend (avec succès) l’ideé d’un réseau interconnecte´ d’ordinateurs.

Quelques anneés plus tard, Leonard Kleinrock, du MIT, publie une the´orie sur la communication de données par paquets.

Mais le point de de´part réel de ce qui deviendra Internet est la premie`re confe´rence ARPANET (Advanced Research Projects Agency Network), en 1967. Cette confe´rence lance le projet, qui débutera en 1969 et dont la premie`re démonstration effective se fera en 1972.

De`s 1969, les universités ame´ricaines de Stanford et l’Université de Californie a` Los Angeles (UCLA) sont reliées et le premier mot est transmis sur le re´seau : login. Pour la petite histoire, la premie`re lettre fut transmise instantane´ment et un bug fit que les trois suivantes mirent plus d’une heure a` arriver à destination. Ces deux universite´s seront peu après rejointes par l’universite´ de Californie à Santa Barbara et par celle de l’Utah.

Le re´seau est constitué de petits ordinateurs, les Interfaces Messages Processors (IMP), pouvant eˆtre considére´s comme les ancêtres des routeurs actuels, qui assurent la connexion des ordinateurs hoˆtes au réseau et permettent le transfert des donneés par la commutation de paquets. La vitesse de re´seau était, au de´part, de 50kbits par seconde.

Deux ans plus tard, un inge´nieur, Ray Samuel Tomlinson, envoie le premier courriel. 23 ordinateurs sont alors connecte´s. Le nom d’Internet trouve son origine l’anneé suivante avec la création de l’InterNetworking Working Group, organisme charge´ de la gestion du réseau.



Le re´seau s’internationalise en 1973 puisque l’Angleterre et la Norve`ge y connectent chacun un ordinateur. Le re´seau s’agrandissant, le besoin d’un protocole de communication se fait sentir et le protocole TCP/IP (Transmission Control Protocol / Internet Protocol) est de´fini. Il mettra 10 ans avant d’eˆtre adopté.

En 1977, 111 ordinateurs sont connecte´s et, en 1979, des étudiants ame´ricains, creént les NewGroups (forums de discussion Usenet), encore utilise´s aujourd’hui.

2 -       Cre´ation du World Wide Web

Les anneés 1980 voient l’essor de ce re´seau qui deviendra rapidement celui que l’on connaˆ?t aujourd’hui. En 1983, le protocole TCP/IP est (enfin) adopte´, ainsi que le nom d’Internet. Parallèlement a` cela, le premier DNS (Domain Name Server, serveur de noms de domaine) est cre´é. Environ 1 000 ordinateurs sont connecte´s au réseau. En 1987, le nombre de connexions passe a` 10 000 et, en 1989, 100 000.

Le de´but des années 1980 est aussi une pe´riode faste pour le développement de l’informatique en ge´néral, avec le lancement d’ordinateurs a` destination du ? grand public ? comme l’IBM PC (1981), le Sinclair ZX81, ou encore des de´veloppements logiciels comme le MS-DOS de Microsoft (tout cela rien que pour l’anneé 1981).

Si Internet trouve son de´marrage aux Etats-´ Unis, c’est en Europe, plus pre´cisément au CERN (Centre Europeén de Recherche Nucléaire), a` la frontie`re franco-Suisse près de Gene`ve, que le World Wide Web (Toile d’Araigneé Mondiale) naˆ?t, sous l’impulsion d’un informaticien anglais, Timothy (Tim) Berners-Lee et d’un inge´nieur syste`me belge, Robert Cailliau. Nous sommes alors en 1989.

Il s’agissait, au de´part, d’un système hypertexte a utiliser sur le re´seau du centre afin que les col-` laborateurs puissent facilement partager des informations. Il s’agit d’un ensemble de documents relie´s de fac¸on a` ce l’utilisateur puisse consulter directement ce qui l’inte´resse.

De fac¸on concomitante, le CERN de´cide cette année-la` d’utiliser le protocole TCP/IP et d’ouvrir sa premie`re connexion à Internet. Le web peut commencer a` se développer.

Pour surfer sur le web, un logiciel est indispensable : un navigateur. Le premier s’appelle WorldWideWeb (et sera plus tard rebaptise´ Nexus). Il s’agit d’un navigateur en mode texte, tre`s simple de fac¸on a` pouvoir fonctionner sur le maximum de types d’ordinateurs possible. Ce navigateur permet d’afficher la premie`re page web, à l’adresse :



N’essayez pas de taper cette adresse dans votre navigateur pre´fére´, elle est a` présent inope´rante! Mais, le CERN a conservé cette page en ligne a

La plus ancienne page web conserveé date du 13 novembre 1993. Les ele´ments qui constituent encore le web sont d´´ eja` présents : URL (Uniform Resource Locator), que l’on appelle plutoˆt en franc¸ais adresse web, HTTP (HyperText Transfer Protocol), le protocole de communication client - serveur en usage sur le web et HTML (HyperText Markup Langage) qui est le format de donneés pour décrire les pages web.


 

tium (W3C), un organisme de standardisation destine´ à promouvoir la compatibilite´ des technologies utilisées sur le web, en vue d’obtenir ? Un seul web partout et pour tous ?. Le W3C met a` disposition un validateur, qui permet de s’assurer que les pages web produites respectent bien les standards du web. il est accessible a` l’adresse :

3 -      CSS

Au de´part, le HTML n’était qu’un syste`me hypertexte destiné a` ce que les collaborateurs du CERN puissent avoir un acce`s simple aux informations. Il n’e´tait alors nullement question de pages attrayantes, d’images, de vide´o, de son Mais tout cela s’est doucement développe´ avec la croissance exponentielle du nombre de sites et l’apparition de navigateurs ?populaires ? tels Netscape navigator en 1994 ou Internet Explorer, de Microsoft, en 1995.

Les possibilite´s ?esthe´tiques?de HTML sont assez rudimentaires, mais en de´tournant de leur fonction principale certains éle´ments, il est possible de programmer d’assez jolies pages, en utilisant moult images et des tableaux dont la bordure est invisible pour ge´rer le positionnement des diffe´rentes parties de la page. Cette méthode, tre`s en vogue dans les anneés 1990 est simple à mettre en place pour des petits sites, mais demande d’e´normes travaux supplémentaires en cas de modification des pages : Il faut reprendre tout le code et reprogrammer.

C’est pour e´viter ces programmations lourdes en cas d’utilisation de plusieurs pages et pour e´viter de devoir tout reprogrammer à chaque changement sur la page qu’est neé l’idée de se´parer ? la forme et le fond ?, ou, plus exactement, la structure du document et la partie esthe´tique des pages.

En 1996, la norme CSS1, pour Cascading Stylesheets, ou, en franc¸ais, feuilles de style en cascade, qui permet de ge´rer à part et donc de modifier simplement le style d’un e´lément d’une page web ou de toute une page, voire de tout un site.



L’utilisation du langage CSS permet de jouer sur le ? style ?, c’est-a`dire des e´léments comme la position sur la page, la couleur, la taille des caracte`res. Il est possible, au choix, de définir ce style soit pour chaque ele´ment, soit une fois pour toute sur la page, soit, si le site comporte plu-´ sieurs pages, dans un fichier se´paré commun a` toutes les pages.

De son coˆté, HTML ge`re la structure du document, c’est-à-dire la nature de chaque e´lément (texte, paragraphe, lien, image, etc ).

Depuis sa cre´ation en 1996, CSS s’est améliore´ à de nombreuses reprises profitant de la puissance accrue des ordinateurs et la complexification des navigateurs. Le W3C a commence´ à re´diger la version 2 en 1998; la version 3 commence de`s 1999. A l’heure actuelle, la plupart des sites uti-` lisent du CSS3 bien que la version 4 soit de´jà en cours de de´veloppement depuis 2010.

4 -        Langages de programmation

Tre`s vite, le besoin de pouvoir réagir aux interventions de l’utilisateur s’est fait sentir. HTML, meˆme compléte´ avec du CSS, permet juste un affichage mais aucun retour programme´ vers l’utilisateur. HTML et CSS ne permettent, seuls, que la programmation de sites statiques.

Pour passer au web dynamique, il y a ne´cessité d’un langage de programmation serveur, d’abord. En effet, les premie`res interactions dont ont eu besoin les concepteurs de sites e´taient des interactions du type clientserveur.

PHP

C’est ainsi qu’en 1994, un programmeur canadien ne´ au Groenland, Rasmus Lerdorf, a crée´ la premie`re version du langage de programmation PHP, pour Personal Home Page (Page personnelle en franc¸ais), devenu depuis PHP : Hypertext Preprocessor (acronyme re´cursif).

Lerdorf souhaitait conserver une trace des visiteurs qui venaient consulter son CV sur sa page

Rasmus Lerdorf, personnelle. Il a donc de´veloppé une bibliothe`que par Ed. logicielle en C qu’il a enrichi au fur et a` mesure

           Australie, 2007                    avant de publier son code sous licence libre en

           CC BY SA 2.0             1995.

La version la plus utiliseé actuellement est la 5, sortie en juillet 2004. Tre`s récemment, le 17 de´cembre 2015 est sortie la version 7 (la publication de la version 6 a e´té annuleé). En 2013, plus de 244 millions de sites utilisent PHP.



Mais, si un langage serveur est indispensable pour la sauvegarde d’informations, il n’est pas possible de l’utiliser pour effectuer des actions sur le poste client. Il faut un autre interpre´teur de code, fonctionnant côte´ client, soit par l’interme´diaire d’applets, soit directement interpréte´ par le navigateur. C’est le cas de JavaScript.

JavaScript, qui ne partage avec Java que le de´but de son nom, est un langage interpre´té par les navigateurs, cre´é par Brendan Eich en 1995. On raconte que le langage, cre´é pour Netscape Communications Corporation, a e´té de´veloppé en 10 jours seulement.

Eich s’est inspire´ de nombreux langages pour de´velopper JavaScript, notamment de Java mais en simplifiant la syntaxe. Evidemment, le premier´ navigateur embarquant un moteur pour ce langage fut un navigateur de Netscape, Navigator 2.0, sorti en mars 1996.

Un des soucis rencontre´ par JavaScript est que tous les navigateurs ne reconnaissent pas de la meˆme fac¸on les instructions, certaines e´tant spe´cifiques à certains navigateurs. Aussi, en 2006, John Resig lance la bibliothe`que JQuery pour faciliter l’écriture des scripts JavaScript et uniformiser les diffe´rentes fonctions à utiliser suivant les navigateurs.

Il est possible de me´langer ? JavaScript et PHP, ou plus exactement d’appeler des programmes PHP depuis JavaScript par l’interme´diaire d’Ajax, pour Asynchronous JavaScript and XML.

Pour terminer ce tour d’horizon historique et technique du web, maintenant que nous avons connaissance de la gestion de la structure d’une page (HTML), de son apparence (CSS), d’un langage serveur (PHP) et d’un langage client (JavaScript), il nous faut un moyen de sauvegarder facilement des donneés afin de les exploiter.

Il est bien suˆr possible de déposer ses fichiers sur un serveur web, comme on le fait pour les images ou les vide´os que l’on peut proposer sur son site, ou alors de creér via PHP des fichiers de données qu’on viendra lire, mais cela n’est pas pratique et demande un investissement important en programmation. La programmation de sites web est adapteé à l’utilisation de structures de gestion de donneés : les SGBDR (Système de gestion de bases de donneés relationnelles).

En l’occurrence, nous utiliserons ici un des logiciels les plus utilise´s au monde, notamment pour les applications web, distribue´ sous licence libre et dont la premie`re version date des débuts du web (1995) : MySQL. Ce logiciel a e´té cre´é par un finlandais, Michael Widenius.



La socie´té creé pour l’exploitation et la création de ce logiciel libre, MySQL AD, a e´té acheteé en 2008 par Sun Microsystems, elle-meˆme racheteé par Oracle Corporation en 2009, ce qui laisse à cette dernie`re sociéte´ deux produits concurrents, Oracle et MySQL. En 2009, Michael Widenius a cre´é un autre SGBDR, MariaDB pour continuer le de´veloppement en tant que projet Open Source, c’est-a`-dire respectant les principes de libre redistribution, d’acce`s au code source et de création de travaux de´rivés.



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