Cours et explications sur la balance commerciale en France


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Cours et explications sur la balance commerciale en France

Historique de la balance commerciale de la France

Déficit de 4,5 milliards d'euros en août 2017, déficit cumulé de 62,2 milliards d’euros pour les 12 derniers mois. Le déficit commercial d’août retrouve un niveau similaire à ceux de mai et juin (4,7 et 4,8 milliards d’euros). Il reste bien moindre que celui de janvier 2017 (-7,9 milliards d’euros) et que les lourds déficits connus précédemment en avril 2011 et février 2012 (légèrement supérieurs à -7,1 milliards d’euros). Ces déficits, les plus élevés des dernières années restent également les plus élevés jamais observés, puisque les échanges se sont considérablement amplifiés au cours du temps.

La comparaison historique des soldes a en effet peu de sens dès lors que les périodes de comparaison sont éloignées. Comment, en effet, rapprocher les montants des déficits de 2011 de ceux connus en 1974 (choc pétrolier) alors que le niveau des flux d'échanges était à l'époque de 13 fois inférieur ? L'indicateur « taux de couverture » (rapport exportations/importations), indépendant du niveau des échanges, permet de s'affranchir de ce problème. Sous cet angle, les déséquilibres de la balance commerciale (taux de 83,3% en avril 2011 et taux annuel de 85,2% en 2011) restent les plus élevés mais ils sont aussi plus proches du niveau atteint en 1982 (taux annuel de 87,1%).

La question de l'importance d'un déficit ou d'un excédent a surtout du sens sur une période de temps limité au cours de laquelle le niveau des échanges est d'ordre voisin. Vouloir comparer, par exemple, les déficits actuels à ceux du début de l’année 2003 n'a pas vraiment de sens, vu la différence de niveau des échanges. Même entre dates rapprochées, la référence à des soldes mensuels doit être relativisée : du fait des révisions successives des statistiques susceptibles de modifier le classement des soldes. du fait des aléas conjoncturels qui, au delà de la désaisonnalisation des flux, peuvent provoquer une amplification ou une diminution ponctuelle du solde commercial.

Depuis 2000, le déficit de la balance commerciale de la France a été multiplié par plus de 4 alors que l’excédent agroalimentaire s’est globalement maintenu. En 2015, ce dernier atteint 9,3 milliards d’euros. Après la baisse enregistrée l’année précédente, il progresse de 0,2 milliard d’euros par rapport à 2014. Les produits agroalimentaires (bruts et transformés) constituent le troisième excédent commercial de la France, derrière le matériel de transport (15,2 milliards d’euros) et les produits chimiques, parfums et cosmétiques (11,1 milliards d’euros). Les produits pharmaceutiques (3 milliards d’euros) présentent aussi un excédent commercial.



L’excédent des échanges en produits agricoles bruts diminue de 0,1 milliard d’euros en 2015 pour la deuxième année consécutive. L’évolution des prix explique cette baisse, atténuée, toutefois, par la hausse des quantités exportées. Ce recul concerne uniquement les échanges avec l’Union européenne (- 0,4 milliard d’euros) alors que le solde avec les pays tiers continue de s’améliorer (+ 0,3 milliard d’euros).

Après la baisse de 2014, l’excédent en produits transformés repart à la hausse en 2015 (+ 0,3 milliard d’euros par rapport à 2014). Les exportations augmentent plus que les importations sous l’impulsion notamment des ventes de vin et d’alcools.

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Échanges de la France avec l’UE et les pays tiers

Avec l’Union européenne, les échanges agroalimentaires de la France sont structurellement excédentaires. En 2015, l’excédent (2,7 milliards d’euros) diminue pour la quatrième année consécutive. En effet, les exportations, déjà peu dynamiques depuis 2012, stagnent en 2015. L’Allemagne est le principal client européen de la France, suivie par la Belgique, le Royaume-Uni et l’Italie. Les principaux fournisseurs européens de la France sont l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas. Les boissons, les céréales et les produits laitiers sont les principaux produits exportés vers l’UE.

Les pays tiers contribuent d’une manière croissante à l’excédent agroalimentaire : en 2015 leur part en valeur est de 71 % contre 27 % en 2000. En 2015, l’excédent (plus de 6,5 milliards d’euros) augmente après une année 2014 marquée par un recul. Les principaux clients de la France sont les États-Unis, la Chine, la Suisse et l’Algérie. En 2015, la forte hausse des exportations vers la Chine et les États-Unis est tirée par les ventes importantes de vin et d’alcools. À l’inverse, les exportations vers le Maghreb sont en repli en raison de la baisse des ventes de céréales. De même, le débouché russe continue de se contracter parallèlement au maintien de l’embargo décrété sur les produits agroalimentaires européens.

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Exportations

Principales exportations françaises

En 2015, les exportations de produits agroalimentaires s’élèvent à 59,5 milliards d’euros. Après la crise de 2009, les exportations avaient repris leur croissance mais 2014 s’est inscrit en rupture avec une diminution de 2,2 milliards d’euros par rapport à 2013. 2015 affiche une progression et un retour au niveau de 2013.



Les boissons, vins et alcools sont les produits les plus exportés par la France. Leurs exportations sont en nette augmentation en 2015. Elles tirent la croissance globale des exportations, notamment grâce aux envois vers les pays tiers (Chine, États-Unis).

Les céréales arrivent en deuxième position. La valeur des exportations, autour des 4 milliards d’euros entre 1995 et 2006, avait par la suite fortement progressé pour atteindre 8,2 milliards d’euros en 2013. Avec des prix en baisse, la valeur des exportations en 2014 avait diminué. Dans un contexte identique, 2015 marque pourtant une progression par rapport à 2014 (+ 0,4 milliard d’euros) du fait de l’augmentation des volumes vendus.

Les exportations de produits laitiers ont progressé de façon continue entre 2000 et 2014. Néanmoins, en 2015, ces dernières ont diminué de 0,4 milliard d’euros par rapport à 2014. Ce recul s’explique par la chute des prix du lait et des produits industriels, conséquence du repli de la demande mondiale.

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Importations

Principales importations françaises

 En 2015, les importations de produits agroalimentaires dépassent 50 milliards d’euros. Elles augmentent de 1,9 milliard d’euros par rapport à 2014. Les importations de produits transformés progressent (+ 2,2 %) mais moins que celles de produits agricoles bruts (+ 8,7 %).

En 2015, les fruits sont les principaux produits importés par la France, suivis par les viandes et abats et les poissons. Les achats de viandes et abats qui étaient les principales importations de la France jusqu’en 2014 en termes de produits agroalimentaires sont, pour la 2e année consécutive en recul. Les importations de fruits progressent de 0,6 milliard d’euros, tirées par la hausse des achats de fruits à coques et d’agrumes.

Depuis 2012, l’Espagne est le premier fournisseur de la France, suivie de la Belgique, de l’Allemagne et des Pays-Bas. Si entre 2014 et 2015 les importations en provenance des trois derniers évoluent peu, celles en provenance d’Espagne augmentent de 0,4 milliard d’euros (+ 6 %).

Le café, le thé ou le tabac, produits de grande consommation peu produits en France, présentent structurellement un déficit. La viande, le poisson et leurs préparations ainsi que les fruits et les préparations associées sont aussi en fort déficit. Ces déficits sont tendanciellement en hausse.



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