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Cours de base sur les principaux savoir-faire de la comptabilité générale : le bilan

I- Définition

 Le bilan est un tableau, qui à une date donnée, représente la situation patrimoniale d’une entreprise. A gauche l’Actif : « ce que possède l’entreprise » et à droite le Passif : « ce que doit l’entreprise ».

 Le bilan est établi à la fin de l’exercice comptable (d’une durée de 12 mois en général). C’est l’un des documents de synthèse et il est complété par une annexe qui donne des indications importantes sur certains éléments du patrimoine :

 un état des immobilisations,

 le tableau des amortissements,

 un tableau des plus-values et moins-values réalisées,

 le tableau des provisions,

 l’état des échéances des créances et des dettes à la clôture de l’exercice

II- L’Actif « Ce que possède l’entreprise »

 Les éléments composant l’Actif du bilan sont classés par ordre de liquidité croissante (aptitude à être transformés en argent). Il comprend :

A- L’actif immobilisé

 Ce sont des biens durables (réutilisables) dont l’entreprise est propriétaire et qui sont nécessaires à l’exercice de son activité (comptes de la classe 2).

 Les immobilisations incorporelles (n’ayant pas de corps certain) : brevets, marques, fonds commercial...

 Les immobilisations corporelles (ayant une consistance matérielle) : terrains, constructions, matériels et outillages industriels, matériel de transport, mobilier, matériel de bureau et informatique...

 Les immobilisations financières (certaines créances et certains titres) : prêts, caution, titres qui ont vocation à être conservés durablement au sein de l’entreprise (titres de participation et titres immobilisés).

Certains de ces biens subissent chaque année une perte de valeur irréversible : Amortissement (construction, matériel de transport...). D’autres subissent une perte de valeur non irréversible ou d’un montant incertain : Provision pour dépréciation (terrains, titres...). Dans les 2 cas, ces pertes de valeur diminuent la valeur du patrimoine de l’entreprise. Valeur patrimoniale = Valeur nette = Valeur d’achat - amortissement ou provision pour dépréciation.

...

Le bilan patrimonial

Le bilan patrimonial, également appelé bilan financier, fait apparaître le patrimoine réel de l’entreprise. Il a été conçu dans une optique de liquidation de l’entreprise, c’est-à-dire qu’il repose sur l’étude de la solvabilité de l’entreprise. Il est donc utilisé par les créanciers de l’entreprise (banque et porteur d’obligations). L’approche patrimoniale a pour but d’analyser la structure financière de l’entreprise à partir de sa capacité à faire face à ses dettes exigibles à l’aide de ses actifs les plus liquides. L’analyse de la structure financière patrimoniale est ainsi également appelée analyse liquidité / exigibilité.

  1. La conception patrimoniale de l’équilibre financier

L’équilibre financier patrimonial met l’accent sur l’adéquation entre la liquidité des actifs et l’exigibilité du passif.

- La liquidité d’un actif dépend de la possibilité de le transformer rapidement et sans perdre de valeur en monnaie.

- L’exigibilité d’une dette dépend de son échéance et de la capacité du créancier à en demander le remboursement immédiat.

Dans l’approche patrimoniale du bilan, l’appréciation du degré de liquidité des actifs et d’exigibilité des passifs repose sur la maturité à plus ou moins un an. Selon cette appréciation, un actif réalisable à CT est un actif dont le délai de transformation en monnaie est inférieur à un an et une dette exigible est une dette à moins d’un an.

  1. La construction du bilan patrimonial

L’approche patrimoniale consiste à classer les actifs par ordre de liquidité croissante et les passifs par ordre d’exigibilité croissante. Le bilan se présente alors comme suit :

ACTIF    PASSIF

Actif à plus d’un an         Capitaux propres Dettes à plus d’un an

Actif à moins d’un an     Dettes à moins d’un an

La somme des capitaux propres (par nature non exigibles) et les dettes à plus d’un an constitue les capitaux permanents.

La construction du bilan patrimonial nécessite de corriger le bilan comptable après affectation du résultat. Les corrections à effectuer concernent principalement :

- La prise en compte des éléments d’actifs à leur valeur vénale (i.e. valeur réelle) ; - L’élimination des non-valeurs ou actifs fictifs ;

- Le reclassement des actifs et des passifs selon le critère plus ou moins d’un an ; - La prise en compte d’éléments hors bilan comptable.

Nous allons reprendre chacun de ces points.

  1. L’évaluation des actifs à leur valeur vénale

Il faut procéder à des réévaluations par rapport à la valeur comptable qui vont mettre en évidence des plus ou moins-values. Dans ce cas, on intègre :

- les éléments d’actifs à leur valeur de marché ;

- et la différence entre valeur de marché et valeur comptable au passif. A défaut de ces ajustements, on conserve les valeurs nettes comptable.

  1. L’élimination des non-valeurs

Certains postes du bilan ne procureront aucune rentrée de fonds et doivent donc être éliminés. Ces éléments sont notamment :

- le capital souscrit non appelé ;

- les frais d’établissement,

- les frais de recherche et développement,

- les primes de remboursement des obligations,

- les charges à répartir sur plusieurs exercices,

- les différences de conversion à l’actif et au passif.

Ces postes sont éliminés de l’actif du bilan financier et on soustrait les mêmes montants des capitaux propres au passif. Les écarts de conversion passif sont éliminés et retranchés des créances.

  1. Les reclassements des actifs et passifs selon le critère plus ou moins d’un an

La distinction faite par le PCG entre actif immobilisé et actif circulant ne repose pas totalement sur la distinction plus ou moins d’un an. De même pour les dettes à LMT et les dettes à CT. Deux exemples :

- La part des prêt remboursable à moins d’un an. Dans le bilan comptable, elle est inscrite dans les immobilisations financières (i.e. actifs peu liquides) alors qu’elle constitue du point de vue patrimonial un actif très liquide.

- On trouve dans les dettes et emprunts auprès des établissements financiers, les concours bancaires courants et la partie remboursable à moins d’un an.

Les retraitements sont les suivants.

- Les dettes et créances à moins d’un an doivent être éliminés du passif et de l’actif à LT pour être reclassés dans le passif et l’actif à moins d’un an. De même, les dettes et créances à plus d’un an doivent être éliminés du passif et de l’actif circulant pour être reclassés dans le passif et l’actif à plus d’un an.

- Les charges et les produits constatés d’avance sont reclassés dans les actifs à plus ou moins d’un an selon qu’ils concernent l’exercice suivant ou des exercices à plus d’un an. A défaut de précisions, on les classe dans les éléments à moins d’un an.

- Les provisions pour risques et charges doivent être reclassées dans les dettes à plus ou moins d’un an selon leur échéance prévue. A défaut de précisions, elles sont attachées aux dettes à plus d’un an.



- Si le bilan est donné avant répartition, il faut faire figurer les dividendes à distribuer dans les dettes à moins d’un an et donc retrancher le même montant des capitaux propres.

- Les VMP sont classées en actifs à moins d’un an.

  1. La prise en compte des éléments hors bilan : les effets escomptés non échus

Un effet de commerce est un moyen de règlement de crédit. Il s’agit d’un titre émis en contrepartie d’une créance client négociable avec une banque ou avec un tiers. L’escompte d’un effet de commerce correspond à l’opération de mobilisation de l’effet, i.e. opération par laquelle une banque verse au porteur d’un effet non échu le montant de celui-ci diminué de l’agio (taux d’escompte). L’entreprise sans attendre l’échéance cède donc à une banque cette créance en échange de liquidité. Les effets escomptés disparaissent de l’actif du bilan dès que la banque met les fonds correspondants à la disposition de l’entreprise. Cette position comptable masque la fonction réelle de l’escompte, qui est d’apporter temporairement des fonds à l’entreprise. De plus, juridiquement, l’escompte n’est pas une cession de créance, mais une délégation de créance, car l’entreprise supporte le risque de non-paiement à l’échéance. Pour ces raisons, les EENE, dont le montant est donné dans l’annexe, doivent être rattachés aux créances clients. On tiendra compte d’un encours bancaire supplémentaire du même montant (dettes financières à moins d’un an).

Remarque : dans une optique patrimoniale, les biens faisant l’objet d’un contrat de crédit-bail ne font l’objet d’aucun retraitement puisque l’entreprise n’en est pas propriétaire.

Le bilan financier

ACTIF    PASSIF

Actifs à plus d’un an       Passifs à plus d’un an (Capitaux permanents)

Actifs immobilisés à + 1 an (en VNC)      Capitaux propres

- Actifs fictifs (en VNC) - Part du résultat distribué

+ Actifs circulants à + 1 an (en VNC)       + Provisions pour R&C

+ ou – Réévaluations des actifs - Actifs fictifs

                + Dettes à + 1 an

                + ou – Réévaluations des actifs

Actifs à moins d’un an   Passifs à moins d’un an

Actifs circulants à – 1 an (en VNC)           Dettes à – 1 an

+ Actifs immobilisés à – 1 an (en VNC)  + Part du résultat distribué

+ CCA    + PCA

+ EENE  + EENE

- Ecarts de conversion actif         - Ecarts de conversion passif

  1. Le fonds de roulement patrimonial

Le FDR financier permet d’apprécier l’équilibre financier de l’entreprise ; il est indicateur de sa solvabilité et de son risque de cessation de paiements. Le FDR patrimonial peut être calculé de 2 manières :

- Par le haut de bilan : Capitaux permanents – Actifs à plus d’un an (valeur nette) - Par le bas de bilan : Actifs à moins d’un an – Dettes à moins d’un an

Calculé par le haut de bilan, le FDR patrimonial permet d’apprécier le mode de financement des actifs à plus d’un an. Par le bas de bilan, il permet de calculer la capacité de l’entreprise à couvrir ses dettes à CT.

Dans l’approche patrimoniale du FDR, celui-ci doit être positif pour permettre à l’entreprise de régler ses engagements. L’existence d’un FDR positif constitue une marge de sécurité qui prémunit l’entreprise contre les obstacles qu’elle pourrait rencontrer dans la réalisation des actifs circulants (baisse des ventes, sur-stockage, retard dans le recouvrement des créances ...). Un FDR financier négatif indique que l’équilibre financier n’est pas respecté et que les risques d’insolvabilité sont probables.

En résumé plus le FDR patrimonial est important, plus le risque de défaillance dans le règlement des dettes est faible. En pratique, les banques considèrent que le FDR pour une entreprise industrielle devrait représenter de 1 à 3 mois de CA.

  1. Les ratios

L’étude de la liquidité et de la solvabilité de l’entreprise est complétée par plusieurs ratios calculés à partir du bilan patrimonial. Ces ratios doivent être calculés sur plusieurs exercices afin d’apprécier leur évolution dans le temps et dans l’espace.

  1. La liquidité

Il s’agit de savoir dans quelle mesure la vente des stocks et l’encaissement des créances à moins d’un an permettent de payer les dettes à moins d’un an. On distingue 3 ratios.

- Le ratio de liquidité générale. Ce ratio rejoint la notion de fonds de roulement financier. Il doit être supérieur à 1 pour traduire un fonds de roulement financier positif. Méthode de calcul : actif à moins d’un an / dettes à moins d’un an.

- Le ratio de liquidité restreinte. Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à payer ses dettes à CT à l’aide de l’encaissement des créances et de la trésorerie disponible. Il doit être proche de 1. Toutefois lorsque ce ratio est sensiblement inférieur à 1, il peut traduire non pas des difficultés financières mais au contraire une gestion de trésorerie proche de 0. Méthode de calcul : (créances à moins d’un an + disponibilité) / dettes à moins d’un an.

- Le ratio de liquidité immédiate. Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à payer ses dettes à CT en utilisant ses disponibilités. Il est devenu peur significatif en raison des découverts bancaires accordés aux entreprises et de la gestion de trésorerie proche de zéro. Méthode de calcul : Disponibilités / dettes à moins d’un an.

  1. La solvabilité

En cas de liquidation par manque de liquidités, l’entreprise reste solvable dans la mesure où l’actif réel net permet de couvrir l’ensemble des dettes. Deux ratios permettent d’analyser la solvabilité de l’entreprise.

- Le ratio d’autonomie financière. Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à s’endetter. Plus ce ratio est élevé, moins l’entreprise est endettée. Méthode de calcul : capitaux propres / total passif.

- Le ratio de solvabilité générale. Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à payer l’ensemble de ses dettes en utilisant ses actifs. Il doit être supérieur à 1. Méthode de calcul : total actif / total des dettes.

  1. Les limites de l’approche patrimoniale

Si plusieurs critiques peuvent être énoncées la principale concerne l’objectif de l’approche patrimoniale : mesure du risque de liquidation de l’entreprise. Cette optique est peu adaptée à l’analyse du fonctionnement courant des firmes et du financement des besoins du cycle d’exploitation.

Pour cela l’analyse fonctionnelle de la structure financière est basée sur l’étude de la couverture des emplois par les ressources en prenant en considération les trois grandes fonctions (investissement, financement, exploitation) dans les différents cycles économiques de la firme.

III.          Le bilan fonctionnel

Alors que l’analyse en termes de liquidité et d’exigibilité voit dans le bilan un état du patrimoine de la firme, l’analyse dite fonctionnelle, développée par la Centrale des Bilans de la Banque de France dans les années 70 (désormais appelée Observatoire des Entreprises), considère le bilan comme un état, à un moment donné :

- côté passif, des ressources à la disposition de l’entreprise ;

- et côté actif, des différents emplois donnés aux ressources de l’entreprise.

Le bilan fonctionnel est un résumé comptable ordonné de manière à mettre en évidence différentes masses qui permettent de calculer le fonds de roulement (FDR), le besoin en fonds de roulement (BFR), la trésorerie et d’effectuer une analyse financière.

De manière générale, le bilan fonctionnel peut se présenter comme suit :



ACTIF                                   PASSIF 

Emplois acycliques Emplois cycliques Trésorerie active                                 Ressources acycliques Ressources cycliques Trésorerie passive         

  1. La conception fonctionnelle de l’équilibre financier

Cette conception est fondée sur l’hypothèse de continuité de l’exploitation et repose sur l’analyse du fonctionnement de l’entreprise. Ainsi, dans le bilan fonctionnel, les actifs et les passifs, classés respectivement selon leur destination et leur origine, sont regroupés par référence aux fonctions de la firme et aux différents cycles inhérents à ces fonctions. On distingue 4 cycles différents :

- Le cycle d’investissement et de désinvestissement (immobilisations) regroupant les opérations d’acquisitions et de cessions d’éléments d’actif ;

- Le cycle de financement regroupant les opérations ayant pour but de réunir les ressources financières nécessaires au financement des besoins durables de l’entreprise ;

- Le cycle d’exploitation regroupant les opérations liées à l’activité cyclique de la production et des échanges commerciaux ;

- Le cycle de trésorerie résultant des cycles précédents. Il a pour fonction d’assurer l’ajustement global entre le cycle d’exploitation et les 2 autres cycles.

Les cycles d’investissement et de financement correspondent à des cycles longs car ils concernent des opérations durables. En revanche, les cycles d’exploitation et de trésorerie sont qualifiés de cycles courts. Le bilan fonctionnel représente la photographie à un moment donné du déroulement de ces cycles et permet de voir comment s’effectue le financement des emplois par les ressources.

  1. Présentation

Le bilan fonctionnel distingue :

- Les emplois (actif) et ressources (passif) stables i.e. relatifs respectivement aux cycles longs d’investissement et de financement ;

- Les emplois et ressources circulants i.e. relatifs aux cycles courts d’exploitation ;

- Les emplois et ressources de trésorerie.

Le bilan fonctionnel peut être présenté sous la forme d’un graphique ; les masses sont alors exprimées en pourcentages. Cette présentation en facilite la visualisation et permet une comparaison rapide de plusieurs bilans.

Trois principes de base :

- Le bilan fonctionnel est bâti à partir de la valeur d’achat des biens, i.e. en valeur brute. En effet, on recherche l’utilisation que la firme fait de ce qu’elle achète ;

- L’analyse fonctionnelle s’attache à travailler à un bilan avant répartition des résultats car on s’interroge sur la rentabilité dégager par l’entreprise, i.e. sur le résultat net comptable ;

- Bien sur, le total actif doit être égal au total passif.

La construction du bilan fonctionnel consiste à effectuer divers reclassements et retraitements destinés à permettre le passage du bilan comptable avant répartition du résultat au bilan fonctionnel.

  1. Les retraitements

1) A l’actif

(i)           Le capital souscrit non appelé

Il s’agit des actions achetées par les actionnaires dont l’entreprise n’a pas demandé le versement de la totalité de la valeur de l’action.

Capital souscrit non appelé + capital appelé non versé + capital social.

Exemple : Capital social = 50 000€

Capital souscrit versé = 25 000€

Capital souscrit non appelé = 25 000€

On replace ce capital dans l’actif circulant hors exploitation. En effet, l’entreprise a une sur ces actionnaires.

- L’ensemble des immobilisations inscrites dans le bilan comptable se retrouve dans le bilan fonctionnel.

- Les immobilisations amortissables. Il faut vérifier l’état général des immobilisations corporelles (constructions et matériels). Un taux d’usure (amortissement/immobilisations brutes amortissables) qui est supérieur à 80% signifie souvent que les entreprises ne sont plus en mesure de renouveler leurs immobilisations. Dans le cas d’immobilisations peu élevées, il faut vérifier si l’entreprise n’a pas financé du matériel par crédit-bail.

- Le crédit-bail : consiste à louer pour une durée déterminée, souvent très longue, un bien qui peut-être racheté à l’issue du contrat pour une somme symbolique (la valeur résiduelle). Or comme au niveau de l’actif du bilan comptable on ne retrouve que les biens qui sont la propriété de l’entreprise, on n’y trouve pas les biens acquis par CB. Il faut donc redresser la situation. Méthode :

o             On ajoute en immobilisation corporelle la valeur d’origine des biens du crédit-bail ;

o             On ajoute en fonds propre interne (ressource stable) les dotations aux amortissements qui ont été pratiquées sur le bien considéré. Pour cela on calcul le coefficient d’amortissement K :

Valeur d’origine Valeur résiduelle −

Coût total du crédit

Les amortissements sont alors égaux à K × Loyer ;

o             On réintègre en dette financière stable la différence entre la valeur d’achat et le montant des amortissements pratiqués (valeur nette du bien).

Exemple :                                                                         

 (iii)        L’actif circulant

- L’actif circulant d’exploitation. On retrouve la totalité des stocks en valeur brute, les avances que l’entreprise a fait à ses fournisseurs, les créances clients, les autres créances d’exploitation (salariés, Etat ...).

o             Les créances clients. Il faut être vigilant en cas de forte augmentation car cela signifie soit que l’entreprise se développe rapidement et est donc fragilisée, soit que le poste client est mal maîtrisé et que le risque d’impayés peut devenir important.

o             Les stocks. Il faut les comparer par rapport au CA si le poste paraît élevé. Les stocks peuvent être la cause de difficultés financières. Il faut donc être vigilant à de fortes croissances d’une année sur l’autre.

o             Les EENE. On a vu que l’entreprise sans attendre l’échéance cède à une banque cette créance en échange de liquidité. Les effets escomptés disparaissent donc de l’actif du bilan dès que la banque met les fonds à la disposition de l’entreprise.

Méthode de retraitement :

(1)          On réintroduit les EENE aux créances clients

(2)          On réintroduit en trésorerie de passif le même montant. En effet si l’entreprise n’avait pas eu recourt à la mobilisation pour subvenir à ces besoins, elle aurait du faire un emprunt.

o             L’affacturage. Il s’agit d’une convention par laquelle l’adhérent s’engage à affecter la totalité de ses créances commerciales pour une période donnée et un secteur d’activité donné à une société d’affacturage contre règlement de ces créances (déduction faite d’un intérêt et des frais de gestion). La différence entre les effets de commerce et l’affacturage est que la société d’affacturage ne peut se retourner contre l’entreprise en cas de non paiement du client.



Méthode de retraitement : idem au EENE.

- L’actif circulant hors exploitation. On y intègre le capital souscrit non appelé, le capital souscrit appelé non versé et les valeur mobilière de placement (VMP).

- Les comptes de régularisation.

o             Les charges constatées d’avance (CCA). Exemple : une firme loue un entrepôt le 1er décembre qu’elle paie par avance 1200€. Le loyer mensuel est de 100€. Par conséquent, les CCA sont de 1100€ (les 11 premiers mois).

Méthode de retraitement : on injecte en actif circulant d’exploitation ou hors exploitation en fonction de l’information dont on dispose. A défaut, en ACE.

o             Les charges à répartir sur plusieurs exercices (CARPE). Le plan comptable autorise les sociétés à étaler certaines charges sur plusieurs exercices pour ne pas amputer de façon trop importante le résultat d’un exercice donné.

Méthode de retraitement :

(1)          Introduire en immobilisation le montant des CARPE en valeur brute.

(2)          Le montant des amortissements pratiqués est intégré au niveau des fonds propres internes.

o             Prime de remboursement des obligations (PRO). Il s’agit de charges non décaissés directement par l’entreprise, mais qui sont supportées par la firme suite à l’émission d’un emprunt obligataire.

Méthode de retraitement :

(1)          On supprime le montant de l’actif.

(2)          On déduit du montant des dettes à LMT ces mêmes primes.

(3)          On ajoute en fonds propre interne le montant des amortissements.

o             Ecart de conversion actifs et passifs (ECA ou ECP). Ils font références à des opérations nouées et libellés avec des sociétés étrangères (donc en devise). Il y a donc un risque de change (perte ou gain d’attente).

Méthode de retraitement :

(1)          On annule le poste au niveau du bilan.

(2)          Si ECA alors on l’ajoute à l’actif circulant (exploitation ou hors exploitation).

(3)          Si ECP alors on l’ajoute au passif circulant (exploitation ou hors exploitation).

2) Au passif

(i)           Les ressources stables

o             Les fonds propres externes. Ils comprennent le capital social, les primes d’émission, les primes de fusion et les subventions d’investissement.

o             Les fonds propres internes. Il s’agit des réserves (i.e. la part du résultat non distribué sous forme de dividende), du report à nouveau, des écarts de réévaluation (comme on prend les valeurs brutes, il faut réévaluer la valeur des biens ; exemple : un immeuble), des amortissements, des provisions réglementées et des provisions pour risques et charges.

o             Les dettes financières stables. Il s’agit ici de prendre en compte la rémunération (paiement d’un intérêt) qui est attachée à une créance. Les composantes sont les emprunts obligataires convertibles (les porteurs de l’obligation peuvent demander à certaines périodes la conversion de leur obligation en une action), les autres emprunts obligataires, les emprunts financières diverses, et les emprunts de crédit bail.

(ii)          Les dettes d’exploitation

Il s’agit de dettes qui ne donnent pas lieu à paiement d’un intérêt. Elles sont nées dans le cadre de l’exploitation de l’entreprise (i.e. de l’activité de la firme). On y trouve :

o             Les avances et acomptes des clients

o             Les dettes fournisseurs et comptes rattachés. Il faut être vigilant si l’on constate une augmentation importante du poste. En effet, un entrepreneur qui connaît des difficultés est à la recherche de financement supplémentaire : il peut les obtenir auprès de ses fournisseurs.

o             Une partie des dettes fiscales et sociales : la part de l’IS est reclassée dans les dettes hors exploitation

o             Les autres dettes d’exploitation

o             Les comptes de régularisation

(iii) Les dettes hors exploitation On y trouve :

o             Les dettes sur immobilisation

o             L’impôt sur les sociétés (IS)

o             Les autres dettes à caractère hors exploitation

o             Les intérêts courus non échus : ces intérêts sont payés un an après.

(iv) La trésorerie de passif

On y trouve les financements de CT :

o             Concours bancaires courants et les soldes créditeurs de banque

o             Les EENE

o             Les obligations cautionnées : l’entreprise peut bénéficier, à un moment donné, d’un report de paiement (exemple : la TVA) mais en contrepartie elle doit trouver un établissement bancaire pour la cautionner.

  1. Interprétation du bilan fonctionnel

Rappel : une des règles de l’équilibre financier est que les emplois durables doivent être financés par des ressources durables. Le fonds de roulement représente une ressource durable (ou structurelle) mise à la disposition de l’entreprise pour financer des besoins du cycle d’exploitation. Il s’agit donc pour l’entreprise d’une marge de sécurité financière destinée à financer une partie de l’actif circulant. Son augmentation accroît les disponibilités de l’entreprise. Le besoin en fonds de roulement est la partie des besoins d’exploitation qui n’est pas assurée par les ressources d’exploitation.

  1. Le besoin en fonds de roulement

Le BFR a un caractère dual. En effet, il possède une dimension structurelle (permanente) puisqu’il résulte de la nature de l’activité (firmes industrielles <> firmes commerciales). En effet, plus le cycle d’exploitation est long, plus le BFR sera important. Mais il possède également une dimension temporaire qui évolue en fonction des fluctuations saisonnières (agissant sur les ventes, les achats et les stocks) et du niveau d’activité (le BFR varie en fonction du CA).

Cette distinction pose le problème de savoir quelle est la nature du financement qui sera affecté à ces deux parties. La partie variable du BFR peut être financée par des ressources à CT. La partie fixe du BFR ne peut être financée que par des ressources à LT car il s’agit de besoins durables.


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