Le commerce electronique support d’introduction


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Le commerce électronique support d’introduction

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UN INTÉRÊT GRANDISSANT

La première décennie du nouveau millénaire a connu un changement profond dans la manière de faire des affaires et du commerce par voie électronique ainsi qu'une augmentation spectaculaire de ces activités.  Chaque jour voit grandir le nombre d'utilisateurs des pays en développement et des PMA qui accèdent à Internet au moyen de terminaux.  Un pourcentage croissant d'utilisateurs accèdent aussi désormais au Web grâce à la technologie mobile.  On prévoit pour les décennies à venir une croissance exponentielle de l'utilisation d'Internet, et notamment des applications mobiles.  Le potentiel d'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) au service du progrès économique et social des pays en développement dans le monde est immense.  Et le rôle joué par les PME à cet égard est essentiel.

Le récent Rapport 2010 sur l'économie de l'information de la CNUCED montre comment l'utilisation des TIC par les microentreprises et les PME a amélioré non seulement les résultats commerciaux, mais aussi les moyens d'existence dans certaines des régions et communautés les plus pauvres du monde.  De nombreux entrepreneurs des pays en développement ont désormais une réelle possibilité de bénéficier des TIC dans leurs activités commerciales.  Dans bien des cas, il en résulte des gains de productivité.  En améliorant les circuits de communication au niveau national aussi bien qu'international, l'application des TIC peut renforcer considérablement la compétitivité des entreprises.  Les gouvernements devraient donc redoubler d'efforts pour améliorer, mettre à niveau et élargir l'utilisation des TIC par le secteur privé.  La CNUCED constate que les gouvernements et leurs divers partenaires, y compris le secteur privé, sont loin de tirer pleinement parti des possibilités qui se font jour dans le nouveau paysage des TIC.  On le voit en partie au fait que l'attention consacrée aux TIC dans les stratégies de développement du secteur privé a été relativement limitée.

Les avancées technologiques rapides dans le domaine des TIC et l'augmentation constante du nombre d'utilisateurs modifient le paysage économique mondial.  Entre 1990 et le début de 2000, on estime que le nombre d'internautes a été multiplié par plus de 10 pour atteindre environ 300 millions.  Cela a eu un effet direct sur la manière dont les personnes communiquent et font des affaires.   Mais aujourd'hui, ces 300 millions d'utilisateurs représentent à peine les deux tiers du nombre d'inscrits actifs uniquement sur "Facebook".  Les internautes sont actuellement plus de 5 fois plus nombreux qu'en 2000.  De 2 milliards au début de la présente décennie, on estime qu'ils sont passés à 2,25 milliards en 2011.  Le graphique 1 montre l'augmentation du nombre d'internautes au cours des 10 dernières années.

Graphique 1:  Nombre d'internautes dans le monde, 2001 2011

Source:  UIT.

  1. En 2011, sur le nombre total d'internautes, 1,3 milliard se trouvaient dans les régions de l'Asie Pacifique, du Moyen Orient, de l'Afrique ou de l'Amérique latine et du Sud, ce qui indique un déplacement des régions où se trouvent le plus de personnes en ligne.   Toutefois, malgré cette tendance croissante à l'utilisation d'Internet, les pays développés continuent de dépasser les pays en développement pour le nombre de connexions.   Le graphique 2 montre le nombre d'internautes pour 100 habitants.  Le taux de pénétration en Afrique est de 12,4, mais c'est l'Europe qui vient en tête avec 68,4 personnes connectées pour 100 habitants.

Graphique 2:  Nombre d'internautes pour 100 habitants, 2011

Source:  UIT.

III.          LA FRACTURE NUMÉRIQUE:  EST ELLE TOUJOURS UNE RÉALITÉ?

  1. L'expression "fracture numérique" est couramment utilisée pour désigner l'écart entre les individus, les ménages, les entreprises et les zones géographiques ayant des niveaux socioéconomiques différents quant aux possibilités d'accès aux TIC ainsi qu'à l'utilisation d'Internet pour des activités très diverses.  Elle sert à pointer des différences aussi bien à l'intérieur des pays qu'entre eux.   Depuis 2000, elle symbolise l'écart des capacités en matière de TIC entre les pays développés et les pays en développement.  Toutefois, des organisations de la société civile telles que la World Wide Web Foundation estiment que la fracture numérique est plutôt le symptôme d'autres problèmes plus fondamentaux dans un pays.  Ces problèmes peuvent inclure une fracture en matière d'éducation, de santé ou de gouvernance.  Ils ne sont pas toujours la cause d'un niveau de développement plus faible.   De nombreux exemples ont montré qu'une réduction de la "fracture numérique" pouvait contribuer à atténuer les écarts dans d'autres domaines relatifs au développement.  S'il est important de donner la priorité au développement du commerce électronique, c'est parce que la fracture numérique potentielle s'élargit à mesure que s'accroissent le rythme et la portée de la révolution technologique.  Les gouvernements peuvent, grâce à un mélange d'incitations à l'investissement, de politique de la concurrence et de politique sociale, contribuer à ce que les utilisateurs tirent avantage non seulement de leur connexion à Internet, mais aussi de toutes les évolutions technologiques qui peuvent accélérer la circulation des données et réduire les coûts.
  2. Internet joue un rôle important dans le commerce électronique et continue de se développer dans le monde quant au nombre d'utilisateurs et à la pénétration.  Même si les économies développées constituaient toujours la majorité des internautes en 2006 et si elles sont encore très en avance du point de vue de la pénétration d'Internet, les pays en développement rattrapent rapidement leur retard.  Le nombre d'internautes a même été plus élevé dans les pays en développement que dans les pays développés à un certain moment en 2010.   Le progrès technologique a en effet été intense dans les pays en développement et les pays développés, et cette tendance devrait se poursuivre à mesure que le secteur attire davantage d'investissements et de fonds pour la recherche.

Graphique 3:  Nombre d'internautes par niveau de développement

Source:  UIT.

  1. LA CROISSANCE DU COMMERCE ÉLECTRONIQUE
  2. Il est incontestable que le commerce électronique a connu une croissance rapide depuis que les premiers utilisateurs ont commencé à naviguer sur le Web à la recherche de produits et de services.  Aujourd'hui, les ventes effectuées sur Internet représentent une part importante des ventes commerciales totales.  En 1991, il y avait moins de 3 millions d'internautes dans le monde, et l'application d'Internet au commerce électronique était quasiment inexistante.  Près d'une décennie plus tard, en 1999, on estimait que 300 millions de personnes avaient accès à Internet et que le quart environ effectuaient des achats en ligne sur des sites commerciaux pour une valeur avoisinant 110 milliards de dollars EU.   Cette année, le chiffre d'affaires mondial du commerce électronique entre entreprises et consommateurs finals devrait dépasser les 1 250 milliards de dollars EU.
  3. Qu'est ce que le commerce électronique?
  4. Pour le présent document, qui est axé sur le commerce, le commerce électronique est la vente ou l'achat de marchandises ou de services effectués sur des réseaux informatiques au moyen de méthodes spécifiquement conçues pour la réception ou la passation de commandes.  Même si les marchandises ou les services sont commandés par voie électronique, le paiement et la livraison n'ont pas besoin d'avoir lieu en ligne.  Une transaction commerciale électronique peut se faire entre entreprises, ménages, particuliers, gouvernements et autres organisations publiques ou privées.  Ces transactions électroniques incluent les commandes passées sur le Web, l'extranet ou l'échange électronique de données.  Le type de transaction effectuée est défini par la méthode de passation de la commande.  Les commandes passées par téléphone, fax ou courrier électronique tapé à la main sont normalement exclues.
  5. Les États Unis demeurent le plus grand marché de commerce électronique au monde, suivis par le Royaume Uni et le Japon.  On estime que le taux de croissance des transactions électroniques sur le Net sera d'environ 10 à 15% au cours des années à venir.  Toutefois, en Chine, le chiffre d'affaires du commerce électronique a progressé de plus de 130% en 2011, et il ne se passera probablement guère de temps avant que la Chine devienne le premier marché de commerce électronique au monde.

Graphique 4:  Abonnements au cellulaire mobile par niveau de développement

Source:  UIT.

  1. COMMERCE INTERENTREPRISES, COMMERCE ENTRE ENTREPRISES ET CONSOMMATEURS FINALS OU COMMERCE ENTREPRISE GOUVERNEMENT?
  2. De nombreux types de transactions commerciales ont lieu en ligne, depuis l'achat de produits tels que des livres ou des vêtements jusqu'à l'acquisition de services tels que des billets d'avion, des réservations d'hôtel ou la location de voitures.  Comme le présent document concerne principalement la manière dont les PME utilisent Internet, on ne s'intéressera qu'à quelques services étroitement liés à l'activité économique des PME, à savoir les communications électroniques dans le domaine du commerce interentreprises, du commerce entre entreprises et consommateurs finals, du commerce entreprise gouvernement et du commerce électronique mobile.
  3. Commerce interentreprises
  4. Le commerce interentreprises est le commerce électronique entre des entreprises telles qu'un fabricant et un grossiste ou un grossiste et un détaillant.  C'est l'échange de produits, de services ou d'informations entre des entreprises plutôt qu'entre des entreprises et des consommateurs finals.   Les transactions interentreprises représentent 90% du commerce électronique mondial.  Selon les recherches effectuées par l'International Data Corporation (IDC) établie aux États Unis, on estime que le commerce électronique interentreprises au niveau mondial, notamment entre grossistes et distributeurs, représentait 12 400 milliards de dollars EU à la fin de 2012.  S'il continue de se développer à un rythme aussi rapide sur les marchés développés, le commerce électronique interentreprises et entre entreprises et consommateurs finals représentera environ 5% du total des transactions interentreprises et des ventes au détail en 2017.
  5. Commerce entre entreprises et consommateurs finals
  6. Bien que le commerce électronique entre entreprises et consommateurs finals fasse l'objet d'une grande attention, les transactions interentreprises excédent de loin les transactions entre entreprises et consommateurs.  Selon l'IDC, les transactions mondiales entre entreprises et consommateurs étaient estimées à 1 200 milliards de dollars EU à la fin de 2012, soit 10 fois moins que les transactions interentreprises.  Dans le commerce électronique entre entreprises et consommateurs, les entreprises vendent leurs produits au grand public grâce généralement à des catalogues utilisant des logiciels de paniers d'achats.  Ce commerce ne représente encore qu'une faible part de l'ensemble du commerce électronique, mais il continue de se développer.  Le commerce électronique entre entreprises et consommateurs est le plus répandu en Norvège, au Danemark, en Suède, au Royaume Uni et aux États Unis et porte principalement sur les produits informatiques, les vêtements et les produits numériques.  Malgré la faible valeur de ses transactions, c'est lui qui a fait l'objet de la plus grande attention, en partie parce que les décideurs se sont beaucoup préoccupés de questions telles que la confiance des consommateurs et la protection des données.
  7. Commerce entreprise gouvernement
  8. Le commerce entreprise gouvernement est généralement défini comme le commerce électronique entre les entreprises et le secteur public.  Il désigne l'utilisation d'Internet pour les marchés publics, les procédures de licences et les autres opérations liées aux pouvoirs publics.  Dans ce type de commerce, le secteur public joue généralement le rôle pilote en établissant le commerce électronique afin de rendre plus efficace son système de passation des marchés.  La taille du marché du commerce électronique entreprise gouvernement est encore assez insignifiante par rapport au commerce électronique total, car les systèmes de marchés publics électroniques restent peu développés.
  9. ACCÈS AU WEB PAR LA TÉLÉPHONIE MOBILE
  10. La plus populaire des TIC dans les pays en développement est la téléphonie mobile, qui progresse très rapidement en Afrique et en Asie, notamment en Inde.  Le téléphone mobile joue un rôle grandissant dans l'expansion du commerce électronique dans les pays en développement, notamment parmi les utilisateurs non raccordés.  Le graphique ci dessous montre que, au cours des dix dernières années, les abonnements au cellulaire mobile dans les pays en développement ont été multipliés par près de dix.  Outre qu'il a contribué à améliorer la manière de gérer les entreprises, le téléphone mobile aide actuellement à combler l'écart de pauvreté.  Il permet aux agriculteurs de bénéficier de services d'argent mobile qui leur donnent la possibilité d'ouvrir des comptes d'épargne, de percevoir des intérêts sur leurs dépôts et d'accéder à divers produits de crédit et d'assurance.
  11. Le commerce électronique mobile est exactement le même que le commerce électronique, sauf que le moyen d'accès est un téléphone ou un terminal sans fil.  Depuis quelques années, il est en forte progression dans de nombreux pays en développement.  La pénétration d'Internet en Afrique, par exemple, reste faible et les ordinateurs coûtent souvent trop cher.  En revanche, il y a actuellement 695 millions d'abonnés au téléphone mobile sur le continent.  Les Africains disposent ainsi d'un moyen simple et très répandu de partager des informations et de faire des affaires, même si les transactions commerciales en ligne peuvent être compliquées à exécuter du point de vue logistique.

Graphique 5:  Nombre d'abonnements au cellulaire mobile pour 100 habitants, 2001 2011

Source:  UIT.

  1. Dans de nombreux pays en développement, le téléphone mobile est encore utilisé essentiellement pour la communication vocale et l'envoi de messages textes.  Mais, depuis quelque temps, il sert de plus en plus à des applications données telles que le commerce mobile et la banque mobile.  Dans plusieurs pays africains, notamment l'Afrique du Sud, le Kenya, la Tanzanie et la Zambie, il est utilisé pour les services personnels de banque mobile.  Et les entrepreneurs utilisent les services d'appel et d'envoi de messages textes pour acquérir des informations et des services d'intérêt local.  Dans un avenir proche, les téléphones reliés à Internet pourraient contribuer à fournir les mêmes services, mais de manière plus efficace.  Les microentreprises et les PME, dont beaucoup appartiennent au secteur informel dans les pays en développement, sont celles qui bénéficient apparemment le plus de l'adoption de la téléphonie mobile.  Dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche en Asie et en Afrique, par exemple, le téléphone mobile sert désormais fréquemment à vendre ou acheter, à fixer les délais et les destinations de livraison et à négocier les prix.  Ces transactions classiques exécutées normalement sur des ordinateurs personnels sont maintenant faites sur place à l'aide de la technologie mobile.  Et les pêcheurs utilisent régulièrement leur téléphone mobile pour consulter la météo et recevoir les alertes d'intempéries sur terre ou en mer.
  2. Cette croissance rapide du commerce électronique mobile est due au fait que l'infrastructure mobile coûte moins cher que l'installation de lignes fixes.  Les clients des réseaux mobiles n'ont qu'à acheter une carte prépayée et un appareil à un prix abordable (habituellement subventionné par l'opérateur) pour pouvoir commencer à utiliser leur téléphone dès que les premières stations de base sont en place.   Au cours des dernières années, quelques entreprises africaines novatrices ont trouvé des moyens d'exploiter le potentiel du commerce et du partage d'informations sur mobile, transformant ainsi la manière dont les Africains communiquent.  Cette évolution a eu lieu malgré le fait que les transactions commerciales en ligne peuvent encore être compliquées à exécuter du point de vue logistique.
  3. L'adoption du Web mobile progresse plus vite aujourd'hui que celle d'Internet durant les années 1990 et le début des années 2000.  Les marchés émergents tels que l'Inde, la Chine, la Turquie et le Brésil connaissent une croissance exponentielle, avec des chiffres qui dépassent ceux des marchés matures.  Aux États Unis, les abonnements mobiles 3G ont progressé de 26% en 2011, alors qu'au Brésil, en Turquie, en Chine et en Inde, ils ont enregistré une croissance de 79%, 104%, 172% et 1 050% respectivement.

...



VII.         COMMENT LES PAYS PAUVRES BÉNÉFICIENT ILS DE LA TÉLÉPHONIE MOBILE?

  1. La téléphonie mobile a transformé la vie de nombreux consommateurs dans les pays en développement.  Elle contribue à améliorer les moyens d'existence des personnes pauvres en facilitant les communications et en élargissant l'accès à l'information.  De nombreux agriculteurs pauvres peuvent désormais obtenir de meilleurs prix pour leurs récoltes, car ils ont accès à l'information sur les prix du marché, principalement au moyen de téléphones mobiles.  TradeNet, une plate forme de négoce établie au Ghana, en est un exemple:  elle permet aux agriculteurs de connaître les prix et les offres des négociants par téléphone mobile.
  2. Le téléphone mobile a également donné naissance à une multitude de microentreprises, offrant du travail à des personnes qui ont peu d'instruction et de ressources, par exemple la vente de temps d'antenne et la réparation ou le reconditionnement des appareils.  Au Bangladesh, par exemple, grâce au microcrédit de la Grameen Bank, plus de 100 000 femmes ont créé des standards téléphoniques mobiles dans des villages où il n'y a quasiment aucune ligne terrestre et gagnent désormais leur vie comme "dames du téléphone Grameen".  Ces systèmes de téléphones villageois se sont ensuite diffusés en Ouganda et au Rwanda ainsi que dans de nombreuses autres communautés pauvres des PMA.
  3. Le téléphone mobile a aidé les consommateurs à combler la fracture numérique entre les régions dans de nombreux pays en développement.  Cela est dû à la technologie sans fil qui permet d'utiliser le téléphone mobile pour les communications et l'accès à Internet sans avoir besoin d'un PC et d'une connexion câblée.  La Chine et l'Inde sont les deux plus grands marchés de téléphonie mobile des pays en développement, et même du monde.  Toutefois, comme dans les autres pays en développement, les taux de pénétration de la téléphonie mobile y restent relativement faibles avec 62,8% de la population en Chine et 51,6% en Inde en 2010, ce qui laisse un important potentiel de croissance.
  4. Selon un rapport de 2010 de l'UIT sur la pénétration du cellulaire mobile dans les pays en développement, le taux de pénétration en Afrique était de 45,2%.  En Amérique centrale et du Sud, il atteignait 94,5%.  Et en Asie et dans le Pacifique, il était de 69,2%, soit plus que le taux de pénétration du cellulaire mobile en Europe 8 ans plus tôt (67%).  Par comparaison, l'utilisation du cellulaire mobile en Europe a atteint 117,7% en 2010.
  5. Le même rapport indique que le taux de pénétration d'Internet en Afrique a été multiplié par plus de 20 entre 2000 et 2010, passant de 0,5 à 10,8%, de sorte que la pénétration d'Internet en Afrique était plus élevée en 2010 que dans la Communauté d'États indépendants (CEI) 5 ans plus tôt.  Le rapport signale également que, dans la CEI, le taux de pénétration d'Internet est passé de 10,2% en 2005 à 34% en 2010.
  6. Selon ce même rapport, les PMA ont réalisé des progrès dans le domaine de la téléphonie mobile, mais ils ont encore du chemin à faire.  L'UIT indique que, en 2010, les 49 PMA comptaient 833 millions d'habitants.  Bien qu'il s'agisse des pays les plus pauvres du monde, les services de téléphonie mobile y ont connu une croissance régulière tout au long de la première décennie du nouveau millénaire.  En 2010, près des deux tiers des habitants des PMA étaient couverts par le réseau mobile, et le taux de pénétration se situait à 34%, contre à peine 5% 5 ans seulement auparavant, chiffre proche du taux mondial en 2005.  La pénétration restait inférieure à 5% dans seulement 2 des 49 PMA.

Les téléphones de village

La notion de téléphone de village est une idée qui a frappé les esprits.  Les membres de la Grameen Bank sont entrés dans l'ère des technologies de l'information en louant et en achetant des téléphones cellulaires.  Outre qu'il crée de nouvelles possibilités d'activités commerciales pour les personnes pauvres, le téléphone mobile permet aux zones rurales isolées du Bangladesh d'accéder à l'information, au marché et aux services de santé et autres.  C'était une innovation majeure de mettre un téléphone cellulaire entre les mains de femmes appartenant aux foyers les plus pauvres dans des villages reculés, ce qu'aucun opérateur de télécommunications n'avait osé faire jusque là.  Avec un financement accordé par la Grameen Bank, une emprunteuse achète un téléphone mobile pour devenir la dame du téléphone de son village.  Elle offre des services de télécommunications au village, tout en réalisant des bénéfices pour elle même.  À la fin de 2007, il y avait plus de 295 000 dames du téléphone de village.

  1. Certains gouvernements s'attaquent au problème de la faible pénétration du téléphone mobile en menant des actions spécifiques pour encourager l'investissement et le développement.  Au Chili, par exemple, le gouvernement a alloué un spectre à bandes multiples pour la bande large mobile dans les zones rurales mal desservies.  Il a accordé des subventions au moyen d'enchères inversées (pour un montant supérieur à 100 millions de dollars EU) afin de développer la bande large mobile dans quelque 1 500 municipalités rurales où il n'existait pas de service à bande large.  Grâce à cette extension, la part de la population chilienne couverte par la bande large pourrait atteindre 90%.  Des conditions de service minimum et un plafond de prix ont été imposés pour l'accès à la bande large.  L'entreprise qui a remporté le marché, Entel Movil, a commencé à déployer la bande large mobile dans ces zones en septembre 2010.  L'expansion rapide des services mobiles à large bande dans le pays lui a permis de conquérir la plus grosse part des connexions mobiles à large bande, devant ses deux principaux concurrents.
  2. Quelles sont les perspectives du marché mobile mondial?
  3. Les pays en développement – et en particulier les grandes économies émergentes – continueront de piloter la croissance du marché mondial de la téléphonie mobile.  Cela est dû à une population nombreuse, à de faibles taux de pénétration et à l'accroissement des revenus disponibles, même si le véritable potentiel de croissance dépend aussi des politiques menées par les gouvernements pour favoriser la libéralisation du marché et intensifier la concurrence entre les fournisseurs de réseaux.  Durant la période 2011 2020, le nombre d'abonnements mobiles en Afrique et au Moyen Orient devrait progresser en moyenne de 5,6% par an, contre une moyenne mondiale de 3,7%.  Mais cette croissance attendue part d'un niveau relativement bas:  en 2010, le taux de pénétration mobile en Afrique était de 56,5% de la population.
  4. La région Asie Pacifique demeurera le plus grand marché régional en matière de téléphonie mobile avec 3,9 milliards d'abonnements en 2020 (contre 2,4 milliards en 2010).  La Chine comptera encore le plus grand nombre d'abonnements avec 1,3 milliard en 2020 (contre 839 millions en 2010).  Cependant, l'Inde – qui est actuellement le deuxième marché mondial de téléphonie mobile – dispose d'un fort potentiel de croissance non seulement dans la région Asie Pacifique mais aussi au niveau mondial, puisque les prévisions indiquent que le nombre d'abonnements mobiles progressera au taux annuel moyen de 5,7% durant la période 2011 2020 pour atteindre 1,1 milliard en 2020.  À l'origine produit de luxe utilisé principalement dans les pays développés, le téléphone mobile s'est répandu sur toute la planète.  Il fait désormais partie intégrante de la vie de nombreuses personnes.
  5. Entre temps, dans le monde développé, le déploiement commercial des technologies et appareils de nouvelle génération entraînera un accroissement de la consommation de services mobiles avancés, qui ouvriront à leur tour de nombreuses possibilités nouvelles de commerce électronique, notamment dans les pays en développement.   Ces pays utilisent désormais régulièrement des applications données toujours plus nombreuses pour faire du commerce, exercer des activités bancaires de détail ou commerciales et trouver du travail.

L'existence d'une capacité internationale à faible coût est probablement l'un des principaux "points de bascule" pour améliorer l'accès à Internet dans les pays en développement et les communautés défavorisées.  Au Kenya, par exemple, les services fixes et mobiles à large bande ont explosé après l'arrivée d'une bande passante internationale de grande capacité et bon marché grâce à des câbles sous marins concurrents.  Entre 2002 et le milieu de 2011, la capacité internationale au Kenya s'est massivement développée après l'arrivée des câbles sous marins au milieu de 2009.

Source:  World Wide Web Foundation 2011.

  1. Comment les pays pauvres bénéficient ils de la téléphonie mobile?  Agriculture, informations en ligne sur l'offre et la demande, pêche et mobilisation de main d'œuvre
  2. La technologie mobile peut être utilisée par les PME qui opèrent dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche.  Elle peut aussi servir pour la mobilisation de main d'œuvre et de moyens de transport, les services de microcrédit et l'argent mobile.  La présente section donne un aperçu de la manière dont elle est utilisée par les PME des pays en développement dans divers secteurs.  Quelques exemples sont donnés.
  3. Agriculture
  4. Une meilleure productivité peut contribuer à accroître les revenus des agriculteurs, notamment les petits exploitants et les pêcheurs, qui ont des ressources limitées pour cultiver et commercialiser leurs produits.  Pour créer une chaîne de valeur plus efficace au niveau local ou national, il faut aussi impliquer de nombreux acteurs, depuis les agriculteurs pratiquant la culture et l'élevage jusqu'aux fournisseurs et aux distributeurs.  L'utilisation de la téléphonie mobile pour relier ces divers acteurs de la chaîne de valeur agricole peut offrir de multiples avantages.  Pour les populations rurales, qui sont souvent dispersées et isolées de l'activité commerciale, les capacités d'information et de communication offertes par le téléphone mobile sont précieuses.  Sur les 6 milliards de téléphones utilisés actuellement, 70% environ sont accessibles aux personnes pauvres dont la principale source de revenu et d'emploi vient du secteur agricole.  Le téléphone mobile et les autres appareils mobiles ont commencé à changer la manière dont les acteurs du secteur agricole prennent leurs décisions au sujet des intrants, de la production, de la commercialisation, de la transformation et de la distribution, décisions qui peuvent toutes se traduire par une efficacité plus grande, une baisse des coûts de transaction et une hausse des revenus.

Comme on l'a déjà expliqué, l'accès aux services d'information sur les marchés peut permettre aux agriculteurs pauvres d'accroître sensiblement leurs revenus et de dépasser le seuil de pauvreté.  La Fondation Manobi pour le développement à Dakar (Sénégal) est un exemple d'organisation qui a beaucoup travaillé avec et pour les PME.  Son expérience montre qu'un agriculteur pauvre d'un pays en développement sachant à peine lire et écrire ou n'ayant même jamais possédé un téléphone mobile peut facilement et rapidement contourner à la fois la fracture éducative et la fracture technologique

  1. Les agriculteurs des pays en développement utilisent de plus en plus la technologie mobile pour accroître leurs possibilités commerciales.  Selon une étude de la Banque mondiale publiée en 2012, les avantages procurés aux agriculteurs par le téléphone mobile sont, entre autres, l'accès à l'information sur les stocks et les prix des produits agricoles, la visibilité des données favorisant l'efficacité de la chaîne de valeur et la capacité d'exploiter des débouchés nouveaux ou existants.   Lorsque les agriculteurs ont accès à l'information sur les prix et les stocks, cela les aide à réduire le risque de vendre au dessous des cours et de livrer leurs produits en quantité excessive ou insuffisante sur un marché donné.  L'étude de la Banque mondiale montre que l'accès à l'information sur les prix a aidé les agriculteurs à accroître leurs revenus agricoles de 24%.  Les vendeurs ont réalisé des gains plus élevés encore allant jusqu'à 57%, avec une baisse globale des prix aux consommateurs avoisinant 4%.  L'information transmise par téléphone mobile inclut également l'accès à des services d'alerte rapide pour atténuer le risque de pertes dues aux intempéries ou à la propagation de maladies.

L'absence de traçabilité durant le processus de culture et d'achat constitue un obstacle majeur pour les producteurs qui cultivent des produits destinés aux marchés d'exportation à forte valeur comme le café spécial.  Pour les coopératives et les sociétés qui gèrent les exportations, les technologies mobiles émergentes – téléphone intelligent et tablette – peuvent jouer un rôle important en permettant de saisir, de suivre et de consulter des renseignements précieux allant des méthodes de culture jusqu'à la qualité de la récolte.  Sustainable Harvest est un importateur de café qui travaille avec 200 000 cultivateurs en Amérique latine et en Afrique de l'Est.  Élargissant son modèle d'achat fondé sur les relations à la plate forme numérique, l'organisation et ses bureaux de formation des cultivateurs ont introduit un nouveau programme de traçabilité du café appelé Relationship Information Tracking System (RITS), afin d'aider les producteurs de café à devenir plus efficaces, fiables et centrés sur la qualité au moyen d'un nouveau système de suivi de l'information sur mobile ou tablette.  Le RITS permet aux coopératives d'agriculteurs de suivre chaque étape de la chaîne de valeur au moyen d'une application cloud.  Cette application permet également de suivre le statut de certification de chaque livraison, de traiter le paiement aux agriculteurs et de produire des rapports sur la productivité des cultivateurs, les paiements et les échantillons.  Les torréfacteurs peuvent afficher des vidéos, des photos et des informations sur la qualité et toutes sortes d'autres renseignements provenant des coopératives qui les fournissent.  L'application a été conçue pour l'iPad et l'iPhone d'Apple, mais elle peut fonctionner sur n'importe quel téléphone intelligent au moyen du navigateur Web.  Les appareils dotés d'un grand écran tactile facilitent la saisie d'informations très diverses.  L'application peut enregistrer des informations hors ligne, puis les envoyer vers la base de données en ligne lorsque la connexion est rétablie.  En 2011, Sustainable Harvest a également lancé RITS Ed, une application iPad qui diffuse des vidéos de formation sur la production de café biologique et le contrôle de qualité, dont les directeurs de coopératives peuvent se servir pour aider leurs membres.

  1. Un autre avantage est le partage d'informations et de contacts sur le téléphone mobile et la création d'organisations d'agriculteurs régionales ou nationales et même de coopératives.  Cela aide les agriculteurs à s'exprimer collectivement et à accroître leur visibilité dans les chaînes de valeur agricoles.  Les agriculteurs ou leurs coopératives peuvent instaurer des liens avec de grands fournisseurs et distributeurs, obtenant ainsi des renseignements essentiels sur ce qu'ils doivent livrer et quand.  Grâce au téléphone mobile, les petits agriculteurs peuvent donc exploiter les économies d'échelle en unissant leurs forces, en associant leurs ressources et en renforçant leur pouvoir de négociation.
  2. Services de données et d'information en ligne
  3. Les services mobiles peuvent aussi améliorer l'accès aux marchés et aux autres parties prenantes des chaînes de valeur.  Les vendeurs utilisent de plus en plus leur site Web pour diffuser des informations en ligne sur le transport et la logistique, certains de ces services étant fournis sur téléphone mobile.  Au Maroc, par exemple, les agriculteurs utilisent les services vocaux et les messages textes (SMS) pour se coordonner avec les transporteurs routiers locaux afin d'améliorer le transport des produits et de déterminer où se trouvent les meilleurs lieux de livraison.  Certains pratiquent aussi le commerce réciproque en rapportant des produits des grands marchés régionaux pour les vendre dans leurs communautés rurales.
  4. La traçabilité des produits est de plus en plus importante pour les pays en développement qui veulent s'implanter ou se développer sur de nouveaux marchés d'exportation.  L'utilisation des TIC a permis de renforcer la protection des consommateurs et la sécurité sanitaire des aliments, tout en améliorant les moyens d'existence des agriculteurs.  Les puces d'identification par radiofréquence (RFID) permettent de suivre le déplacement des animaux et d'assurer leur surveillance du berceau à la tombe.  L'utilisation de ce système en Namibie pour remplacer les dossiers traditionnels sur papier a permis d'améliorer la précision des données et la rapidité avec laquelle elles sont diffusées, et donc d'accroître la rentabilité de l'élevage.
  5. La RFID sert également à lutter contre le braconnage.  Les pouvoirs publics peuvent désormais suivre les troupeaux d'éléphants et de rhinocéros et prendre des mesures pour réduire le braconnage.  Ces méthodes ont de plus en plus de résultats positifs en Afrique et contribuent au développement durable tout en améliorant le potentiel touristique.
  6. Accès aux marchés
  7. Le téléphone mobile, bien qu'il appartienne à des particuliers et soit utilisé par des particuliers, peut avoir un effet important de lien entre les marchés et les stades essentiels de la chaîne de valeur.  Dans une étude récente sur les agriculteurs au Bangladesh, en Chine, en Inde et au Viet Nam, on constate que 80% de ces agriculteurs possèdent un téléphone mobile et l'utilisent pour se connecter avec des intermédiaires et des négociants dans le cadre d'opérations interentreprises afin d'estimer la demande et les prix de vente du marché.  Selon cette étude, plus de 50% de ces agriculteurs concluraient des accords de vente par téléphone.   Une autre étude a constaté qu'en Ouganda, du fait que les communautés isolées ont pu avoir accès à un réseau mobile, la part des bananes vendues est passée de 50 à 69% de la récolte.

"En juin 2011, un négociant en céréales est arrivé chez moi et m'a offert 30 kwacha par kg pour mes arachides", raconte Sara Maunda.  "Sur le SMS que j'avais reçu d'Esoko, le prix était quatre fois plus élevé.  Lorsque je l'ai montré au négociant, il m'a dit:  "Ces gens là vous mentent.  Vous allez faire beaucoup de trajet pour vous rendre compte que vous avez perdu de l'argent."" Maunda s'est fiée à son instinct et à son message texte.  Avec quatre voisins, elle a loué une camionnette à Madisi, la ville la plus proche, et s'est rendue à Lilongwe, à 80 km de là, pour vendre elle même sa récolte.  "Le prix du marché là bas, dit elle, était cinq fois plus élevé que celui offert par le négociant.  Après avoir déduit toutes mes dépenses, il m'est resté 24 000 kwacha (130 dollars).  Si j'avais vendu ma récolte au négociant dans mon village, je n'aurais gagné que 4 500 kwacha (27 dollars)."



Source:  USAID Frontlines, juillet/août 2012.

  1. À mesure que les fournisseurs de services et d'applications mobiles dans le domaine de l'agriculture apprennent à connaître les besoins des agriculteurs et leur comportement, ils développent des applications de plus en plus sophistiquées.  En 2000, l'Indian Tobacco Company (ITC), grand conglomérat indien, a fait œuvre de pionnier en créant e Choupal – des kiosques équipés d'ordinateurs – dans les villages ruraux, où les agriculteurs ont accès à des informations sur les prix, les périodes et les méthodes de plantation et les conditions météorologiques.  Depuis, cette société s'emploie à offrir ses services sur téléphone mobile et a expérimenté une nouvelle bourse virtuelle des marchandises, Tradersnet.  Celle ci permet par exemple la vente et l'achat directs de café par les producteurs et les grossistes au moyen d'une plate forme de négoce sur Internet.  Chaque matin, des SMS indiquant les offres disponibles à l'achat ce jour là sont envoyés sur les téléphones mobiles des utilisateurs.  À la fin de la journée, ceux ci reçoivent un autre message donnant des détails sur ce qui s'est effectivement passé.
  2. La société ghanéenne Esoko a été créée par TradeNet comme dépositaire central de renseignements sur les prix afin d'être gérée par un organisme centralisé tel que le gouvernement.  C'est aujourd'hui un dépositaire mobile consultable sur le Web des prix courants du marché, ainsi qu'une plate forme permettant aux acheteurs et aux vendeurs de faire des offres et de se relier entre eux.  Elle a réussi à offrir des services différenciés à une clientèle diverse, et une étude récente sur les petits exploitants du nord du Ghana révèle que leurs revenus ont augmenté de 10% depuis qu'ils ont commencé à recevoir les prix du marché par SMS en provenance d'Esoko.
  3. Pêche
  4. De nouveaux produits des TIC sont également utilisés dans l'ensemble du secteur de la pêche, depuis l'évaluation des ressources jusqu'à la commercialisation, en passant par les prises ou la culture et la transformation.  Certains sont des applications spécialisées telles que les sonars qui repèrent ou suivent les poissons.  D'autres sont des applications générales telles que les systèmes GPS employés pour la navigation et la localisation.  Le téléphone mobile est surtout utilisé pour le négoce, l'échange d'informations et les contacts d'urgence au sein des communautés de pêcheurs.  Il sert aussi à relayer des informations existant sur le Web et des ressources réseau.  Des technologies très diverses peuvent être adaptées et introduites dans toutes les communautés sauf les plus isolées et avoir des effets positifs sur la vie de leurs membres une fois que les utilisateurs se les sont appropriées.  Dans une étude sur le secteur de la pêche, on constate que "les téléphones mobiles ont réduit la dispersion des prix et le gaspillage et augmenté les profits des pêcheurs et le bien être des consommateurs".
  5. Comme dans le cas de l'agriculture, les pêcheurs et les négociants qui achètent et vendent du poisson communiquent au moyen d'appels vocaux, de SMS ou de services de protocole d'application sans fil (WAP).  Le WAP est une norme technique d'accès à l'information sur un réseau sans fil mobile.  La technologie du navigateur WAP a été créée pour les anciens appareils mobiles.  Elle permet aux utilisateurs d'accéder à des informations et autres données adaptées existant sur le Web même s'ils n'ont pas de téléphone "intelligent" de nouvelle génération.  Dans la plupart des pays développés, les téléphones de nouvelle génération et la largeur de bande plus élevée supplantent actuellement le WAP.  Mais, dans de nombreux pays en développement, le besoin de services mobiles à bas coût et la faible pénétration des nouveaux téléphones maintiennent encore le WAP en vie.

CAS D'EXPÉRIENCE:  MANOBI Sénégal

En 2003, en collaboration avec Sonatel (l'opérateur téléphonique sénégalais), Alcatel, IDRC et InfoDev, la société sénégalaise de télécommunications Manobi a entrepris de communiquer aux pêcheurs les bulletins météorologiques et les prix du marché en temps réel, à l'aide de la technologie WAP et SMS des téléphones portables.  La technologie interactive a permis aux pêcheurs de saisir l'information sur les stocks de poissons pour la commercialisation ainsi que sur les sorties et sur les heures de retour prévues pour permettre d'alerter les organisations de pêche locales en cas d'urgence.  Le projet a réussi à convaincre Sonatel de la nécessité d'installer un relais téléphonique près de la plage, pour élargir le rayonnement du réseau jusqu'à 14 km du littoral.  En 2005, Manobi a mis en place un système d'information géographique (SIG) en utilisant les technologies GPS et GSM pour accroître la protection en mer des pêcheurs et de leurs bateaux, en partenariat avec les compagnies d'assurance.  Ce système permet de déterminer avec précision la localisation en temps réel jusqu'à 45 km des côtes.  La prime d'assurance payée par les pêcheurs est proportionnelle au temps passé en mer, et leur téléphone portable représente une sécurité pour eux et pour les compagnies d'assurance. 

  1. Avant l'apparition du WAP, les fournisseurs de services mobiles n'avaient que des possibilités limitées d'offrir des services de données interactifs.  Ils avaient besoin d'interactivité pour prendre en charge Internet et des applications Web telles que le courrier électronique sur téléphone mobile, le suivi des cours en bourse, les résultats sportifs et les bulletins d'information.  Grâce aux navigateurs WAP, les pêcheurs peuvent vendre leurs prises alors qu'ils sont encore en mer, et les acheteurs et les transformateurs connaissent en détail les prises du jour bien avant que le bateau rentre au port.
  2. Mobilisation de main d'œuvre
  3. Dans de nombreux pays en développement, le réservoir de main d'œuvre est composé principalement de travailleurs peu qualifiés ou semi qualifiés.  Alors que les travailleurs hautement qualifiés utilisent régulièrement Internet pour chercher du travail, il n'existe pas de plate forme centralisée d'information sur l'emploi pour les travailleurs semi qualifiés.  Comme beaucoup d'entre eux n'ont pas les moyens d'acheter régulièrement le journal ou de se rendre dans des cybercafés pour consulter les offres d'emploi, ils doivent s'en remettre au bouche à oreille.  Les employeurs quant à eux sont submergés par des milliers de demandes émanant de candidats dont les qualifications ne sont pas adaptées aux postes offerts.  Comme les procédures de recrutement prennent beaucoup de temps et coûtent très cher aux entreprises, la technologie mobile est considérée comme un moyen de mobiliser le marché du travail.  En Inde, par exemple, la société Babajob a été inspirée par l'idée que la plupart des individus améliorent leurs moyens d'existence en trouvant un emploi mieux rémunéré.  Toutefois, les moyens de trouver un tel emploi passent souvent par des plates formes qui s'adressent surtout aux milieux professionnels et non aux travailleurs peu qualifiés.  La plate forme Babajob, en revanche, permet aux travailleurs indiens de trouver un emploi dans leur domaine.   Elle utilise le SMS pour enregistrer les utilisateurs et recueillir et diffuser les informations, mais de nouvelles plates formes s'appuyant sur d'autres protocoles sont actuellement créées dans d'autres pays en développement.  L'une d'elles est m KAZI au Kenya, qui repose sur le service supplémentaire pour données non structurées (USSD), un protocole utilisé par les téléphones cellulaires GSM pour communiquer avec les ordinateurs des fournisseurs de services.

Qu'est ce que le GSM?  La norme GSM (système mondial de communications mobiles), créée pour remplacer les réseaux cellulaires analogiques de première génération (1G), désignait à l'origine un réseau numérique par commutation de circuits optimisé pour la téléphonie vocale en duplex intégral.  Depuis le début, le GSM offre des possibilités basiques en matière de textes et de données qui n'existent pas sur les téléphones et les systèmes analogiques.  Au fil du temps, il a été élargi à la communication de données, d'abord par transmission par commutation de circuits, puis par transmission de données par paquets au moyen des normes GPRS (service général de paquets radio) et EDGE (taux de données améliorées pour l'évolution globale).  De nouvelles améliorations ont été apportées lorsque le 3GPP a développé les normes des systèmes de télécommunications mobiles universelles de troisième génération (3G), puis de quatrième génération (4G), et plus récemment les normes avancées dites LTE (évolution à long terme).

  1. L'USSD peut être utilisé pour la navigation WAP, les services de rappel prépayés, les services d'argent mobile, les services de contenu géolocalisés, les services d'information à base de menu et en partie pour la configuration du téléphone sur le réseau.
  2. Les messages USSD ont une longueur maximale de 182 caractères alphanumériques.  Contrairement aux SMS, ils créent une connexion en temps réel durant une session USSD.  La connexion reste ouverte, ce qui permet l'échange réciproque d'une séquence de données.  L'USSD est donc plus réactif que les services qui n'utilisent que le SMS.  C'est un système de menus qui permet à m KAZI, par exemple, de saisir les qualifications, le lieu et les renseignements personnels du demandeur d'emploi afin de le mettre plus efficacement en correspondance avec les employeurs potentiels (voir l'encadré).

CAS D'EXPÉRIENCE:  m KAZI, Kenya

m KAZI est la première plate forme à desservir le marché de la main d'œuvre semi qualifiée en Afrique subsaharienne.  Son outil de recrutement mobile connecte efficacement les demandeurs d'emploi et les employeurs.  Il permet aux demandeurs d'emploi d'enregistrer leurs qualifications à l'aide des téléphones mobiles les plus basiques et de recevoir des alertes SMS pour les emplois correspondant à leurs qualifications.  Et les employeurs peuvent cibler sur la base de données de m KAZI les candidats qui répondent à leurs besoins.  La grande majorité des Kenyans n'ont pas accès de façon continue à Internet, alors que plus de 65% possèdent un téléphone mobile.  Le service m KAZI peut être utilisé par quiconque a accès à un téléphone mobile basique et permet aux personnes ayant un accès limité à l'information de recevoir des offres d'emploi à tout moment et en tout lieu.  Grâce à l'utilisation de la technologie mobile pour le recrutement, les candidats sont plus qualifiés et la qualité des employés est finalement plus élevée, ce qui aide les entreprises à devenir plus efficaces.

Les services de m KAZI sont accessibles sur les deux principaux réseaux qui détiennent 95% du marché mobile au Kenya:  Safaricom et Airtel.



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